Humour fin, textes bien ficelés, Louis-José Houde n’a pas déçu lors de sa première de Préfère novembre hier à Québec.

Louis-José Houde frappe fort avec son nouveau spectacle

CRITIQUE / Louis-José Houde fait rire les gens depuis 15 ans et sa popularité ne se dément pas. Hier, lors de la première de son quatrième spectacle solo, Préfère novembre, il a montré qu’il détenait encore toutes les clés pour faire craquer le public. Un spectacle à la fois intelligent et hilarant.

«Des fois, je pense qu’il ne faut pas chercher ce qui va être comique, mais parler de ce dont on a envie et le rendre comique», confiait l’humoriste à ma collègue Josée Guimond en septembre. Sans décor ni artifice, Louis-José a donc misé sur ses textes et sur quelques mouvements très drôles (dont son imitation de la contorsion nécessaire pour entrer et sortir d’une cabine téléphonique!).

Pour Préfère novembre, il a pigé son inspiration dans ses préoccupations d’homme de 40 ans, parlant d’homophobie, de racisme et de l’importance de profiter de la vie. Dans le contexte des accusations d’harcèlement sexuel, il n’a pas hésité à aborder le sujet. Il avait d’ailleurs un message pour les femmes victimes qui prennent souvent des années avant de briser le silence : «Il ne faut pas avoir honte des rapports non consentants, il faut avoir honte des rapports consentants!», a-t-il lancé, précisant qu’il regrettait au moins la moitié de ses relations consommées en toute connaissance de cause...

Novembre gris

Débutant avec un «hommage» au mois de novembre, Louis-José a dit qu’il lui ressemblait : «c’est jamais la tempête, mais toujours un peu gris». Difficile à croire dans son cas... Il a profité de cette entrée en matière sous le signe de la nostalgie pour rappeler la beauté des «vieilles affaires» comme la ligne dure du téléphone, l’argent de poche ou le ciné-parc.

Il a frappé dans le mille avec le segment J’ai un feeling, qu’il place à deux endroits dans le spectacle, et qui surligne à grands traits les excuses idéologiques que certaines personnes se donnent pour ne pas boire, ne pas acheter de voiture ou ne pas avoir d’enfant. «Moi, j’ai un feeling que t’as pas envie de faire des lunchs et d’aller à la natation», réplique-t-il à ces derniers.

Ses passages sur la façon dont son père lui a expliqué en 15 secondes le racisme et l’homophobie ont été bien ficelés, traitant de sujets graves avec finesse.

Mais on doit avouer que même si on avait déjà ri à plusieurs reprises jusqu’à ce moment, l’avant-dernier sketch sur la mère monoparentale nous a achevés. La monoparentale est une femme fort occupée qui n’a pas de temps à perdre et qui prend les choses en main, illustre Louis-José. Elle n’applique pas de la crème solaire avec tendresse, mais de façon scolaire, décrit-il, démonstration à l’appui. «Elle ronfle et c’est mérité!», balance-t-il alors que la salle s’écroule de rire.

Louis-José Houde a du métier et on le voit dans son aisance sur scène et ses interactions avec le public, mais il a surtout l’intelligence de bien choisir ses sujets et de seulement laisser parler par lui-même le ridicule des situations sans vouloir trop l’exagérer.

Simon Gouache

En première partie, Simon Gouache s’est franchement bien débrouillé, riant de ceux qui font des voyages avec un sac à dos pendant quatre mois et qui reviennent transformés et des sommeliers qui nous étourdissent avec leur jargon incompréhensible. De l’humour efficace qui donne le goût d’en voir davantage de cet humoriste.

Les spectacles de Louis-José Houde de ce soir et demain affichent complets à la salle Albert-Rousseau, mais vous pourrez attraper l’humoriste les 19, 20, 26 et 27 janvier et 9, 10 et 30 mars au Grand théâtre, ainsi que du 8 au 10 février et du 10 au 12 mai à la salle Albert-Rousseau.