«Fireworks» de Laurent Gagnon est fait d’acier et d’objets trouvés.

MAC de Baie Saint-Paul: parfum de révolution

La période estivale portera un parfum de révolution au Symposium international et au Musée d’art contemporain de Baie-Saint-Paul. L’exposition principale sera consacrée à l’œuvre de Borduas, alors que le grand atelier public qui se tient tout le mois d’août se déroulera sous le thème Art et Politique.

Pour ce 36e Symposium, les artistes sélectionnés ne travailleront plus dans le vaste aréna bétonné, mais plutôt dans le tout nouveau pavillon du Musée, soit l’ancienne école Thomas-Tremblay. Une petite révolution en soi, qui marque une nouvelle ère dans l’histoire du Musée et du Symposium. En présentant la thématique, la commissaire évoque le slogan de Mai 68, «L’imagination au pouvoir!» et le sommet G7, tenu dans Charlevoix quelques semaines avant le Symposium, qui lui se déroulera du 27 juillet au 26 août.

La cohorte 2018 comprend Laurent Gagnon, de Québec, qui, en travaillant avec des objets récupérés (emballages, canettes, pneus et autres), ouvre une brèche ludique dans l’aliénation liée à la surconsommation. 

Les thématiques environnementales sont au cœur de plusieurs démarches. Hélène Parant, active défenderesse d’Anticosti, fera des entrevues avec les visiteurs sur leurs perceptions des changements climatiques. Jean Brillant (Rimouski) composera une «bibliothèque de sculptures» liées à la nature qui proposeront des réflexions politiques, alors que Maryse Gourdeau, du Nouveau-Brunswick, invitera le public à discuter autour de l’histoire sociale du béluga et du symbole politique qu’il est devenu.

D’autres propositions ont un angle plus social. Le photographe Michael Love (Colombie-Britannique) mettra en lumière plusieurs vestiges de la Guerre froide, alors que Shelley Miller (Saskatchewan) créera une murale en sucre abordant les nouvelles formes d’esclavage. Fred Laforge (Saguenay) et Eddy Firmin (Guadeloupe) travailleront de paire sur l’identité et réfléchissant à l’appropriation culturelle et au colonialisme. Utilisant un laboratoire sur roue et une série d’appareils, Marie-Christine Mathieu (Montréal) prendra la route pour collecter les éléments d’une fiction archéologique.

Ari Bayuaji, qui travaille à Montréal et à Bali, a le projet de confectionner une série de portes sur des enjeux liés à l’immigration. Gali Blay, de New York, qui travaille maintenant aux Pays-Bas et en Israël, s’intéresse au récit documentaire et à la conception spéculative. Son projet Panicutopia (fusion de «panique» et d’«utopie») combinera vidéo et modèles réduits. Originaire de Téhéran, Leila Zelli mettra en relation des jeux d’enfants en situation de guerre et le jeu politique de l’image dans une installation. Lianne Ho, née à Hong Kong, compte faire des tableaux illustrant la métamorphose des monuments politiques, entre leur maquette 3D et leur image réelle, sur des photographies trouvées.

Borduas en vedette

L’exposition principale du MAC de Baie Saint-Paul sera consacrée à Paul-Émile Borduas, l’instigateur du Refus Global et leader du mouvement automatiste. Sous le titre La révolution Borduas : espaces et liberté, la commissaire Anne Beauchemin a rassemblé une soixantaine d’œuvres picturales et photographiques, dont certaines, dit-on, rarement exposées, ainsi que des documents d’archives.

Antoni Tapiès : La matière à l’œuvre, regroupera des estampes, des livres et des œuvres originales du compatriote de Picasso, Dali et Miro. Les deux expos seront à l’affiche du 23 juin au 4 novembre. 

Infos: symposiumbsp.com et macbsp.com