Livres

Le livre de Woodward sur Trump bientôt en français

PARIS — Les éditions du Seuil, maison d’édition française, ont acquis les droits du livre sur la présidence Trump de Bob Woodward, devenu célèbre en révélant avec son collègue Carl Bernstein le scandale du Watergate, a-t-on appris lundi auprès du Seuil.

«Son livre sera un récit totalement unique de la vie politique à la Maison-Blanche. Le lecteur découvrira en détail, grâce à ses sources exceptionnelles, ses notes prises pendant les réunions, ses journaux personnels et des témoignages de première main, comment les décisions qui affectent le monde entier sont prises», a assuré l’éditeur dans un communiqué.

«Woodward, grâce à son parcours et ses connexions, est le seul à pouvoir écrire un livre aussi documenté. Le premier tirage américain est de 550 000 exemplaires», a indiqué le Seuil.

Fear: Trump in the White House doit sortir aux États-Unis le 11 septembre. L’ouvrage du journaliste aux deux prix Pulitzer sortira en français «le plus rapidement possible», a indiqué une porte-parole du Seuil. Le titre en français (fear signifie peur), n’a pas encore été choisi, a-t-elle ajouté.

Livres

Kim Thúy parmi les quatre finalistes de «l’autre Nobel» de littérature

L’écrivaine québécoise Kim Thúy figure parmi les quatre finalistes du «New Academy Prize in Literature», qui vise à offrir un prix littéraire international pour combler le vide laissé par la décision de l’Académie suédoise de ne pas faire de lauréat en 2018.

À la suite d’une controverse au sein de l’académie qui décerne le prix Nobel de littérature, l’institution a annoncé qu’elle ne remettrait pas de prix cette année. En réaction, une «nouvelle académie suédoise» temporaire a été créée.

Une liste de candidats a été rédigée à partir des choix des bibliothécaires de Suède. Puis, la liste de 47 écrivains a été soumise au vote populaire. Le public a donc élu les quatre finalistes parmi lesquels le jury de la nouvelle académie va choisir le lauréat.

Les quatre finalistes sont Maryse Condé, Neil Gaiman, Haruki Murakami et Kim Thúy. Ils ont été informés par courriel, mardi en fin de journée, mais Kim Thúy ne l’a réellement réalisé qu’en plein milieu de la nuit.

«J’ai ouvert le courriel, mais je n’ai pas eu le temps de le lire. J’ai dû m’occuper de mon fils, faire la cuisine. Ensuite, je devais aller au théâtre et me concentrer sur la pièce. Au retour, c’était le bain et le dodo pour les enfants. J’ai vraiment saisi le sens du courriel et de ce prix-là que vers 1h du matin. C’était pas mal plus tard, six heures plus tard!» raconte-t-elle en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne.

Il ne s’agit peut-être pas du véritable prix Nobel, mais «cette action citoyenne» a profondément touché Kim Thúy. «On n’est pas juste resté pantois devant la décision de l’institution, on a agi. Pour cette raison-là, ça représente beaucoup plus qu’un prix de littérature, c’est un mouvement de citoyens.»

Bien qu’honorée de cette nomination, l’écrivaine d’origine vietnamienne n’a pas l’intention de libérer son horaire pour le 9 décembre prochain, date de remise du prix. Elle dit évaluer ses chances à «moins que zéro» face à des «vétérans de l’écriture». Elle est d’ailleurs la plus jeune des quatre finalistes.

«Ils ne sont pas à côté de moi. Je les vois comme icônes culturelles, des vétérans de l’écriture, alors que je ne suis qu’au tout début de cette aventure. Ils sont des milliers de kilomètres devant moi», estime celle qui se réjouit de ne pas voir le bout du chemin à parcourir.

Devant des vedettes mondiales

Voir son nom apparaître sur la liste originale des 47 auteurs choisis par les bibliothécaires de Suède représentait déjà une surprise pour la principale intéressée. «Peut-être qu’ils cherchaient un endroit inusité? Peut-être qu’en Suède, le Québec sonne comme un endroit exotique?» s’interroge-t-elle.

Pour la deuxième étape de la sélection, c’est le public qui devait s’exprimer en votant pour les auteurs finalistes. Là encore, l’auteure de Ru, Vi et mãn ne comprend pas comment elle a pu devancer des vedettes mondiales comme Margaret Atwood et J.K. Rowling.

«D’abord, je suis peut-être la seule écrivaine du groupe qui a fait des annonces sur Facebook. Puis, j’ai une grosse famille vietnamienne et ils ont dû voter pour moi! Je ne minimise pas le travail des gens qui ont voté parce que c’était quand même assez compliqué. C’était un engagement», poursuit-elle en remerciant à répétitions ses lecteurs du Québec.

C’est d’ailleurs ainsi qu’elle a réussi à extérioriser son bonheur après avoir saisi l’ampleur de cette nomination, en disant merci. «J’ai écrit des centaines de fois merci sur du papier, comme un enfant qui est puni à l’école!» On peut d’ailleurs voir le résultat en photo sur sa page Facebook.

Kim Thúy a écrit merci à ses lecteurs en récitant son poème fétiche d’Ersnt Jandl qui apparaît en épigraphe de son roman mãn: «tes bras tiennent ce que je suis / quand je suis allongé contre toi et / que tes bras me tiennent».

Le nom du lauréat sera dévoilé le 12 octobre.

Actualités

Auteure d’une BD contre l’intimidation... à 13 ans!

Laura Bourbeau, 13 ans, élève de secondaire 2 au Collège François-de-Laval, vient de terminer une BD de 60 pages sur le thème de l’intimidation. Une maison d’édition à risque partagé, La Roupille, a répondu positivement à son manuscrit à condition que la famille Bourbeau accepte de payer une partie des frais pour l'éditer.

Laura écrit des histoires depuis l’âge de six ans. Au début, des histoires courtes pour s’amuser et pour son frère. Puis, après avoir lu la BD Jane, le renard et moi de Fanny Britt, qui parle d’intimidation, Laura, alors en sixième année, commence à écrire et créer les dessins sur ce sujet.

«On en entend beaucoup parler et on a eu des conférences en primaire. Je n’en ai jamais vécu, mais j’avais envie d’écrire une histoire qui s’adresse aux 9-12 ans, et d’en parler d’une manière différente», explique-t-elle.

La BD raconte l’histoire de Millie, 12 ans, élève en sixième année. Elle se fait intimider par Patricia, une élève populaire. Millie va devoir travailler sa confiance en soi et aller chercher de l’aide pour s’en sortir et vaincre l’intimidation de la bonne façon.

Une fois le livre terminé, Laura a effectué des recherches sur Internet pour trouver des maisons d’édition où envoyer son manuscrit. Il y a quelques mois, une a répondu positivement, La Roupille, une maison d’édition à risque partagé.

Livres

Rentrée littéraire dans les tourments du monde

PARIS — Souvenirs de la Grande Guerre et de conflits plus récents, stigmates du terrorisme, violence sociale... les romans de la rentrée littéraire qui commencent à sortir en France se font l’écho des tourments contemporains.

Un total de 567 titres, dont 381 ouvrages francophones, sont attendus en librairie d’ici la mi-octobre, selon un décompte de Livres Hebdo et, à de rares exceptions près, les écrivains ont choisi d’ignorer l’insouciance.

La fin de l’innocence c’est notamment le thème d’À son image (Actes Sud), magnifique roman du lauréat du prix Goncourt 2012, Jérôme Ferrari. Le romancier, âgé de 50 ans, évoque à travers le destin tragique d’une photographe (chaque chapitre correspond aux différentes étapes de la messe de ses funérailles), la guerre civile dans l’ex-Yougoslavie, les impasses du nationalisme corse et notre rapport ambigu aux images.