La mère et la fille, Deborah Meyer et Sarah Landry, ont fait le chemin depuis Ottawa pour voir Metallica sur les Plaines.

Metallica: «le moment d'une vie» entre mère et fille

Deborah Meyer a fait le chemin depuis Ottawa avec sa fille, Sarah Landry. Maman ne voulait absolument pas rater «le moment d'une vie» qu'elle vivra avec son adolescente, qui vibrera pour la première fois au son de la musique de Metallica.
«Quand on assiste à un spectacle, elle regarde le spectacle et moi je regarde son visage», raconte Mme Meyer, paisiblement assise sur la bordure du chemin menant aux portes d'entrée des plaines d'Abraham. Casquette vert fluo et t-shirt bleu, la mère n'avait pas tout à fait le look des autres festivaliers qui convergeaient vers le site par dizaines. 
Qu'à cela ne tienne, cette cool mom suit sa fille de 15 ans dans les spectacles. Elles ont vu Iron Maiden, Green Day et les Red Hot Chili Peppers, pour ne nommer que ceux-là... Oui, oui «ma mère est cool», acquiesce timidement l'ado. Et le veston de jeans sur lequel s'accumulent écussons et macarons aux couleurs des groupes metal témoigne de leurs expériences. 
C'est la première fois qu'elles verront Metallica. C'est aussi leur baptême du Festival d'été de Québec où elles passeront trois jours. Sera au programme samedi : Gorillaz. «Ce sont des moments que ma fille se souviendra toute sa vie», assure la mère. «Étant plus jeune, je n'ai pas eu cette chance. Je veux qu'elle en profite au maximum.»
De toutes les générations 
Sur le coup de 10h vendredi, les fans de Metallica s'installaient tranquillement sur le site. Parmi les gens massés sur le terrain, Jacques Drolet, 64 ans bien sonnés, nous salue. Il a vu Metallica quatre fois. «Ils [le groupe] donnent l'ambiance, ils offrent un message autant pour les jeunes que pour les vieux», lance celui qui était là depuis 8h. 
La musique de Metallica a traversé le temps, assurent plusieurs amateurs. «Ils ont marqué ma génération», a indiqué Simon, 19 ans. Le message est le même pour Richard, 60 ans, qui a eu «la piqûre» pour le groupe américain en 2011 lors de son passage historique sur les Plaines, où la plus grande foule de l'histoire du festival (110 000 personnes) s'entassait. 
«Ils sont déjà des légendes du rock et ils vont [le] rester à tout jamais.» Mireille et Josyca ont jeté l'ancre devant les portes à 2h du matin. «C'est pas juste la musique. C'est l'ensemble du groupe qui reflète un esprit, une façon de penser, une manière de vivre», poursuit Mireille, qui a assisté à quatre concerts de son groupe fétiche. 
«Chaque seconde compte» 
Des irréductibles ont passé une partie de la nuit devant les portes, qui ne doivent s'ouvrir qu'aux environs de 17h. Un couple de Victoriaville s'est installé vers 1h. «On a apporté un petit matelas de sol qu'on peut jeter et une couverture d'urgence en aluminium pour se garder au chaud. On a fait avec les moyens du bord», illustre Sara-Jeanne Martineau. 
Le but : apporter «le strict minimum» pour éviter d'avoir un sac à fouiller. Il faut comprendre que les festivaliers sont divisés en deux rangs. Ceux avec sacs et ceux sans. «Chaque seconde compte», rigole (avec un brin de sérieux quand même), Jonathan Goupil. «Tant qu'à s'être donné tout ce mal, on veut avoir les meilleures places.»