Le prolifique rappeur Future a enfilé les titres de sportive manière en une petite heure bien tassée, ne s’arrêtant ici et là que pour chercher son fan numéro un sur les Plaines ou pour offrir sa reconnaissance à son public pour sa fidélité.

Marathon hip-hop sur les Plaines

CRITIQUE / Plusieurs festivaliers seront sans doute un peu courbaturés après le marathon hip-hop présidé par Future samedi soir. Ç’a sauté fort devant la grande scène au fil de quatre propositions somme toute différentes (et inégales), qui ont rallié une foule importante sur les plaines d’Abraham.

Arrivé à 22h15 devant un public bien réchauffé qui swignait depuis 18h30, Nayvadius DeMun Wilburn, alias Future, s’est pointé sur les planches avec une machine rap bien huilée. Ça tombe bien, il était attendu de pied ferme par un parterre prêt à le suivre et à reprendre ses vers en chœur. Le prolifique rappeur a enfilé les titres de sportive manière en une petite heure bien tassée, ne s’arrêtant ici et là que pour chercher son fan numéro un sur les Plaines ou pour offrir sa reconnaissance à son public pour sa fidélité. «Canada, vous avez été avec moi à partir du premier jour. Je l’apprécie», a-t-il indiqué.

S’il a n’a pas laissé l’enthousiasme s’essouffler, on a quand même senti une petite baisse de régime après l’ouragan Lil Yachty qui était passé avant lui.

Future aura au final offert la proposition la plus visuellement soignée, avec un travail de projections et, surtout, ces quatre danseurs qui se sont joints à lui. Chouette et pertinente manière d’occuper la grande scène.

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Lil Yachty a fait lever tout un party sur les Plaines avec son univers ludique, porté par une énergie juvénile et un mur de décibels.

Lil Yachty

Juste avant Future, un Lil Yachty complètement exalté a fait lever tout un party sur les Plaines avec son univers ludique, porté par une énergie juvénile et un mur de décibels. S’il a à son arrivée avancé qu’il avait besoin d’énergie —«J’ai dormi toute la journée…» a-t-il clamé —, il ne fallait pas le croire. C’était pour mieux fouetter le public, à qui il n’a laissé aucun répit.

En rouge de la pointe des cheveux au bout des orteils, l’Américain né Miles Parks McCollum a dû réclamer une bonne centaine de fois qu’on «ouvre les mosh pits» devant la scène. «Open ‘em up!» a-t-il hurlé à répétition pour s’assurer que la foule devant lui brasse en masse. Pendant la pièce Boom!, il s’est même avancé jusqu’au milieu du parterre pour motiver les spectateurs. Il n’y a pas à dire, le rappeur sait comment mener une foule, qui lui a obéi samedi de festive manière. Mention spéciale à ce qu’il a appelé son «Boat Test», lors duquel il a distribué pendant plusieurs minutes des bouteilles d’eau qui allaient servir à une rafraîchissante bataille. Après avoir tant bougé, les fans de Lil Yachty méritaient bien une petite douche!

Loud

Avec l’une des rares propositions francophones à s’être taillé une place sur la grande scène du FEQ cette année, Loud avait plus tôt écrit le deuxième chapitre de cette soirée hip-hop. Une place bien méritée, devrions-nous ajouter.

Avec son bien nommé album Une année record, le rappeur montréalais est devenu un incontournable sur la scène québécoise et il gagne aussi du terrain en France. Il a de surcroît ajouté un nouveau record à son année lorsque sa chanson Toutes les femmes savent danser a atteint le numéro un du palmarès radio BDS. Une première pour un rappeur au Québec, nous dit-on. Elle a été soulignée en bonne et due forme, samedi, avant que ledit tube ne fasse danser les Plaines.

Peu loquace entre les pièces, Simon Cliche Trudeau (de son vrai nom) a fait honneur à ses textes finement ciselés en les faisant débouler sur scène. Le rappeur et son complice Ajust se sont efforcés d’inclure le plus de pièces possible dans les 45 minutes qui leur étaient allouées, quitte à les écourter.

«C’est notre année record, merci d’en faire partie. C’est un honneur d’être ici», a lancé Loud avant d’entonner ladite chanson. Ça s’est terminé d’explosive manière avec 56 k, le titre qui l’a propulsé avec ses 2,7 millions de vues sur YouTube.

Killy n’a pas été doux envers ses cordes vocales pendant sa prestation de 35 minutes, fortement appuyée sur des bandes préenregistrées.

Killy

En tout début de spectacle, Killy s’est exécuté sous un soleil de plomb, alors que le site se remplissait tranquillement. En pleine ascension, le Torontois n’a pas ménagé ses efforts pour occuper la grande scène et aller chercher son public, s’offrant trois bains de foule et réclamant lui aussi à grands cris qu’on «ouvre les mosh pits» et qu’on fasse du «fucking» bruit. Et ce n’est pas la seule chose qu’il a faite en criant. S’il a parfois ralenti la cadence — le temps de No Sad No Bad, notamment —, le rappeur n’a pas été doux envers ses cordes vocales pendant sa prestation de 35 minutes, fortement appuyée sur des bandes préenregistrées. «Ça sera la dernière chanson, je commence à perdre la voix», a indiqué le jeune homme un peu avant de quitter la scène. Une entrée en matière certes énergique, mais qui manquait peut-être un peu de finesse.