Rickey Medlocke (debout, au centre) a fait ses débuts au sein de Lynnyrd Skynyrd à titre de batteur, avant de revenir comme guitariste au milieu des années 90.

Lynyrd Skynyrd: résister aux épreuves

Au gré d’une carrière qui couvre plus d’un demi-siècle, Lynyrd Skynyrd a vu défiler plus d’une vingtaine de musiciens. Quelques-uns sont disparus dans des circonstances tragiques, d’autres ont tiré leur révérence pour différentes raisons, mais la formation américaine a résisté contre vents et marées. Rickey Medlocke compte parmi ceux qui tiennent le fort, alors que s’amorce le dernier chapitre de l’histoire du band.

En entrevue depuis Francfort, en Allemagne, le guitariste floridien de 69 ans souligne que si Lynyrd Skynyrd a toujours su aller de l’avant, c’est d’abord et avant tout grâce au soutien indéfectible de ses milliers de fans à travers le monde.

«Après tout ce que nous avons traversé, sans eux, nous n’étions plus rien. Ils nous ont aidés à passer à travers les épreuves», glisse-t-il, en faisant référence, entre autres, au crash d’avion qui, en 1977, coûta la vie au chanteur Ronnie Van Zant et au guitariste Steve Gaines, en plus de blesser sérieusement d’autres membres du groupe.

«L’héritage et la musique de Lynyrd Skynyrd ont été plus forts que tout, poursuit-il. Le groupe a produit tellement de grandes chansons et de grands albums. On s’en souviendra probablement comme l’un des grands bands de l’histoire. Nous sommes encore là et cette tournée est une sorte de statement, une façon de dire que nous sommes encore là, à faire de la grande musique et à prendre toujours autant de plaisir à jouer ensemble.»

Batteur et guitariste

Des incontournables comme Sweet Home Alabama, Free Bird et Simple Man résonneront sur les Plaines, samedi soir, alors que Lynyrd Skynyrd présentera un show «avec beaucoup d’énergie», qu’il promène depuis quelques années aux États-Unis et en Europe. Medlocke sera à l’avant-plan, guitare en bandoulière, lui qui avait commencé sa carrière au sein de la formation comme batteur.

«Un peu comme Dave Grohl (Foo Fighters), j’ai toujours été batteur et guitariste. J’ai joint le groupe comme batteur, pendant deux ans et demi, après le départ de Bob (Burns), au début des années 70. J’étais au bon endroit au bon moment. J’ai participé aux sessions d’enregistrement Skynyrd’s First and… Last

Après être retourné avec le groupe Blackfoot, fort populaire dans les années 80, Medlocke effectuera un retour avec Lynyrd Skynyrd, une dizaine d’années plus tard, cette fois comme guitariste, en remplacement du défunt Allen Collins, à la demande même du fondateur de la troupe, Gary Rossington. «Et je suis toujours là...» lance-t-il dans un éclat de rire.

Même si lui et ses compagnons éprouvent toujours autant de plaisir à être ensemble sur scène, le poids des ans commence à peser. Le spectacle à Québec — un premier arrêt à vie dans l’histoire de Lynyrd Skynyrd, de l’avis de Medlocke — comme ceux qui suivront d’ici la fin de l’année, risquent d’être les derniers, qu’on se le dise.

«On prépare un “au revoir” pour l’an prochain. Nous allons participer à quelques événements spéciaux. On regarde aussi pour un show en résidence à Las Vegas, mais les longues et éprouvantes tournées, c’est fini.»

La politique qui divise

D’origine amérindienne, Medlocke dit trouver regrettable la situation politique qui prévaut aux États-Unis. Plus que jamais, le pays est partagé entre partisans et adversaires de Donald Trump. Le vent de conservatisme qui flotte au sud de la frontière a contribué à l’adoption en Alabama de la loi antiavortement la plus répressive du pays. De quoi donner un tout autre visage à la chanson Sweet Home Alabama...

«Je n’ai jamais utilisé la célébrité du groupe pour faire de la politique. Nous avons des fans des deux côtés de la clôture. C’est seulement dommage que la politique et la religion contribuent à diviser et à mettre l’accent sur les différences. Nous sommes tous des êtres humains après tout.»

Lynyrd Skynyrd se produira sur la scène des Plaines le 6 juillet, à 21h30. Laissez-passer du FEQ obligatoire.

Hommage à un certain Leonard Skinner

L’origine du nom Lynyrd Skynyrd tient à une drôle d’histoire reliée à un professeur d’éducation physique, à cheval sur la longueur des cheveux. Au milieu des années 60, quelques futurs membres de la formation, dont Ronnie Van Zant et Gary Rossington, ont eu maille à partir avec cet enseignant intransigeant qui prenait plaisir à envoyer un élève et un autre chez le directeur pour avoir transgressé le règlement capillaire. Quelques années plus tard, lors d’un concert en Floride, Van Zant revient sur cette anecdote pour demander à la foule si elle acquiescerait à l’idée d’un autre nom pour la formation One Percent, qu'on propose de baptiser du nom ce professeur honni, Leonard Skinner. Un changement d’orthographe (avec une préférence pour les y...) pour éviter les imbroglios juridiques, et le tour était joué. The rest is historyNormand Provencher