L’ODC incarne la nouvelle vague d’artistes belges qui a la cote actuellement dans l’univers du hip-hop.

L'Or du commun: la beauté du normal à Québec

L’Or du commun, ça vous dit quelque chose? Ce jeune trio de rappeurs franco-belges, qui se fait peu à peu un nom au Québec, débarque dans la capitale pour la première fois le 11 juin, à L’Anti, avec pour objectif de marquer les esprits. Portrait d’un groupe aux influences multiples, qui célèbre la beauté du normal.

Robin Conrad, aka Loxley, Siméon Zuyten, aka Swing, et Victor Pailhès, aka Primero, forment le collectif dont la fondation remonte à 2012, à Bruxelles en Belgique. À l’origine, le groupe était composé de quatre membres, mais l’un d’entre eux a choisi de quitter le navire en cours de route, pour se concentrer sur d’autres projets.

«Tout ça s’est créé à partir d’un groupe d’amis et de personnes vraiment passionnées par la musique. On se rejoignait régulièrement dans un studio résidentiel, près de là où on habitait. Et parmi tous ces gens-là, on avait une affinité particulière. Ça a donné la création de notre groupe», explique Primero, en début d’entretien avec Le Soleil.

À l’aide de leur producteur, Vax1, un Lyonnais bien établi sur la scène rap européenne, le trio a produit un album et deux EP en six ans. Parmi leurs morceaux les plus connus, on retrouve notamment Apollo (avec Roméo Elvis), Léon ou encore Le Chill, tous récoltant des centaines de milliers de clics sur la Toile. Mais pourquoi l’Or du commun, au fait? «Il y a un peu ce côté très humain au centre de notre musique et de ce qu’on est, répond Loxley. On est des artistes assez normaux aussi, on n’a pas de passé lourd ou de douleur particulière. C’est ça aussi notre message, c’est la beauté du normal.»

L’ODC, pour les intimes, incarne parfaitement cette nouvelle vague d’artistes belges dont l’Amérique raffole spécialement depuis deux ans, particulièrement dans l’univers du hip-hop. «Chez nous, le rap, ça a toujours existé, mais c’était beaucoup plus difficile avant, il y avait moins d’accès en maisons de disques, poursuit Loxley. Et effectivement, depuis deux ans, il y a un milieu et un attrait qui se développe, et on en fait partie.»

En France et ailleurs en Europe, la Belgique «a la cote en ce moment», reconnaît Primero en rigolant. «Il y a une vague assez soudaine d’artistes talentueux à Bruxelles, et ça donne un beau saut en avant. Maintenant, c’est à nous aussi d’honorer la lumière qu’on nous donne.»

Prêts pour Québec
Il s’agira d’un second contact avec le public québécois pour le jeune groupe, qui était de passage au Belmont et aux FrancoFolies de Montréal à l’été 2017. «C’est la première fois qu’on sera à Québec de notre vie, admet Loxley. Quand on a appris ça, on était trop chauds, ça a l’air magnifique.»

L’an dernier, Victor Pailhès (ou Primero) affirme avoir senti un véritable «engouement» pour son groupe et le rap européen à Montréal, et il espère voir une salle comble à Québec. «Il faisait chaud et il y avait des fans qui restaient au premier rang pendant trois heures en chantant nos paroles. On a senti qu’on n’était pas venus au Québec pour rien, en tout cas.»

Habitués des plus petites salles, les membres de l’Or du commun ont déjà hâte d’offrir leur performance à L’Anti le 11 juin. «On sort tout doucement d’une longue tournée en France dans plusieurs petites salles comme celle-là. Je pense qu’on a vraiment appris à apprécier et à formater notre show pour ce genre de concerts plus intimistes», explique Primero à ce sujet.

«Plus intenses, mais plus impersonnels», les festivals et les grandes scènes demeurent, aux yeux du groupe, une opportunité incroyable de se faire connaître, mais ne permettent pas d’accéder à une intimité avec la foule.

«Il faut dire qu’au fur et à mesure que notre groupe avance, on mûrit aussi, ajoute Loxley (Robin Conrad). On a tous 26-27 ans maintenant. Et je pense que, d’office, on a envie de raconter des choses plus personnelles, parler de nos convictions aussi, donc, ça nous va très bien d’avoir ce contact-là de proximité avec nos fans.»

De vrais cousins
Pour Robin Conrad et Victor Pailhès, la culture et le mode de vie d’ici ressemblent étrangement à ce qu’on peut voir et retrouver en Belgique, sur plusieurs plans. L’hospitalité québécoise, par exemple, est très similaire, selon les rappeurs.

«Quand on est arrivés à Montréal l’an dernier, on avait l’impression d’être à la maison tellement il y avait de points communs, au niveau de l’intérêt par rapport à la culture, au niveau de la façon aussi d’accueillir les personnes», lance Victor.

Ce dernier voit d’ailleurs plusieurs ressemblances culturelles entre Québec et Belgique sur le plan de la langue. «Le fait d’avoir plusieurs langues dans un seul pays, ça nous rapproche immédiatement quand on parle avec les gens du coin. Ils connaissent nos réalités.»

Pour Robin Conrad, les similarités belgo-québécoises se voient surtout à travers l’humain et sa façon d’interagir avec l’autre. «Cette sympathie québécoise dont on parle tant, elle rappelle beaucoup celle des Belges, chose que les Français ont beaucoup moins», lance-t-il sur le ton de l’humour. «On voit que la volonté de bien accueillir est la même, ça c’est sûr.»

VOUS VOULEZ Y ALLER?

• Qui: L’Or du commun

• Quand: 11 juin, à 20h

• Où: L’Anti

• Billets: 27,89 $