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Le roman «Notre-Dame de Paris» au sommet des ventes sur le Web

PARIS — Le roman de Victor Hugo «Notre-Dame de Paris» est devenu le numéro un des ventes sur Internet et de nombreuses librairies sont en rupture de stock depuis le terrible incendie qui a partiellement détruit lundi soir la cathédrale parisienne mondialement connue.

Après les attentats ayant frappé Paris le 13 novembre 2015, le même phénomène avait été observé. Le livre Paris est une fête de l’Américain Ernest Hemingway était subitement devenu très populaire dans les librairies.

Face à cette demande, les éditeurs du roman en format de poche ont décidé de lancer de nouveaux tirages et de reverser les bénéfices au fonds de souscription lancé pour financer la reconstruction de l’édifice.

Rédigé en 1831, Notre-Dame de Paris, du poète et romancier français Victor Hugo, se situe en 1482 au moment du règne de Louis XI. Le roman a été maintes fois adapté au cinéma.

Un passage du roman attire particulièrement l’attention aujourd’hui. «Tous les yeux s’étaient levés vers le haut de l’église. Ce qu’ils voyaient était extraordinaire. Sur le sommet de la galerie la plus élevée, plus haut que la rosace centrale, il y avait une grande flamme qui montait entre les deux clochers avec des tourbillons d’étincelles, une grande flamme désordonnée et furieuse dont le vent emportait par moments un lambeau dans la fumée», écrit Victor Hugo.

Autour des personnages comme la bohémienne Esmeralda, le «monstre» Quasimodo, Frollo ou Phoebus, Hugo fait de la cathédrale la véritable héroïne de son roman. L’objectif du romancier est de réhabiliter un monument tombé en décrépitude.

«Sans doute, c’est encore aujourd’hui un majestueux et sublime édifice que l’église de Notre-Dame de Paris», écrit-il dans le chapitre intitulé Notre-Dame.

«Mais, ajoute-t-il, si belle qu’elle se soit conservée en vieillissant, il est difficile de ne pas soupirer, de ne pas s’indigner devant des dégradations, des mutilations sans nombre que simultanément le temps et les hommes ont fait subir au vénérable monument, sans respect pour Charlemagne qui avait posé la première pierre, pour Philippe-Auguste qui en avait posé la dernière.»

La publication du livre, qui connut un grand succès public, attira l’attention générale sur l’état «inadmissible» du monument.

Le mouvement d’opinion aboutira à la décision d’établir des concours auxquels participèrent de nombreux architectes, dont Jean-Baptiste-Antoine Lassus et Eugène Viollet-le-Duc, dont le projet de réhabilitation du monument fut retenu en 1844.

Le roman Notre-Dame de Paris est également accessible gratuitement et légalement sur Gallica, bibliothèque numérique de la Bibliothèque nationale de France.

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Notre-Dame valait bien un roman

PARIS — La cathédrale parisienne frappée lundi par un vaste incendie, est aussi connue dans le monde entier grâce au chef-d’œuvre de Victor Hugo, «Notre-Dame de Paris», roman maintes fois adapté au cinéma notamment par les studios Disney ou en comédie musicale, notamment par Luc Plamondon.

C’est pour sauver le monument, fort dégradé, que l’écrivain indigné entreprit, en 1831, l’écriture de cet ouvrage.

Dans le chapitre intitulé Notre-Dame, Hugo écrit : «Sans doute, c’est encore aujourd’hui un majestueux et sublime édifice que l’église de Notre-Dame de Paris».

Mais, ajoute-t-il, «si belle qu’elle se soit conservée en vieillissant, il est difficile de ne pas soupirer, de ne pas s’indigner devant des dégradations, des mutilations sans nombre que simultanément le temps et les hommes ont fait subir au vénérable monument, sans respect pour Charlemagne qui avait posé la première pierre, pour Philippe-­Auguste qui en avait posé la dernière».

Dans la préface de son roman, Hugo se plaignait sans ambages du sort réservé «depuis tantôt 200 ans avec les merveilleuses églises du Moyen Âge». «Les mutilations leur viennent de toutes parts, du dedans comme du dehors», déplorait-il.

«L’église elle-même s’effacera bientôt peut-être de la terre», prophétisait l’écrivain.

La publication du livre attira l’attention générale sur l’état «inadmissible» du monument.

Le mouvement d’opinion aboutit à la décision d’établir un concours auquel participèrent de nombreux architectes, dont Lassus et Viollet-le-Duc dont le projet de réhabilitation du monument fut retenu en 1844.

En juillet 1845, une loi fut votée pour la restauration de la cathédrale.

Le but de Victor Hugo était enfin atteint.

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Succès de foule et de ventes au Salon du livre de Québec

La 60e présentation du Salon du livre de Québec (SILQ) a été couronnée de succès avec plus de 70 000 visiteurs, dont environ 27 000 jeunes. Certains éditeurs ont même manqué de livres, tellement la demande était forte.

Il fallait voir les visiteurs de tous les âges arpenter les allées du Centre des congrès à l’assaut de leurs auteurs préférés ou à la recherche de belles découvertes pendant les cinq jours du Salon. Ils sont nombreux à être repartis avec plusieurs livres, ce qui démontre l’attrait toujours important pour la lecture et le livre papier. 

«J’ai eu l’occasion d’échanger avec plusieurs éditeurs et ils m’ont dit qu’ils ont vendu beaucoup de livres. Des éditeurs ont manqué de livres pour certains auteurs. Pour moi, c’est un bon signe. La vitalité du Salon repose beaucoup sur ça, même s’il y a aussi des activités», a souligné, le pdg du Salon du livre de Québec, Philippe Sauvageau. 

Les visiteurs n’ont pas hésité à faire la file pour avoir une dédicace d’un auteur. Dans plusieurs kiosques, il était d’ailleurs indiqué «Une seule dédicace par personne». «Lors du dernier sondage réalisé il y a trois ans, les visiteurs ont répondu que la présence des auteurs étaient très importante pour qu’ils viennent au Salon du livre. Ils interrogent notre base pour avoir à quelle heure l’auteur va être présent», a mentionné M. Sauvageau.

Charmés par l’Algérie

Le président d’honneur, l’écrivain algérien Yasmina Khadra a véhiculé un message de paix et de tolérance qui a su toucher le cœur des Québécois. «Il faut prouver au reste du monde que la générosité, la tolérance et la beauté sont encore des acteurs assez convaincants», a-t-il déclaré.

Les auteurs de l’Algérie, pays invité cette année au Salon, ont charmé les lecteurs québécois en vendant le plus grand nombre d’ouvrages de l’histoire des pays invités. «C’est une littérature peu connue. C’est une découverte pour le public, mais ça a très bien fonctionné. C’est très positif pour le salon», a fait valoir le pdg du SILQ.

Les 64 activités d’animation du Salon et du Festival Québec BD qui se sont déroulés parallèlement ont été également très populaires auprès des familles. Le poids de l’air et autres faits étonnants avec les Neurones atomiques Martin et Stéphane Brouillard, Dessiner pour lire avec le duo frère et sœur Freg et Makina, Toucher à ses rêves avec Géronimo, et L’atelier interactif avec l’auteur de L’Agent Jean, Alex A, ont attirer de nombreux jeunes, dont l’âge variait de 3 à 13 ans.

Jeunes lecteurs assidus

En parlant des jeunes, ce n’est pas vrai qu’ils sont toujours devant un écran. Il fallait les voir courir dans les allées et échanger avec les auteurs jeunesse. «Ils sont intéressés à lire sur format papier et ce qui est extraordinaire et salutaire, c’est que les parents donnent de l’argent aux enfants pour qu’ils achètent des ouvrages. Ils choisissent eux-mêmes les livres, c’est idéal. Ce n’est pas une lecture imposée, mais une lecture choisie», s’est réjoui M. Sauvageau. 

Le secteur jeunesse est l’une des priorités du Salon depuis de nombreuses années, selon M. Sauvageau et les jeunes reviennent une fois adultes d’après le sondage.

Les groupes scolaires réservent dès l’ouverture de la billetterie et une journée après c’est complet selon les organisateurs du Salon. Au total, plus de 15 000 élèves se sont présentés entre mercredi et vendredi. 

L’an prochain, le 61e SILQ se déroulera du 15 au 19 avril au Centre des congrès de Québec et mettra à l’honneur la Suisse. 

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Mobilisés pour les droits d’auteur

Les nombreux visiteurs du Salon du livre de Québec ont pu voir plusieurs des auteurs présents porter le macaron de Copibec ou distribuer des signets et de la documentation de cet organisme sans but lucratif qui gère les droits d’auteur au Québec. L’organisme est présentement en campagne pour mobiliser les auteurs au sujet de l’examen de la Loi sur le droit d’auteur présentement en cours à Ottawa et dont des modifications apportées en 2012 ont amené une baisse significative des revenus de droits d’auteur.

Selon Copibec, l’introduction de l’éducation aux champs applicables des exceptions d’utilisation équitable en 2012 a eu plusieurs effets néfastes. Depuis, la presque totalité des établissements d’enseignement hors Québec a cessé de rémunérer les auteurs pour la reproduction de leurs oeuvres alors qu’au Québec, le montant des redevances a beaucoup diminué, passant en moyenne de 25 $ par étudiant à temps complet en 2012 à 13,50 $ sept ans plus tard. «Les négociations avec les cégeps et les écoles primaires et secondaires du Québec reprennent en 2020 et en 2021 avec les universités et on sent qu’elles seront difficiles si la loi ne change pas», explique Frédérique Couette, directrice générale de Copibec.

Copibec estime qu’il n’était pas dans l’intention du législateur, à l’époque le gouvernement conservateur de Stephen Harper, d’en venir à ce que plus aucune institution scolaire ne paie des redevances, et encore moins que les ministères de l’Éducation des autres provinces enclenchent des poursuites totalisant 30 millions $ contre les auteurs et éditeurs, car ils estiment avoir trop versé de redevances par le passé.

Perro au front

Bryan Perro, auteur de la populaire série jeunesse Amos Daragon, portait le macaron de Copibec en appui à l’organisme et aux autres auteurs. «L’impact financier est bien sûr moins important pour moi, car je vends beaucoup de livres et que j’ai des traductions à l’étranger. Par contre, ce n’est pas seulement une question d’argent, c’est aussi une question de respect et de principe», a-t-il expliqué au Soleil.

«Personne ne veut travailler sans être payé. Nous comprenons que les établissements d’enseignement ont des moyens limités, mais est-ce que ce sont les auteurs qui doivent en faire les frais? Les redevances de Copibec, ça ne te fera pas acheter un condo au Mexique. Ce n’est pas beaucoup d’argent, mais pour un auteur qui débute, ça peut changer le mois, ça peut payer quelques factures, te permettre de changer tes pneus d’hiver», illustre-t-il.

«Mon premier roman, j’en ai vendu 133 copies seulement! Ensuite, j’ai eu une petite bourse du Conseil des arts et ça m’a donné envie de continuer. J’en ai écrit un autre et j’ai eu une deuxième bourse et après ça, j’ai fait Amos Daragon. Souvent, c’est une petite reconnaissance qui te permet de continuer comme auteur et c’est ça, les redevances pour droits d’auteur. De plus, est-ce que c’est possible d’arrêter de quêter et d’avoir ce qu’on nous doit?» demande Bryan Perro.

Frédérique Couette évalue que les redevances de Copibec peuvent aller de quelques centaines de dollars à quelques milliers de dollars pour les auteurs québécois. «C’est très fréquent que des auteurs nous appellent pour savoir quand ils auront leur chèque. C’est important pour eux et ils ont vu leurs revenus provenant de cette source fondre depuis les modifications à la loi», termine-t-elle.