LOGIC

Logic: rappeur de course [PHOTOS+VIDÉOS]

CRITIQUE / «Je n’ai qu’un message : la paix, l’amour et le positivisme», a lancé vendredi le rappeur Logic, qui présidait le marathon hip-hop du Festival d’été de Québec (FEQ) sur les plaines d’Abraham. L’Américain est venu clore une soirée en dents de scie avec enthousiasme, une attitude fort sympathique et un débit vertigineux… Disons que ç’a fait du bien.

Après la présence assommante de Gucci Mane et une pause plutôt longuette, les fans de rap réunis sur les Plaines étaient mûrs pour un peu d’action. Et c’est justement ce que Sir Robert Bryson Hall II (de son vrai nom) a servi. Dès le début du spectacle, il a joué au chef de chœur avec la foule. «Ce soir, je veux que vous participiez», a réclamé celui qui peut être considéré comme le petit frère spirituel d’Eminem. Le parterre ne s’est pas fait prier pour lui obéir.

Vêtu d’un t-shirt à l’effigie de Mickey Mouse et le sourire souvent fendu jusqu’aux oreilles, Logic a montré qu’il peut maintenir sur scène le flow de niveau olympique de ses enregistrements, avec des textes qui déboulent à une vitesse presque étourdissante. Il a surtout prouvé qu’il sait prendre soin de ses fans en leur lançant des t-shirts, les invitant à prendre une petite pof ou leur demandant de chanter bonne fête à un festivalier installé au premier rang. Sympa!

Gucci Mane

La première prestation de Gucci Mane au Canada ne passera pas à l’histoire. Il y avait même de quoi être davantage impressionné par le spectaculaire collier bling-bling qu’arborait le rappeur américain que par sa présence scénique. L’ex-trafiquant de drogues a laissé le soin à son DJ de mettre la table pendant une dizaine de minutes avant de livrer une prestation pour le moins linéaire, fortement appuyée sur des bandes préenregistrées. Et s’il avait l’air content d’être là, c’était sans savoir précisément où. «Montréal, où es-tu?» a-t-il à un moment lancé pour fouetter la foule. À environ 250 kilomètres des plaines d’Abraham, M. Mane. 

Jazz Cartier

Deux ans après avoir chauffé les planches pour Migos au Pigeonnier, Jazz Cartier était de retour au FEQ, sur la scène principale, cette fois. On ne pourra pas reprocher au rappeur torontois de manquer de souffle, lui qui s’est démené pour occuper ce grand espace… et même le parterre devant lui où il s’est payé deux bains de foule. 

Si son excès d’Auto-tune devient vite lassant — tout comme ses projections d’un goût douteux style «les Sims dans l’isoloir d’un bar de danseuses» —, on ne peut nier le talent d’animateur de foule de Jazz Cartier. Haranguant son public, brandissant un drapeau du Québec ou s’adonnant à une série d’égoportraits avec le téléphone d’un festivalier, notre homme n’a pas manqué de tenir son public en haleine. 

Alaclair Ensemble

Alaclair Ensemble

Appelé en renfort en l’absence de Lil Pump, retenu aux États-Unis par des ennuis légaux (lire l’autre texte), Alaclair Ensemble a fait bon usage du temps qui lui a été alloué à la dernière minute sur la grande scène. En dangereuse forme, la bande de minces n’a pas manqué de saluer l’absent — rebaptisé «P’tite pompe» par Ogden Ridjanovic, alias Robert Nelson («en français, svp!») —, qui a même trouvé une place dans le grand succès du groupe, Ça que c’tait. Fidèle à elle-même, la formation a ouvert cette soirée d’énergique manière, offrant une réjouissante portion de rap québécois. Au final, on n’a pas perdu au change.

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ALACLAIR ENSEMBLE PLUTÔT QUE LIL PUMP

L’organisation du Festival d’été de Québec (FEQ) a dû se retourner sur un 10 ¢, vendredi, quand le rappeur Lil Pump a annoncé qu’il ne serait pas en mesure de se produire sur les plaines d’Abraham en raison d’enjeux légaux. Le groupe québécois Alaclair Ensemble, déjà programmé en fin de soirée au Manège militaire, a ainsi été promu sur la grande scène. 

«J’ai été détenu par la police plus tôt et je n’ai pu prendre mon avion vers le Canada. Désolé tout le monde, on va se reprendre», a fait savoir le rappeur dans une story Instragram.

Sans dire qu’il avait prévu le coup, le directeur de la programmation du FEQ, Louis Bellavance avait quand même en tête qu’un pépin de ce genre pouvait se produire. «Si on veut faire du hip-hop, on travaille avec une clientèle qui groove d’une autre façon», a-t-il indiqué. 

«C’était une journée que j’avais encerclée dans le calendrier comme un potentiel stress et qui s’est transformée en réel stress», a-t-il ajouté.

L’auto-proclamée «troupe de post-rigodon bas-canadienne» Alaclair Ensemble a donc été appelée en renfort, ajoutant une touche locale à la carte hip-hop sur la grande scène. Un choix évident pour Louis Bellavance.

«On avait une profondeur incroyable dans la programmation. C’est sûr que je n’ai pas regardé vers l’extérieur pour faire venir un band en catastrophe. Je savais qu’on était extrêmement fort avec ce qu’on avait entre les mains.» Geneviève Bouchard avec Josianne Desloges