Capable de captiver par ses interprétations théâtrales, Lou-Adriane Cassidy sait tout autant charmer par son naturel désarmant.

Lou-Adriane Cassidy: tout en nuances

CRITIQUE / La vingtaine tout juste entamée et avec un seul album derrière la cravate, Lou-Adriane Cassidy n’en connaît pas moins les ficelles de son métier. La première à Québec de son spectacle «C’est la fin du monde à tous les jours», mercredi au Grand Théâtre, a révélé un univers tout en nuances et une interprète solide à la présence scénique charismatique.

Dans sa ville natale, la jeune auteure-compositrice-­interprète n’a pas tardé à entrer dans le vif du sujet en chantant d’entrée de jeu Ça va ça va, une très belle pièce offerte par Philémon Cimon et qui a donné le ton à la soirée avec sa finale en crescendo. Entre l’épuré et le plus lourd, notre cœur allait balancer sous les bons soins de Cassidy et de ses complices (elle a été épaulée de manière fort efficace par Vincent Gagnon, Alexandre Martel, Pierre-Emmanuel Beaudoin et Simon Pedneault). Entre l’écoute quasi religieuse et la rigolade, pouvons-nous aussi ajouter. 

Lou-Adriane Cassidy a poussé un pied dans la chanson française et l’autre dans la pop et le rock. Elle a bien sûr fait honneur aux titres de son album paru il y a deux mois et qui reflète ces influences. Cultivant les contrastes avec un redoutable aplomb, Respiration aura donné lieu à l’un des moments «wow» du spectacle. On pourrait dire la même chose de la très intime La petite mort offerte en tête à tête. «C’est beau, ça», a chuchoté un voisin spectateur à la fin. En effet, monsieur. 

Capable de captiver par ses interprétations théâtrales de Brel (Sans exigences), de Barbara (La solitude) ou cette version de The Partisan popularisée par Leonard Cohen, Cassidy sait tout autant charmer par son naturel désarmant. Comme lorsqu’elle a raconté s’être présentée sur scène pieds nus parce qu’elle a eu une grosse journée et a du coup égaré ses souliers. «Êtes-vous down avec ça?» nous a demandé celle qui a dit apprécier «la vibe bohème» que ça donnait à sa mise en scène. Ou lorsqu’elle a invité les musiciens Vincent Gagnon et Simon Pedneault à prendre part à un concours d’imitation de Tire le coyote avant de plonger dans la chanson Mon bel antidote, que ce dernier a signée pour elle. Pour la postérité, Pedneault a gagné. Et c’était pleinement mérité!

Ariane Roy

Une amie d’enfance de Lou-Adriane Cassidy, Ariane Roy, avait été choisie pour ouvrir la soirée. Dans un univers musical qui loge pas trop loin de celui de sa complice, l’auteure-compositrice-­interprète a servi fin seule à la guitare électrique — qu’elle manie d’ailleurs avec une belle délicatesse — un bouquet de ses compositions. Parmi celles-ci, un premier extrait, Adèle, qui arrivera prochainement sur les plateformes en ligne… et qui lui permettra enfin d’exister numériquement, selon sa propre observation. C’est plutôt prometteur, d’après ce qu’on a pu entendre mercredi. Elle est revenue au rappel pour un chouette moment d’harmonie (musicale et sociale!) le temps d’une relecture sans micro ni ampli de Death With Dignity de Sufjan Stevens.