Dès avril, Louis Lacerte (photo) louera le local de Lacerte art contemporain, où il présente des expositions depuis 1987, à un autre galeriste, Alexandre Moutulski-Falardeau.

Louis Lacerte cesse d'opérer son emblématique galerie de Québec

Dès avril, Louis Lacerte ne sera plus le galeriste du 1, côte Dinan, où il présente des expositions depuis 1987. Il louera le local de Lacerte art contemporain à un autre galeriste, Alexandre Motulsky-Falardeau, qui représente André-Philippe Côté et Louis Boudreault à Québec.

Le coin de rue emblématique a accueilli bien des expositions d’art actuel d’envergure depuis trois décennies. Martin Bureau et Jean-Robert Drouillard y ont entre autres fait leurs premières armes. Mais il y a quelque temps que Louis Lacerte songe à réaligner ses flûtes. «En 30 ans, la galerie a vieilli, le marché secondaire a pris davantage d’importance dans nos activités. Le paysage a changé à Québec, d’autres galeries ont pigé dans la tarte. C’est correct, mais je ne me vois pas recruter de nouveaux artistes», expose-t-il.

Il demeurera propriétaire de l’édifice, qui accueille aussi les locaux de Lacerte communications ainsi qu’un studio d’enregistrement, deux entités que le gestionnaire continuera d’opérer. Pourquoi fermer la galerie? «Je n’ai pas le don d’ubiquité, laisse-t-il tomber. Faire ça [gérer une galerie] à moitié, ça ne se fait pas.»

Depuis cet automne, Lacerte art contemporain fait partie d’une nouvelle maison d’enchères, BYDealers, avec une quinzaine de galeries du Québec, de l’Ontario et de l’Alberta. «C’est un franc succès. Ma participation là-dedans est plus importante que je ne l’avais cru au départ, je passe trois ou quatre jours par semaine à Montréal», expose-t-il. 

La galerie de Montréal, ouverte en 2011, continuera d’accueillir des expositions de la quinzaine d’artistes toujours représentés par Lacerte art contemporain. Ceux-ci (dont Eveline Boulva, Ivan Binet, Thierry Arcand-Bossé, Jean-Pierre Morin et Marc Garneau) ont été informés de la décision de Louis Lacerte mardi. Les employés également. Paul Brunet, qui agissait à titre de directeur de la galerie de Québec, demeure employé, «mais sera peut-être transféré à Montréal», indique M. Lacerte.

Les artistes ne se retrouvent donc pas orphelins et les expositions présentées à Montréal pourront même être présentées également à Québec, avec la collaboration du nouveau locataire du 1, côte Dinan. 

Les affaires vont bien

Depuis près de deux ans, Alexandre Motulsky-Falardeau loue déjà un local sur la rue Saint-Paul, où il écoule des œuvres de Côté et de Boudreault. «Pour l’instant, la charge de travail me suffit avec ces deux artistes-là», indique le jeune galeriste, ancien critique d’art au Voir. «Présentement, je ne suis fermé à rien, mais les détails vont suivre», indique-t-il. Les affaires vont si bien qu’il pourrait même envisager de conserver les deux locaux. 

Les deux galeristes sont en discussion depuis plusieurs mois, et Louis Lacerte continuera d’assurer une certaine présence, voire de donner des conseils à son locataire. «Je ne peux pas disparaître. J’ai un inventaire considérable, des centaines, même des milliers d’œuvres dans des entrepôts entre Québec et Montréal. Je suis condamné à les vendre, et ma fille après moi.»