<em>The RoboJazz Band</em> est un recueil des chansons du répertoire du groupe en spectacle, enregistré en une journée en studio, de 9h à 18h.
<em>The RoboJazz Band</em> est un recueil des chansons du répertoire du groupe en spectacle, enregistré en une journée en studio, de 9h à 18h.

Mathieu Fiset : un parcours singulier

Le pianiste, claviériste et compositeur de Québec Mathieu Fiset a sorti plus tôt cet été son album The RoboJazz Band. À mi-chemin entre le jazz et le funk, cet album fusion permet de découvrir l’univers de cet artiste au parcours singulier. Un passage de cinq ans en Chine et un buzz sur YouTube ont déjà marqué la route du musicien de 31 ans.

Ce qui détonne dans l’univers de Mathieu Fiset, c’est sa fascination pour les robots. «C’est tout simple, j’aime l’image d’un robot qui adore le jazz», indique le claviériste. Tout commence en 2012 avec la chanson RoboJazz on the Dance, sur l’album — vous l’aurez deviné —RoboJazz. Trois albums ont des robots dans leur concept.

Multi-instrumentaliste, Mathieu Fiset compose et enregistre ses chansons en solo. Mais il se produit en spectacle avec son groupe, le RoboJazz Band. «Le RoboJazz, ce n’est plus juste une chanson, un album, un groupe, c’est maintenant un album avec le groupe du même nom», dit le pianiste en souriant.
Ce nouvel album The RoboJazz Band est un recueil des chansons du répertoire du groupe en spectacle, enregistré en une journée en studio, de 9h à 18h. Une captation vidéo de la performance de l’album a été réalisée également le même jour.


« Je trouvais que le groupe était vraiment bon en spectacle et que les interprétations de mes compositions étaient assez uniques. J’ai voulu réenregistrer les chansons que j’avais faites seul et c’est ce qui a mené à l’album »
Mathieu Fiset

Très jazz, très funk, l’album a également des éléments d’électronique, avec une certaine dose d’influence de Daft Punk. Principalement instrumental, il y a deux pistes avec la voix de Mathieu Fiset, utilisant un vocodeur.

«J’ai pris le vocodeur parce que j’avais des choses à dire et non l’inverse», commente-t-il. Notamment sur la piste I Am My Own Worst Enemy — sur laquelle il est impossible de ne pas taper du pied — dont le titre évoque les obstacles que l’artiste s’inflige lui-même, parfois, de son propre aveu.

Un épisode chinois

Depuis son premier album en 2010, Mathieu Fiset a acquis beaucoup d’expérience. En 2011, il s’envole pour les Émirats arabes unis, suivi de la Malaisie, l’Indonésie, Singapore et enfin, l’Empire du Milieu. Un passage en Chine qui durera cinq ans, avant qu’il ne revienne s’installer à Québec pour la suite de sa carrière de compositeur.

Bien ancré dans la scène jazz de Shanghaï, il y travaille comme pigiste. «J’ai fait beaucoup de musique là-bas, dans plein de styles différents», explique Mathieu Fiset. Il a entre autres fait partie de groupe de reprises pop, phénomène très populaire en Asie de l’Est. Le claviériste québécois a aussi travaillé dans les circuits des hôtels en Chine, où se produisent des groupes jazz. «On restait parfois trois ou quatre mois au même endroit et on jouait tous les soirs de semaine», se remémore-t-il.

Plus il jouait dans ces groupes, moins il faisait ses compositions et c’est cette idée de poursuivre sa carrière solo qui a donné envie à Mathieu Fiset de revenir au Québec.

Un buzz sur YouTube

Comme tout bon musicien, Mathieu Fiset est présent sur plusieurs plateformes de réseaux sociaux pour promouvoir sa musique. Et c’est sur YouTube qu’il a connu un franc succès, grâce à l’aide du célèbre batteur canadien, Larnell Lewis, très réputé dans le monde du jazz fusion.

La chaîne YouTube «Drumeo» a fait écouter, sans la batterie, la chanson Chick’s Pain de Mathieu Fiset, au batteur Larnell Lewis, avec comme mission de composer et jouer un arrangement pour cet instrument. La vidéo a été vue plus de 1,2 million de fois, en date de juillet.

«C’est sûr que ça m’a donné un bon coup de pouce, remarque Mathieu Fiset. J’ai envoyé la version de 2012 de ma chanson Chick’s Pain à la plateforme Drumeo quand j’étais en Chine, juste pour le fun. Finalement, plusieurs années plus tard, ils l’ont donnée à Larnell Lewis, l’un des meilleurs batteurs de jazz fusion aujourd’hui.» Réenregistrée sur l’album RoboJazz Band, la chanson Chick’s Pain pourra, il l’espère, propulser sa carrière de musicien.

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FiCHE D’IDENTITÉ

Nom : Mathieu Fiset

Origine : Je viens de Québec.

Premiers pas : En musique, j’ai commencé à l’école primaire, j’accompagnais la chorale. Au secondaire, j’avais un groupe de musique et après ça, j’ai fait du métal et de la pop.

Aspiration : J’aimerais que ma musique soit reconnue mondialement, mais avec le style de musique que je fais, le jazz fusion, je ne peux pas aspirer aux grandeurs pop.

Mentors : Robert Glasper et Hiromi Uehara

Allégeances : musicalement, au jazz fusion, au hip-hop et au pop, mais j’aime encore le métal et le rock progressif : Porcupine Tree, Tool, Dream Theater.

Dépendances : Je suis dépendant à la musique. Je ne peux pas m’arrêter de jouer du drum sur la table.
Fiertés : Je suis fier de tout ce que j’ai accompli jusqu’à maintenant et de mes voyages. Ma musique s’est fait entendre par plein de gens différents.

Regrets : De ne pas toujours faire ce qu’il faut pour que ma musique soit reconnue. Je suis un artiste, mais je n’ai pas l’âme d’un businessman, et on dirait que ça prend ça aussi aujourd’hui. Guillaume Mazoyer