Anne Plamondon est une danseuse surdouée. Son corps, agile, fort, souple, n’offre aucune barrière aux mouvements. Un plaisir à regarder.

Mécaniques nocturnes d’Anne Plamondon: la complexité de la création

CRITIQUE / Après un solo sur la maladie mentale appelé Les mêmes yeux que toi, Anne Plamondon voulait revenir à la base de la création, à cette pulsion qui pousse les artistes à innover et à se dépasser. En a résulté Mécaniques nocturnes, une œuvre intense qui gagnerait à montrer plus de moments de lumière.

Disons-le d’entrée de jeu, Anne Plamondon est une danseuse surdouée. Début quarantaine, elle a été formée en ballet avant de parcourir les scènes du monde avec Les Grands Ballets Canadiens de Montréal, Nederlands Dans Theater et le Groupe RUBBERBANDance. Ses capacités physiques font l’envie de tous les danseurs. Son corps agile, fort, souple, n’offre aucune barrière aux mouvements. Un plaisir à regarder. Et il en faut de l’endurance pour danser pendant une heure sur scène, seule, sans pause. 

Comme uniques partenaires de danse, Anne Plamondon interagit avec une barre de ballet et un échafaudage, évocation ingénieuse de l’édifice de la vie, de ses nombreux étages, des libertés et des contraintes qu’il offre. La barre est utilisée comme soutien aux mouvements, Anne Plamondon s’en servant comme point d’appui pour des éléments de force ou de déséquilibres. 

La chorégraphe a fait appel à la metteure en scène et comédienne Marie Brassard pour habiller son œuvre. La trame sonore appuyée nous a parfois dérangée. Les quelques projections, bien qu’intéressantes, n’étaient pas essentielles.

La gestuelle mise de l’avant par Anne Plamondon est étudiée et pure, ce qui démontre ses qualités de chorégraphe. Toutefois, l’ensemble nous a paru lourd. Dans toute cette intensité, nous aurions pris quelques moments de relâchement comme lorsqu’Anne Plamondon se met à danser, sous un éclairage rouge, comme si elle était dans son salon. Ces quelques instants de légèreté auraient permis aux spectateurs de reprendre leur souffle pour ensuite replonger de plus belle dans sa réflexion.

Anne Plamondon est sans contredit une chorégraphe talentueuse, mais nous aurions apprécié un peu plus de soleil dans ses Mécaniques nocturnes.

Le spectacle est présenté de nouveau jeudi et vendredi, 20h, à la salle Multi de Méduse.