Mathieu Dumont est un compositeur aux personnalités multiples. Avant de baigner dans la musique classique, il a fait partie de plusieurs groupes métal avant de se tourner vers la composition.

Mathieu Dumont, profession: compositeur

Arrivé quelques minutes avant l’heure de notre entrevue, Mathieu Dumont s’est mis sur son trente-et-un, avec un ensemble qui rappelle un peu les Beatles sur la pochette de Sgt. Pepper. Contrairement aux solistes, ça n’arrive pas si souvent que les compositeurs de musique classique se font croquer le portrait. Le trentenaire a toutefois un certain avantage sur ses collègues, puisqu’il s’est déjà prêté au jeu alors qu’il faisait partie du groupe rock Natural Born Tellers.

Le compositeur a pour ainsi dire une personnalité multiple. Adolescent, il a appris à jouer de la guitare et a fait partie de plusieurs groupes métal avant de se tourner vers la composition, à l’université. Il a composé des pièces pour l’ensemble Arkea, dirigé par Dina Gilbert, qui a été chef-assistante auprès de Kent Nagano, ainsi que pour l’ensemble Lunatik, qui se consacre à la musique de chambre moderne et contemporaine. Il a aussi à son actif 10 comédies musicales qui flirtent avec l’opéra rock pour la troupe Les comédiens sans bagages. Il fait des arrangements pour le cirque Éloize et l’Orchestre de l’Estuaire. Et question d’avoir pu obtenir un prêt hypothécaire et de monter son propre studio à la maison, il est aussi fonctionnaire une quinzaine d’heures par semaine. La polyvalence incarnée!

Nul doute, si on veut vivre du métier de compositeur, il faut saisir toutes les balles au bond. «Ça a tout de suite cliqué avec Véronique Lacroix, qui dirige l’Ensemble contemporain de Montréal», note Mathieu Dumont. Si bien que celle-ci lui a commandé une œuvre en 2016, puis une autre en 2018, pour les passages de la tournée Génération dans la capitale.

Celle-ci s’arrêtera au Musée national des beaux-arts du Québec samedi. Le concert permettra d’entendre des créations de quatre compositeurs canadiens, Sophie Dupuis, Patrick Giguère, James O’Callaghan et Thierry Tidrow, parmi lesquelles le public pourra choisir sa préférée. S’ajouteront au programme deux œuvres de compositeurs de Québec, Maëva Clermont-Giguère et Mathieu Dumont, inspirées de l’exposition Marcel Barbeau. En mouvement.

Inspiration

En s’inspirant de Combustions originelles 56 de Barbeau, il a écrit une pièce d’un peu plus de 5 minutes, en quelques jours et quelques nuits. L’encre sur papier navigue dans les teintes d’orangé, de rouille et d’ocre, et le coin supérieur droit semble avoir été léché par les flammes. «Ça évoque une certaine quiétude, mais aussi la présence d’une menace. Je voulais créer une atmosphère sonore de contemplation et en même temps un sentiment d’urgence, pour montrer la précarité de cet état d’apaisement», explique Mathieu Dumont. Les premières minutes seront très minimalistes, puis naîtra un mouvement perpétuel, répétitif, qui inclura graduellement des sons un peu plus grinçants. «Dans la musique contemporaine, j’aime faire du neuf avec du vieux, renouveler la sonorité des instruments traditionnels», expose-t-il. «J’ai envie que le public sue, que le cœur lui débatte, qu’il ressente quelque chose.»

Ses compositions instrumentales sont plus abstraites, alors que ses morceaux pour comédies musicales puisent davantage dans ses influences pop et rock. «J’ai besoin des deux mondes pour être heureux et avoir un certain équilibre», indique-t-il. Dans sa prochaine comédie musicale, qui sera présentée à L’expo-théâtre de la Visitation en janvier, il a entremêlé des reels avec de la musique actuelle. La suivante sera jouée en tournée en France l’été prochain. 

Vous voulez y aller?

Quoi : Concert Génération 2018

Qui : L’ensemble contemporain de Montréal

Quand : samedi 3 novembre à 14h

Où : Musée national des beaux-arts du Québec

Infos : www.mnbaq.org/activite