La jeune chanteuse Lorde a vécu, à sa première visite à Québec, quelque chose qui ressemble à un coup de foudre.

Lorde et Cyndi Lauper: les filles ont eu du fun!

CRITIQUE / Deux générations, deux signatures pop racées, deux présences fortes. Avec la visite sur les plaines d’Abraham de Lorde et de Cyndi Lauper, le Festival d’été de Québec (FEQ) s’est offert un redoutable party de filles, vendredi. À une époque où la sous-représentation des artistes féminines est souvent montrée du doigt, voilà le genre de proposition qu’on accueillerait volontiers plus souvent.

Choisie pour présider l’affiche, la jeune chanteuse Lorde a vécu, à sa première visite à Québec, quelque chose qui ressemble à un coup de foudre. À plusieurs moments, elle a semblé impressionnée, voire émue, devant l’ampleur de la foule et l’accueil qui lui a été réservé. Ça criait fort à l’avant-scène… Et ça chantait franc, aussi. 

«Est-ce qu’on est les derniers à jouer ce soir?» a demandé la jeune vedette, vêtue d’un costume de scène vaporeux d’inspiration nuisette, savourant le fait que tout ce beau monde était là pour elle. «C’est un honneur incroyable d’être ici», a-t-elle ajouté. Elle a récompensé l’enthousiasme de ses fans en livrant une pétillante prestation : gracieuse et théâtrale dans ses interprétations, naturelle et ultra sympathique dans ses échanges avec la foule. 

«J’arrive de très loin, j’ai pris trois avions pour arriver jusqu’ici», a noté la Néo-Zélandaise. Ça n’aura pas été en vain. Qu’elle mise sur le sautillant (Ribs ou Green Light, chantée en fin de parcours dans un nuage de confettis, rivalisent, ici) ou sur la ballade (Liability livrée assise sur scène, après une longue présentation bien sentie), Lorde a servi sa pop élégante dans un mélange d’énergie contagieuse, de finesse et de précision.

«Nous n’oublierons jamais ce beau show estival avec vous», a lancé Lorde en fin de parcours. Gageons que le festivalier qui a pu lui faire un gros câlin ne l’oubliera pas de sitôt non plus!

Cyndi Lauper

À ceux qui auraient pu en douter, on vous le confirme : à 65 ans, Cyndi Lauper a encore de la voix. Elle en a surtout encore dedans. L’icône des années 80 a eu l’effet d’une joyeuse tornade sur les plaines d’Abraham. 

Haute en couleurs dans son habillement comme dans son attitude — fallait la voir se rouler sur scène, danser frénétiquement, tomber à genoux ou descendre de scène pour aller faire un petit coucou aux festivaliers —, Lauper avait l’air franchement contente d’être là. «Je suis très excitée d’être sur un show où il n’y a que des artistes féminines. Dans les années 80, j’ai toujours voulu le faire. On me disait : “non, les femmes n’attirent pas assez de public.” On vient de briser ce mythe», a-t-elle remarqué en pointant l’immense site bien rempli. «Je ne crois pas être revenue ici depuis 1984. C’était avant votre naissance», a-t-elle aussi observé en désignant les fans de Lorde à l’avant-scène.

Responsable du segment nostalgie de cette soirée de filles, Cyndi Lauper a livré la marchandise de flamboyante manière en interprétant ses plus grands succès, de I Drove All Night à Time After Time en passant par She Bop ou The Goonies ‘R’ Good Enough, thème du classique film des années 80. 

À 65 ans, Cyndi Lauper a encore de la voix... et elle en a surtout encore dedans!

Au moment de mordre dans la pièce de résistance Girls Just Want to Have Fun, Lauper a eu la gentillesse de faire revenir sur scène les filles de Milk & Bone, qui avaient joué juste avant elle. On a à cette occasion eu droit à une solide chorale sur les Plaines. Pourquoi bouder son plaisir?

Ça c’est terminé avec une magnifique interprétation de True Colors et un appel à l’inclusion. «Prenez soin les uns des autres. Sans les autres, nous ne sommes rien. Il y a de la force dans la diversité», a lancé Cyndi Lauper avant de quitter la scène. La classe. 

L’une en noir, l’autre en rose, Camille Poliquin et Laurence Lafond-Beaulne de Milk & Bone ont puisé dans leurs deux albums pour mettre en vitrine leur électro-pop mélodique et finement ciselée.

Milk & Bone

Le FEQ avait laissé à des talents locaux le soin d’ouvrir le grand bal pop. Le duo montréalais Milk & Bone s’est acquitté de sa tâche de fort convaincante manière. L’une en noir, l’autre en rose, Camille Poliquin et Laurence Lafond-Beaulne ont puisé dans leurs deux albums pour mettre en vitrine leur électro-pop mélodique et finement ciselée. Encore une fois, le mariage vocal des deux chanteuses avait de quoi captiver. Elles ont fait honneur à la grande scène, occupant bien l’espace et s’offrant un bain de foule express en fin de parcours. «Québec, on a joué dans plusieurs villes, dans plusieurs pays. Vous restez un des meilleurs publics au monde», ont-elles souligné, visiblement ravies de faire la première partie de cette soirée toute féminine.