Une sculpture du personnage de Matilda, de Roald Dahl, est photographiée avec celle de Donald Trump au musée dédié à l'artiste, nouvellement rénové à Great Missenden, au nord-ouest de Londres.

L'univers de Dahl à nouveau en vitrine

GREAT MISSENDEN — Fermé pendant des mois pour cause d’inondation, le musée Roald Dahl rouvrira samedi à Great Missenden, village bucolique au nord-ouest de Londres depuis lequel l’auteur imaginait les univers fantastiques qui font rêver des enfants du monde entier.

L’établissement, qui a fait l’objet d’une profonde rénovation, proposera notamment une réplique de la cabane où Roald Dahl, assis dans un vieux fauteuil fatigué, travaillait.

À voir également, de précieuses archives, lettres, images et autres brouillons, datant de ses plus jeunes années.

«Les livres et les films, vous pouvez les trouver dans le monde entier», a souligné le directeur du musée, Steve Gardam. «Mais ici, vous êtes à l’endroit même où ces histoires ont été créées. C’est ce qui fait la magie (du musée)».

Romancier, nouvelliste et scénariste, Roald Dahl, né au Pays de Galles en 1916 de parents norvégiens, a acquis une renommée mondiale avec ses romans (Charlie et la chocolaterie, Matilda ou Le bon gros Géant) pour la jeunesse, une vingtaine de contes baroques où les adultes ont souvent le mauvais rôle.

Les œuvres de l’auteur, décédé en 1990 à l’âge de 74 ans, se sont vendues à plus de 250 millions d’exemplaires et nombre d’entre elles ont été adaptées en films à succès.

Roald Dahl avait vécu à Great Missenden de 1954 jusqu’à sa mort. Il avait entamé sa carrière en écrivant des lettres à sa mère depuis le pensionnat où il était scolarisé, une manière pour lui d’échapper à un quotidien qui lui pesait.

Sa vie, digne d’un roman, l’avait ensuite amené à travailler pour le géant pétrolier Shell à Dar es Salaam (Tanzanie), puis à servir dans la Royal Air Force (RAF) pendant la Seconde Guerre mondiale.

As de l’aviation, il avait été grièvement blessé lors d’un atterrissage forcé en Libye en 1940, avant de travailler pour les services secrets britanniques à Washington.

C’est dans le cimetière du village que l’auteur a été enterré, emportant dans sa tombe une queue de billard, une scie électrique, une bouteille de vin rouge et des chocolats.

Matilda contre Trump

Installé dans un ancien relais de poste, le musée mêle différentes étapes de son parcours aux mondes imaginaires qu’il a enfantés. À l’entrée, les visiteurs franchissent ainsi des portes en forme de barres de chocolat géantes sorties tout droit de Charlie et la chocolaterie.

À l’intérieur se trouvent une série d’objets ayant marqué sa vie: un casque de pilote de la RAF, un carnet de vol, une paire de jumelles, une carte de l’Égypte. Mais aussi une fiole contenant des fragments de sa colonne vertébrale, Roald Dahl ayant été opéré du dos en raison de blessures de guerre.

La réplique de sa cabane contient elle des photos de famille, des mégots de cigarettes, ses lunettes et sa canne, ainsi qu’une lourde boule de papier aluminium qu’il confectionnait jour après jour à partir d’emballages de tablettes de chocolat.

Le musée entend aussi montrer comment Dahl s’était inspiré de Great Missenden, de sa grande rue bordées de maisons tordues, que l’on retrouve dans «Le Bon Gros Géant», aux pompes à essence de «Danny, champion du monde».

Le musée contient également une oeuvre plutôt insolite... Pour célébrer le 30e anniversaire de «Matilda», la Roald Dahl Story Company — l’entreprise familiale qui détient ses droits d’auteur — a mené un sondage auprès de ses fans pour savoir à qui la géniale petite écolière pourrait jouer des tours.

Donald Trump étant arrivé en tête, une statue en fibre de verre montrant le président américain intimidé face à Matilda se dresse désormais dans la cour du musée.