Chanteur d'expérience, Michel Louvain sait quand se donner des permissions et quand suivre le programme, avec aisance, élégance et un brin de folie.

Michel Louvain et l'OSQ: le bonheur d'un crooner

CRITIQUE / C'était beau de voir Michel Louvain, heureux comme un enfant, entouré de ses musiciens et de l'Orchestre symphonique de Québec. Il a chanté l'amour en souriant, la joie en gambadant et tout le reste les yeux brillants, habité par un bonheur contagieux.
Quand le rideau rouge s'est ouvert sur le chanteur et sur tous les musiciens, l'image avait définitivement de l'éclat. Belle idée d'avoir surélevé les percussions et les cuivres. On se serait cru sur un grand plateau de télévision, où Louvain menait le bal. «Ne suis-je pas bien entouré Mesdames et Messieurs?» s'est-il exclamé, tout sourire. 
Ceux, probablement peu nombreux, qui le voyaient pour la première fois sur scène ont découvert un interprète d'expérience, qui sait quand se donner des permissions et quand suivre le programme, avec aisance, élégance et un brin de folie.
Vous ne verrez jamais Louvain rester planté comme un piquet pendant les intermèdes musicaux. Il valse, il saute, il danse le rock n'roll et s'il fait quelques blagues sur son âge, on ne peut que constater qu'il a encore une énergie surprenante à quelques mois de ses 80 ans. Ceux-ci se sont seulement fait sentir dans quelques pièces aux orchestrations plus dépouillées, où ses aigus étaient un peu chevrotants, mais dans l'ensemble le chanteur est encore capable de pousser la note.
Les musiciens habituels de Louvain - Richard Beaudet au saxophone, Alain Bertrand à la guitare, Daniel Piché au piano - formaient le noyau musical. Les arrangements symphoniques donnaient un peu d'ampleur et d'éclat aux partitions originales, sans en bousculer les bases. Ce sont surtout les cuivres qui retenaient l'attention.
Pots-porris appréciés
Ce sont les pots-pourris qui ont fait lever le spectacle et qui ont le plus sollicité l'orchestre. Louvain a chanté les succès des crooners américains des années 60, ceux de Charles Trenet, ceux d'Elvis et les siens, bien sûr. Il a quitté pour l'entracte avec un Y'a d'la joie déchaîné et a repris avec La dame en bleu, chanté en choeur par la foule, qui en a profité pour faire une déclaration d'amour à son idole. Il avait profité de l'entracte pour troquer son habit classique pour un veston rose et des pantalons blancs. 
Peu avant la fin, le spectacle a été interrompu par l'équipe de l'émission Accès illimité, qui suit le chanteur depuis quelques semaines et qui est venue lui remettre une plaque pour avoir atteint 25 000 billets vendus pour sa tournée 60 ans de bonheur avec vous.
Michel Louvain a terminé son tour de chant en larmes, pendant les dernières mesures d'Un certain sourire, qui lui rappelle sa mère, mais on devinait qu'il y avait autant de bonheur que de tristesse dans cet adieu.
Michel Louvain chantera de nouveau avec l'OSQ samedi et dimanche à 14h.