Marie-Antoinette d’après Vigée-Lebrun de Fernando Botero et la photographie intitulée Zahia par Pierre et Gilles font partie de l’exposition Marie-Antoinette, Métamorphoses d’une image

Marie-Antoinette, figure de la pop culture

PARIS — Comment une reine haïe et envoyée à l’échafaud s’est-elle transformée en figure pop? En peinture, en manga, en poupée Barbie ou en film, une exposition retrace l’évolution des représentations de Marie-Antoinette à la Conciergerie à Paris.

L’ancienne prison de la Révolution accueille plus de 200 pièces réunies par le commissaire Antoine de Baecque. «On voulait revenir sur cette “Marie-Antoinette-­mania”. Il ne s’agit pas d’une réhabilitation, mais d’un renouvellement de l’image, celle d’une princesse moderne qui s’émancipe du pour ou du contre», indique ce dernier.

C’est moins à la vie de la reine qu’à son image que se consacre l’exposition. Tantôt caricaturée en harpie, tantôt peinte en sainte martyre, les représentations s’opposent et se multiplient.

Certaines représentations sont devenues ultra-célèbres, comme Le Portrait de Marie-Antoinette à la rose. Peint par Élisabeth Vigée Le Brun en 1783, ce portrait officiel a été revu par Botero en 2005 dans son style tout en grosseur, puis rejoué par l’ex-escort girl Zahia Dehar, photographiée par les plasticiens Pierre et Gilles en 2014.

Popularisée au Japon par le manga La Rose de Versailles de Riyoko Ikeda en 1972, l’archiduchesse d’Autriche est surtout devenue une icône mondiale grâce au grand écran. Une salle de cinéma occupe le centre de l’exposition, où sont diffusés des extraits des plus de 100 films réalisés sur la vie de la reine. 

Mais c’est bien le film de l’Américaine Sofia Coppola qui transforme Marie-Antoinette en figure de la pop culture en 2006. Avec ses couleurs et sa bande originale anachronique, Kirsten Dunst y campe une reine «punkette» en crise d’adolescence. «Ce film a permis à la jeunesse de s’identifier à Marie-Antoinette», estime Annie Duprat, spécialiste d’iconographie historique.