«Maria par Callas» se compose d’un fascinant assemblage d’images d’archives, pour la plupart inédites, de confessions, d’entretiens, d’opéras et de récitals.

«Maria par Callas»: la femme derrière le mythe ****

CRITIQUE / Sans rien connaître de l’opéra, Tom Volf a développé une véritable passion pour Maria Callas. De la même façon, en voyant son documentaire «Maria par Callas», le néophyte risque fort de tomber sous le charme de la diva assoluta, disparue il y a plus de 40 ans.

Plutôt que de succomber à une approche classique, le jeune réalisateur français propose de faire découvrir la femme derrière le mythe, grâce à un fascinant assemblage d’images d’archives (pour la plupart inédites) provenant de collections privées, de confessions, d’entretiens, d’opéras et de récitals. D’un générique à l’autre, seule la voix de la chanteuse sert de fil directeur. Un choix artistique qui contribue à une proximité riche et envoûtante.

De son enfance à New York, auprès de parents d’origine grecque qui rêvaient de grandes choses pour leur fille, jusqu’à son décès en 1977, le film suit la chanteuse à travers les moments marquants de sa carrière, sur les plus grandes scènes du monde, mais aussi dans les coulisses de sa vie privée.

L’annulation de son récital à l’opéra de Rome, en raison d’un problème de voix, avait créé le scandale à l’époque, contribuant à la naissance de la légende d’une diva capricieuse, au tempérament difficile, auquel le film oppose une image plus lisse. «Je préfère garder mes énergies pour mes spectacles. C’est un immense travail que d’avoir à s’en servir pour se défendre de nos ennemis pour quelques instants de faiblesse», avoue Maria Callas.

Il faut voir les meutes de journalistes la pourchassant, ici et là, avant l’ère des médias sociaux, pour découvrir l’aura de cette artiste d’exception. Milan, New York, Paris, Cannes, partout la même frénésie, la même cohue. Et la principale intéressée de s’étonner de recevoir autant d’amour, elle pour qui la musique aura toujours représenté «le seul langage» qu’elle n’ait jamais compris.

Les moments les plus touchants sont ceux où la vedette, dans le dernier droit du film, élabore sur sa relation avec le milliardaire Aristote Onassis, le seul amour de sa vie. Par l’entremise de la voix de Fanny Ardant, un accroc négligeable à l’absence de narration extérieure désirée par le cinéaste, Maria Callas lui ouvre son cœur, ne sachant encore qu’il était sur le point d’épouser Jackie Kennedy.

Un documentaire d’exception à l’image de ce qu’a été Maria Callas.

AU GÉNÉRIQUE

• Cote: ****

• Titre: Maria par Callas

• Genre: documentaire

• Réalisateur: Tom Volf

• Classement: général

• Durée: 1h59

• On aime: l’énorme travail de recherche et de montage. L’absence de narration. Découvrir les moments touchants de sa vie privée. Entendre la diva sur les plus grandes scènes du monde

• On n’aime pas: