«J’avais envie que les gens viennent voir mon spectacle et arrête de sentir le poids du monde sur leurs épaules», affirme Martin Petit.

Martin Petit en rodage pour Pyromane

GRANBY — C’est à 107 000 km/h que Martin Petit devait nous revenir sur scène. Mais à peine trois semaines après le début du rodage de son quatrième one-man-show, l’humoriste a déjà changé le titre de son spectacle, qui s’appelle désormais Pyromane.

«J’ai carrément enlevé le numéro qui fait référence à la vitesse à laquelle tourne la Terre (le fameux 107 000 km/h), donc ça n’avait plus de sens de conserver ce titre-là», explique-t-il.

Pyromane fait directement écho à son précédent spectacle, Le micro de feu, explique Martin Petit, et cadre parfaitement dans sa démarche artistique qui consiste essentiellement à «parler de sujets dont on ne doit pas parler, de sujets tabous, qui créent des malaises, qui enflamment les esprits».

Cette approche humoristique, croit-il, est d’autant plus pertinente dans le contexte actuel où il est beaucoup question des réseaux sociaux de liberté d’expression et de censure en raison d’une poignée d’extrémistes très actifs «qui semblent prêts à tout pour ne pas qu’on dise certaines affaires».

«En tant qu’artiste, ça ne m’affecte pas tant, je suis imperméable à tout ça. Je suis probablement le dernier qui s’autocensurerait. Mais je me rends compte que le public est sur la corde raide, et c’est un peu mon rôle d’humoriste de travailler à défaire cette peur et ce malaise-là qui est en train de se former dans la société», affirme-t-il.

Défaire des nœuds

Ainsi, dans Pyromane, Martin Petit s’aventure sur les terrains minés de la burqa et du voile islamique, des attentats du 11 septembre, de Michael Jackson et de la pédophilie en général, ainsi que des scandales sexuels dans l’Église, entre autres choses.

Et malgré la lourdeur des sujets, il assure que les gens ressortiront de la salle le cœur léger. «C’est un spectacle très déculpabilisant. Surtout pour les femmes, pour les mères. J’avais envie que les gens viennent voir mon show et arrêtent de sentir le poids du monde sur leurs épaules. D’enlever tout l’aspect culpabilisant qui plane dans toutes les sphères de notre société d’aujourd’hui. De défaire des nœuds.»

Le côté relaxe qui se dégage de son nouveau spectacle est sûrement dû en partie au fait qu’il n’a pas écrit ses gags dans le but d’en faire un one-man-show, avance l’humoriste. «J’ai écrit de façon très organique, avec pour seul objectif de m’amuser avec mes potes du Bordel Comédie Club [duquel il est copropriétaire avec d’autres humoristes depuis quatre ans, NDLR]», explique-t-il.

Ce n’est qu’en septembre dernier, après avoir réalisé qu’il avait plus d’une heure de matériel, qu’il a décidé d’en faire un quatrième spectacle solo. «Je n’ai jamais autant eu de matériel de toute ma carrière, admet-il. Ça me permet de varier le spectacle. Je ne pars pas avec l’idée qu’il sera fixe pendant trois ans.»

Aucun manque artistique

Bien qu’il se dise heureux de renouer avec la scène dans le cadre d’une tournée — son dernier tour de piste remontait à 2010 —, Martin Petit soutient qu’il n’a en aucun cas souffert d’un manque artistique durant ces neuf années «d’absence». «Honnêtement, j’étais tellement occupé avec Les Pêcheurs! Tout ce que je voulais dire, tout ce que j’écrivais, ça allait dans l’émission», fait savoir celui qui a également fondé le Grand Montréal Comédie Fest (récemment rebaptisé le Grand Montréal Comique à la suite de pressions du ComediHa! Fest de Québec).

«Je crois aussi que cette pause de la scène m’a été très bénéfique. En 28 ans de carrière, c’était la première fois que j’arrêtais pendant aussi longtemps. Ça fait en sorte qu’aujourd’hui, quand je remonte sur les planches, je savoure davantage chaque moment», ajoute-t-il.

Mentionnons par ailleurs que Martin Petit sera sur la scène de l’Olympia en compagnie d’une dizaine d’autres humoristes, le 20 mai, pour le spectacle-bénéfice Nous pour vous visant à venir en aide aux sinistrés des inondations. 

Martin Petit présentera son nouveau spectacle le 11 novembre à la Salle Albert-Rousseau.