Les interprètes agissent autant comme acteurs que danseurs dans Major Motion Picture.

Major Motion Picture unique en son genre

CRITIQUE / Jamais n’avait-on vu une représentation de danse nous plonger dans l’horreur. Avouons qu’en ce lendemain d’Halloween, la proposition de la compagnie de Vancouver, Out Innerspace Dance Theatre, tombait bien. Un spectacle unique en son genre.

Comme le nom de la pièce l’indique, Major Motion Picture possède plusieurs éléments cinématographiques. D’abord par sa structure en petites séquences. Ensuite, par sa musique, pensée comme une trame sonore pour soutenir l’action. Et par ses interprètes, qui agissent autant comme acteurs que comme danseurs.

La pièce emprunte également au cinéma ses jeux de caméra. Sur un écran au fond de la scène sont projetées des images, tournées en direct, et parfois enrobées d’effets spéciaux. Les prises de vue de technologie infrarouge, à la Projet Blair oserions-nous dire, montrent la constante surveillance dont nous sommes victimes. L’ensemble du spectacle joue sur le fait que l’humain se sent observé et que de cela peut naître une paranoïa ou une peur des autres. Ces autres sont représentés dans cette création par un manteau noir géant qui déambule sans tête sur six jambes et gesticule à quatre bras!

Le groupe soudé de sept danseurs tente de fuir cette créature, mais ne réussit que temporairement. Non seulement l’humain a peur de la créature, mais il craint d’être seul. Dès que l’un des membres du groupe se détache du peloton, il préfère rapidement s’y joindre de nouveau plutôt que d’affronter en solo le monde extérieur.

La deuxième partie nous a semblé répétitive, mais le duo final (ou plutôt solo!) de la créature et d’une des danseuses nous a impressionnés par son imagination et sa qualité d’exécution. Déstabilisant.

Major Motion Picture est présentée de nouveau ce soir et demain, 20h, à la salle Multi de Méduse.