Migos n'est resté sur scène que 45 minutes.

Migos fait brièvement flipper Québec

CRITIQUE / L'organisation du FEQ se doutait qu'elle avait eu la main heureuse en mettant la main sur Migos, vedette montante du rap, mais elle n'avait sans doute jamais cru que les rappeurs feraient courir autant les foules. C'est devant un Pigeonnier affichant complet, mais également pour une portion des rues avoisinantes, que le trio américain a offert une performance de... 45 minutes.
Au début de l'après-midi, ils étaient déjà quelque 1500 à faire la file pour assister au concert. Et à 20h30, soit 50 minutes avant la représentation, plusieurs se sont vus refuser l'accès, car le site affichait complet. Les chanceux qui avaient pu entrer n'étaient cependant pas au bout de leur peine, car la foule hyper compacte avait sauté ferme au début de la soirée et le plancher à l'avant-scène avait été fragilisé. Des réparations étaient donc nécessaires. Le show a finalement démarré avec 15 minutes de retard.
Malgré tout, le jeune public a encore dû attendre : c'est en effet le DJ du groupe qui est d'abord venu faire son numéro pendant une dizaine de minutes en nous promettant le meilleur spectacle et le meilleur groupe du monde - difficile de lui donner raison là-dessus.
Les fans étaient agités et nombreux pour le spectacle de Migos, au parc de la Francophonie, mardi.
Quavo, Offset et Takeoff ont fini par se pointer avec leurs deux gardes de sécurité, aux extrémités de la scène. Le groupe n'est peut-être pas le plus dynamique, mais il n'a eu aucun mal à faire embarquer les fans, qui chantaient dès qu'ils le pouvaient, de Slippery ou What's The Price, servie avec une forte dose d'autotune, à T-Shirt et Bad and Boujee. Entre deux titres, les rappeurs ont régulièrement fait participer les festivaliers et à un certain point, ils ont remarqué qu'un admirateur avait un drapeau du Québec avec le nom du groupe dessus. Ils l'ont réclamé et installé fièrement devant le poste de leur DJ.
Les gars ont fait du bon boulot, mais la générosité n'est visiblement pas leur fort. Si on enlève les 10 minutes d'intro du DJ, le groupe n'a joué que 45 minutes, laissant une fois de plus son DJ étirer la sauce en quittant. Le moins qu'on puisse dire, c'est que la longue attente des fans a été chichement récompensée.
Jazz Cartier
Le rappeur Jazz Cartier a précédé les gars de Migos. Épaulé uniquement d'un DJ, qui lui donnait occasionnellement la réplique, le Canadien était survolté. Dès son arrivée, il courait d'un bout à l'autre des planches - quand il n'était pas occupé à se prendre l'entrejambe. 
Il est même allé rapper sur la passerelle à gauche de la scène et a escaladé une colonne de son. La foule a immédiatement embarqué. 
À plus d'une reprise, celui qui est né Jaye Adams a avisé la sécurité donner du lest aux fans. Il a demandé aussi aux festivaliers de se laisser davantage d'espace pour créer des mosh pits - il y en a eu plusieurs. On a également vu des projectiles de toutes sortes, bouteilles d'eau, canettes de bières, foulard et même pétard à mèche. Peut-être pas un passage transcendant, mais du boulot bien accompli de la part Jazz Cartier. 
Manu Militari
Manu Militari n'a pas eu la tâche facile en ouvrant la soirée au Pigeonnier : les festivaliers avaient l'écoute distraite. À mi-parcours, le Québécois a d'ailleurs fait un Kendrick Lamar de lui-même, interrompant une pièce pour dire : «j'ai compris que tu veux voir Migos. Est-ce qu'il y en a qui veulent qu'on continue le show ou on s'en va?» Il a répété la question à plus d'une reprise, réussissant à secouer suffisamment les spectateurs pour poursuivre son spectacle avec ses comparses jusqu'à la fin.