Michel Fugain : «Avec le vrai peuple québécois»

Dimanche soir, les festivaliers sont sortis enchantés d'une soirée riche en succès livrés par Michel Fugain et son Pluribus, selon la recension signée par le collègue Éric Moreault. Et ils n'ont pas été les seuls. «C'était tout à fait bien, très agréable. J'avais l'impression d'être avec le vrai peuple québécois. Avec des gens tels qu'ils sont, qui ont envie de s'amuser», a confié le chanteur français au lendemain de sa prestation au parc de la Francophonie. 
«Quand c'est parti, c'est parti, quoi, a-t-il ajouté. J'adore ces moments-là. Les seules inquiétudes qu'on peut avoir, c'est qu'on a des vannes, des trucs qu'on raconte entre les chansons qui peuvent être un peu franco-françaises. Eh bien non, ç'a fonctionné.»
Plus de 40 ans après la création de son Big Bazar, Michel Fugain dit toujours prendre plaisir à porter sur scène les classiques vers d'oreille comme Une belle histoire, Attention, mesdames et messieurs, Fais comme l'oiseau ou La fête. Et il se défend bien d'être ancré dans la nostalgie. 
«Nous, on ne peut pas se permettre d'être nostalgiques. Si on le fait, on perd les gens. Ils vont avoir l'impression qu'on leur sort du vieux matos. Les chansons, pour moi, c'est simplement un texte qui est habillé autrement. Chaque chanson porte en elle quelque chose et on le présente autrement. Le paquet cadeau est différent», évoque l'artiste français, qui carbure toujours autant au contact avec son public. 
«Je ne peux pas faire un récital, tranche-t-il. Je ne sais pas le faire. Je m'ennuie profondément si je ne peux pas parler aux gens, si je ne peux pas déconner. Et je n'ai plus l'âge de m'ennuyer. C'est trop passionnant et j'ai trop envie de continuer de le faire dans ces conditions-là, en s'amusant, dans un cadre léger. Parce que le cadre est en gros léger, mais dedans, on peut mettre des chansons qui sont plus lourdes.»
Résister au cynisme
Quant au cynisme ambiant, qu'il a déploré sur la scène du parc de la Francophonie en déclarant que «les cyniques ont gagné», Michel Fugain y résiste en continuant de chanter l'espoir et en gardant la main tendue vers l'autre.
«Je pense qu'un artiste est voué à être résistant s'il veut garder son statut d'artiste, avance-t-il. Donc on résiste à notre manière. On n'est pas non plus des pirates. Mais résister, ça veut dire se tourner vers l'humain. On est des êtres humains qui s'agitent devant des êtres humains pour essayer de leur faire éprouver des émotions, pour les brasser, pour mettre le doigt sur un truc...»