Les sept fabuleux acrobates de la troupe Machine de Cirque procurent plusieurs sueurs froides à l’assistance.

Machine de Cirque: prouesses à profusion [PHOTOS]

CRITIQUE / La galerie d’art imaginaire de la troupe Machine de Cirque, qui a installé ses pénates au Diamant pour la semaine de la relâche, est de celle qui vous fait décrocher les mâchoires. Non pas en raison de la beauté des tableaux – à vrai dire, il n’y en a qu’une seul – mais plutôt par la prolifération de numéros acrobatiques à couper le souffle.

L’entrée en matière donne le ton. Alors que les spectateurs prennent place dans la salle, quelques-uns des artistes athlètes sont déjà sur scène à contempler en silence des toiles fictives. Lentement, les autres membres du groupe viennent les rejoindre. Au son du saxophone de la femme orchestre du show, Lyne Goulet, c’est le début d’une chorégraphie où les corps sautent, virevoltent, défient la gravité. Accrochez vos tuques, vous n’avez encore rien vu.

Dans cette galerie sortie tout droit de l’imagination du metteur en scène Olivier Lépine, les prouesses circassiennes abondent, entre quelques dialogues minimalistes et volontairement incompréhensibles. Chassé-croisé de jonglerie où trois paires d’yeux seraient nécessaires pour tout voir (et analyser), impressionnant numéro de barre russe, démonstration décoiffante de roue Cyr (parfois en duo), acrobaties démentielles à la planche sautoir, tout est réglé au quart de tour dans ce spectacle qui procure son lot de sueurs froides.

Il faut dire que la joyeuse bande de drilles – Adam Strom, Antoine Morin, Gaël Della-Valle, Pauline Bonnami, Vladimir Lissouba, William Poliquin-Simms et Connor Houlihan – s’exécute dans des conditions où la marge de manœuvre est quasi inexistante. Un léger faux pas, un manque de concentration, une minuscule erreur de synchronisme, et on n’ose imaginer les conséquences. Ce n’est pas certainement pas le petit matelas de protection qui pourrait faire une différence.

Plusieurs numéros de Machine de Cirque sont à faire décrocher la mâchoire.

L’humour bon enfant n’est jamais très loin au grand bonheur de l’assistance. Une vente à l’encan loufoque est prétexte à des envolées défiant la gravité. Une satire de la dernière Cène, avec pop-corn à profusion et bamboula, dégénère en une chorégraphie de sauts et cabrioles sur la table.

C’est par un numéro aux accents poétiques, où deux corps peinturlurés aux couleurs de l’arc-en-ciel, créent la seule véritable toile de cette galerie fantasmagorique, que se termine ce (trop court) spectacle qui laisse ses protagonistes en sueur et l’assistance médusée.

En mai 2019, Le Soleil avait assisté à la première répétition publique de ce spectacle, à Charlesbourg, avant sa présentation en sol européen. S’il était déjà bien rodé à l’époque, on peut dire sans se tromper que mardi soir, au Diamant, la machine roulait à plein régime, frôlant la perfection.

Machine de Cirque est en spectacle au Diamant jusqu’au 7 mars.

Les acrobates de Machine de Cirque dans un décoiffant numéro d'équilibriste.