En rodage de son premier one-woman-show, Maude Landry participe aussi aux émissions «L’heure est grave» et «La soirée est (encore) jeune».

Maude Landry : «Le rire, c'est la vérité»

D’une manière ou d’une autre, Maude Landry allait devenir humoriste. Mais si elle avait eu 50 $ dans ses poches lors d’une journée fatidique, la comique autodidacte doublement récompensée au dernier gala Les Olivier aurait sans doute été une artiste différente...

«Je voulais faire l’École nationale de l’humour, confirme-t-elle. Mais le jour de l’audition, je n’avais pas les 50 $ que ça coûtait pour s’inscrire. Donc, à la place, j’ai fait des shows. Je n’ai rien contre l’école et peut-être que ça aurait donné un autre style d’humour. Je ne sais pas. Mais moi, j’avais besoin d’être en danger pour avancer.»

S’exerçant dans les bars depuis 2011, Maude Landry a développé sa signature au fil des ans : des observations qui étonnent, des sujets qui s’enfilent, une livraison souvent flegmatique.

«Au début, j’essayais de jouer à l’humoriste, résume-t-elle. J’étais super dynamique sur scène. Ce n’était pas naturel, parce que moi, dans la vie, je prends le temps de dire les choses. Je suis assez tranquille, assez zen. C’est finalement quand j’ai commencé à être moi-même que ça s’est mis à marcher.»

Visiblement, sa méthode lui a souri. Actuellement en rodage de son premier one-woman-show, elle gagne du terrain au petit écran — elle s’est fait remarquer aux côtés de Marc Labrèche dans Info, sexe et mensonges et elle collabore à L’heure est grave auprès de Virginie Fortin et Guillaume Girard — et à la radio : l’une de ses chroniques à La soirée est (encore) jeune lui a valu un trophée Olivier. Une deuxième statuette a confirmé le même soir son statut de Découverte de l’année.

«Ç’a été un gros buzz pendant le mois de décembre, décrit-elle. J’ai reçu plein de félicitations et ç’a parlé de moi. Mais pour moi, ces trophées-là, ça représente vraiment l’amour de l’industrie. Ça fait un bout que je suis avec ces gens-là. Ça fait vraiment plaisir d’être appréciée. Les gens étaient contents pour moi. J’ai eu l’impression que c’était ma fête et que j’allais me marier en même temps», décrit la comique de 27 ans. Elle voit surtout dans ces deux récompenses une bonne dose d’encouragement.

«C’est une tape dans le dos qui me donne envie de travailler fort, ajoute-t-elle. J’ai toujours travaillé fort comme ça. C’est juste que là, c’est plus facile, parce que les gens regardent plus. En soi, ça ne fait pas enfler la tête plus que ça. La vie continue, je n’ai pas changé et je ne me fais pas reconnaître à l’épicerie. Tout va bien!»

STAND-UP À L'AMÉRICAINE
Native de Brossard et désormais installée à Montréal, Maude Landry a grandi avec Les Simpsons et South Park — même si c’était interdit! —, La petite vie, Rock et belles oreilles et François Pérusse, «évidemment».

«Je pense que secrètement, j’ai toujours voulu faire de l’humour. Mais quand j’étais enfant, je me trouvais d’autres métiers pour pouvoir gagner ma vie. Je ne pensais pas qu’on pouvait gagner sa vie avec ça. Je croyais que c’était un loisir. Je voulais étudier les serpents, je voulais être herpétologiste, paléontologue... Des affaires un peu freak!» indique celle qui a fait des études en traduction «pour rassurer» ses parents.

Quant à sa vocation comique, elle l’a trouvée en faisant de l’impro. «J’ai réalisé que ce que j’aimais du fait d’être sur scène, c’était le rire, relate-t-elle. Je trouvais qu’il y avait quelque chose de magique dans une foule qui rit de ce que tu as dit. Ça ne se calcule pas, ça dépend des soirs. Je trouve fascinant que ça ne soit pas une science. Ça m’a donné le goût de faire ça toute ma vie.»

Les monologues qu’elle écrit maintenant sont inspirés du stand-up américain et parcourent un large spectre, de l’observation rigolote à des constats qui peuvent faire frissonner les plus prudes. «Je ne m’en rends pas compte, parce que je n’essaie pas de provoquer, explique-t-elle. Ce n’est pas mon objectif. Mon objectif, c’est de faire rire et le rire, c’est la vérité. Par moments, on peut trouver que ç’a l’air vulgaire parce que je dis les choses comme elles sont. Mais c’est vrai que ça peut avoir l’air trash et que ça surprend venant de ma petite face blonde. Je n’attaque personne. Mais ce n’est pas fait pour les oreilles sensibles!»

Maude Landry présentera son spectacle en rodage à guichets fermés le 26 janvier au Théâtre Petit Champlain et le 8 mars au Vieux bureau de poste. Il reste toutefois des billets pour sa prestation du 20 mars au Petit Champlain.