Très en voix et les doigts déliés à la guitare, Melissa Etheridge rendait hommage au R&B des années 60, mais a évidemment aussi misé sur ses gros succès du début de sa carrière, dans les années 90.

Melissa Etheridge: chaude soirée nostalgie

CRITIQUE / C'est à Melissa Etheridge que revenait l'honneur de lancer, jeudi soir, la 50e édition du Festival d'été de Québec au parc de la Francophonie. Une soirée placée sous l'enseigne de la nostalgie puisque la chanteuse, qui rendait hommage au R&B des années 60, partageait l'affiche avec les Zombies, pionniers anglais du pop-rock psychédélique, qui fêtaient le... 50e anniversaire de la sortie de leur classique! Une soirée qui déménageait pas à peu près.
Chaude était la nuit, la foule conquise d'avance et le parc, rempli au maximum. La scène aussi : l'énergique chanteuse folk rock à la voix rauque était accompagnée de trois musiciens, trois cuivres et trois choristes pour (surtout) rendre avec amplitude les pièces de Memphis Rock and Soul (2016), album majoritairement composé de reprises de cette région où le rock est né. 
I'm A Lover, son adaptation du grand Otis Redding, suintait le soul, tout comme la très incarnée Dreams to Remember. Born Under a Bad Sign, classique du blues d'Albert King, a fait monter la tension d'un cran.
Évidemment, Etheridge, très en voix et les doigts déliés à la guitare, a aussi misé sur ses gros succès du début de sa carrière, dans les années 90, pour chauffer la foule à blanc. Bring Me Some Water, Come to My Window, repris en choeur, et I'm The Only One, en version augmentée, ont contenté les festivaliers. Son classique Like The Way I Do, plus funk et étendue, au rappel, a comblé les festivaliers, qui ont sorti leur cellulaire...
Chanteuse engagée, la porte-étendard de la communauté LBGT n'a pas multiplié les harangues, préférant laisser parler la musique, notamment avec Respect Yourself des Staples Singers, chanson emblématique de la lutte pour les droits civiques et du féminisme dans les années 70.
Un spectacle rodé et professionnel, même si certaines interactions avec la foule étaient plaquées. Pas de quoi entrer en transe, mais assez intense pour s'abandonner au groove et s'amuser comme des fous. On attendait juste ça : un vrai show de festival!
The Zombies
On se demandait de quoi allaient avoir l'air les Zombies. Deux des cinq membres originaux encore vivants (Colin Blunstone et Rod Argent) se sont réunis pour une tournée soulignant le 50e anniversaire de leur album mythique, Odessey & Oracle
À 72 ans, le chanteur Colin Blunstone en a impressionné plus d'un avec la pureté de sa voix, presque intacte après toutes ses années - on ne peut pas en dire autant des harmonies vocales de ses compères. Surtout quand les Anglais ont fait un mini-segment de trois chansons d'Odessey & Oracle, dont Care of Cell 44 et leur célèbre Time of the Season, sur lequel le claviériste Rod Argent a livré tout un solo, succès repris par Eminem, qui a incorporé la ligne mélodique et le refrain dans Rhyme or Reason (2013).
Les Zombies ont évidemment puisé dans leur répertoire d'époque, mais ils ont aussi joué des morceaux bluesés assez solides de leur plus récent album, Still Got That Hunger. Sur lequel ils ont réenregistré I Want You Back Again après avoir entendu la reprise de Tom Petty! 
Malgré quelques fausses notes, des interprétations parfois approximatives et une présence assez statique, les Zombies ont réjoui les festivaliers qui ne demandaient qu'à profiter de cette chaude soirée d'été en remplissant à pleine capacité le parc de la Francophonie. «Nous somme très heureux d'être avec vous ce soir», a lancé Rod Argent en français. Nous aussi.
Surtout avec la solide version de She's Not There, de leur premier album, pour conclure. Un sympathique voyage dans le temps.
Ria Mae
Ria Mae a ouvert les hostilités devant une bonne foule pour le début de la soirée. La Montréalaise d'adoption, de noir vêtue, évoluait en trio avec un batteur et un claviériste. La chanteuse-guitariste défendait son premier album, de la pop-rock générique un brin dansante avec des accents électroniques. 
Manquant cruellement de charisme et d'intensité, Ria Mae n'aura pas laissé une impression impérissable, disons.
Liste des chansons
Hold On I'm Coming
Memphis Train
Any Other Way / I Want To Come Over
I'm a Lover
Who's Making Love
Dreams To Remember
Respect Yourself
Born Under a Bad Sign
Come To My Window
Bring Me Some Water
I'm the Only One / Rock Me Baby
I've Been Loving You Too Long
Like the Way I Do