Émile Gaudreault a encore fait appel à Louis-José Houde comme tête d’affiche de sa nouvelle comédie.

Menteur : dans la peau du «Mozart de la bullshit»

On parle déjà de Menteur comme la comédie de l’été au Québec. Cette production, qui marque une quatrième collaboration entre le réalisateur Émile Gaudreault et Louis-José Houde, plonge les spectateurs dans la vie de Simon, un mythomane aussi détestable qu’attachant.

Dans la peau de ce « Mozart de la bullshit » qui voit soudainement ses mensonges se concrétiser, Louis-José Houde s’est visiblement amusé... à sa façon. 

« J’ai fait quelques films, mais je n’ai pas de formation d’acteur. Je fais ça avec beaucoup d’humilité et d’écoute. Il n’y a pas beaucoup d’improvisation (...) Émile me laisse faire énormément de scènes ; je ne suis pas quelqu’un qui arrive dessus tout de suite, comme certains confrères et consœurs. Émile est très patient avec moi », racontait l’humoriste/comédien aux médias, cette semaine, à l’issue du visionnement de presse. 

Jouer un menteur compulsif « qui écœure tout le monde autour de lui » a été particulièrement agréable, dit-il, en avouant que son statut d’humoriste ne lui a jamais nui au cinéma. « Jamais personne, à aucun moment, ne m’a fait sentir outsider. Je suis très confiant sur un plateau. »

Dans cette production de 7 millions $, qui a nécessité 45 jours de tournage sur trois mois, Houde apparaît aux côtés d’acteurs d’expérience de la trempe d’Antoine Bertrand, Geneviève Schmidt, Anne-Élisabeth Bossé, Luc Senay, Véronique Le Flaguais, Patrice Coquereau, Marie-Lise Pilote et Sonia Vachon. 

Histoire fantaisiste 

Bien que les comparaisons avec Liar Liar avec Jim Carey soient inévitables, l’inspiration serait née d’un menteur compulsif évoluant dans l’entourage d’Émile Gaudreault. Il n’en fallait pas plus pour y voir un excellent sujet de long métrage. 

Mais au-delà des dizaines de mensonges possibles — et de leur potentiel comique —, il fallait écrire une histoire qui se tenait et où les sentiments avaient leur place. « S’il n’y a pas d’émotion, on fait ça pour rien, ça devient juste une farce », fait remarquer le réalisateur, qui est aussi coscénariste du film. 

De là l’idée de confronter Simon à ses mille et un bobards, en l’obligeant à les « réparer » un à un pour retrouver une vie normale et éviter une catastrophe imminente. Là-dessus, Émile Gaudreault n’a pas hésité à pousser la fantaisie à l’extrême, avec effets spéciaux et situations invraisemblables à l’appui. Et il l’assume complètement.

« Quand j’écris une histoire, je me demande comment je peux la rendre intéressante jusqu’à la fin. J’ai la préoccupation qu’elle se renouvelle pour continuer à surprendre les gens. Mais ça ne peut pas être n’importe quoi, juste parce que j’ai eu un flash. Il faut que le rythme soit naturel. Tous les bons scénarios, selon moi, se transforment constamment, se complexifient, un peu comme une plante qui pousse. »

Révélation 

Véritable révélation du film, l’actrice Catherine Chabot semblait aux anges parmi tous ces acteurs de renom, qualifiant de « boutte du boutte » ce premier rôle principal dans sa carrière, elle qui baigne surtout dans l’univers du théâtre. Il a fallu quatre auditions pour que la comédienne soit confirmée dans son rôle de Chloé, la traductrice (de russe) sans filtre qui s’amourache de Simon. 

« C’est un personnage qui me ressemble dans la vie », a-t-elle souligné, ravie que la production ait reconnu son côté comique. 

Ses nombreuses répliques en russe ont par ailleurs nécessité toute une préparation. « Je n’ai pas appris le russe, j’ai appris phonétiquement. Je ne savais pas ce que je disais ! J’ai été coachée. C’est un très beau défi dans lequel j’ai plongé avec joie. »

Émile Gaudreault s’est réjoui de la découverte de ce nouveau visage. « Catherine a un grand talent et de l’instinct. »

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Menteur sort en salle le 10 juillet.