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Tant qu’à se promener dans le Vieux-Québec, pourquoi ne pas le faire en s’instruisant? lance la doctorante en études littéraires, Marie-Ève Sévigny.
Tant qu’à se promener dans le Vieux-Québec, pourquoi ne pas le faire en s’instruisant? lance la doctorante en études littéraires, Marie-Ève Sévigny.

Un rallye littéraire pour mieux (re)découvrir le Vieux-Québec

Léa Harvey
Léa Harvey
Le Soleil
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Qu’elle soit composée de touristes ou de locaux, la population de Québec devra encore une fois organiser son été avec des activités offertes à proximité. À tous ceux qui aiment «marcher leur ville», l’équipe de Québec, ville de littérature UNESCO, propose un parcours retraçant vingt-cinq trésors littéraires. De quoi porter «un nouveau regard» sur la capitale et son quartier historique.

Tant qu’à se promener dans le Vieux-Québec, pourquoi ne pas le faire en s’instruisant? lance la doctorante en études littéraires, Marie-Ève Sévigny, qui a été mandatée par l'Institut canadien de Québec afin de dénicher des «trésors» enfouis.

Grâce au tout nouveau projet de rallye, le public pourra revisiter différents lieux historiques ayant marqué le milieu littéraire de Québec, de la Bibliothèque de l’Assemblée nationale au Séminaire de Québec, en passant par le Morrin Centre. Des endroits liés directement à des écrivains montrent aussi l’impact de la ville sur certains livres tels que Chère voisine de Chrystine Brouillet ou Le cœur de la baleine bleue de Jacques Poulin.

Dès le 25 juin, à l’aide d’une carte interactive ou imprimée, les curieux de tous âges pourront s’orienter entre les 25 points d’intérêts, dispersés autour ou à l’intérieur des fortifications. Arrivés à la destination de leur choix, ils pourront, grâce au site web du projet, prendre connaissance des histoires étonnantes mises en lumière par la chercheure et ses collègues, en plus d’avoir accès à des photos de ces «trésors» cachés. Qu’on parle de bibliothèques ou de lettres datant du siècle dernier.

Mais pourquoi déambuler dans les rues si on peut obtenir toute l’information directement de la maison? Pour l’émotion, répond Mme Sévigny.

«On a des masses de documents sur Internet. Si je veux visiter la Morgan Library de New York, je peux le faire en ligne. Mais je n’aurai jamais l’émotion que je ressens en parcourant le vrai lieu», souligne celle qui estime que les édifices permettent d’incarner l’information que recevront les marcheurs et de «transcender le temps» qui les sépare.

Réalisé grâce à de multiples collaborations, le projet met donc en scène des archives qui étaient jusqu’alors cachées dans les voûtes. À titre d’exemple, la chercheure présente l’image d’une lettre datant de 1979, signée par Gabrielle Roy et adressée à Sœur Rachel Morin. Sur le papier, conservé au Monastère des Augustines, on y découvre notamment la reconnaissance que ressent l’écrivaine envers les religieuses qui se sont bien occupées d’elle lors d’un séjour à l’hôpital.

Plus loin, devant la boutique de Noël de la rue de Buade, Mme Sévigny pointe l’inscription «Garneau» située près du toit de l’édifice. Voici l’ancien bâtiment de l’importante Librairie Garneau, une entreprise qui a fait des petits partout au Québec avant d’être rachetée par Renaud-Bray dans les années 90, explique-t-elle. Avec les librairies Crémazie et Générale française, elle faisait du secteur de l’Hôtel de Ville un «véritable carrefour littéraire», apprend-on.

La première presse à imprimer, un dictionnaire en langue iroquoise, une copie de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert ou la description que faisait Camus du cap Diamant : ne voilà que la «pointe de l’iceberg» pour Mme Sévigny, qui espère piquer la curiosité du public et lui donner envie de creuser encore plus l’histoire littéraire de Québec.

Un dynamisme qui ne date pas d’hier

Les villes créatives UNESCO, dans la catégorie littérature, obtiennent souvent ce titre puisqu’un grand auteur connu à l’international y est né, affirme Mme Sévigny. Mais Québec a pu acquérir cette reconnaissance en raison de son effervescence et de sa diversité littéraire, rappelle-t-elle.

La carte du rallye.

Or, cette créativité débordante ne date pas d’hier. L’innovation et l’enthousiasme dont est empreint le milieu culturel de la capitale sont plutôt «la conséquence d’une très longue tradition», tient à souligner la chercheure.

Celle qui dirige également La promenade des écrivains, un projet qui orchestre différentes balades littéraires dans les quartiers centraux de Québec, estime qu’il était important d’offrir au public une activité rappelant la vitalité des institutions culturelles installées dans le Quartier latin.

Selon elle, le rallye découverte va donc bien au-delà de la simple anecdote historique : «On essaie de faire comprendre aux gens à quel point le Vieux-Québec était vivant et au cœur de nos racines artistiques. Au fond, tout a commencé ici. […] On a souvent dit, pendant la pandémie, que le secteur se vidait. C’est vrai. C’est un quartier qui a besoin d’amour. Mais, malgré tout, il est encore dynamique. Le but d’une initiative comme le parcours, c’est de montrer à quel point c’est un lieu actif. Il ne demeure qu’à nous de le découvrir et de le “réanimer” si je puis dire.»

Le site web et les cartes imprimées seront accessibles gratuitement au public dès le 25 juin. Une version mobile est aussi disponible.

Jusqu’au 6 septembre, les intéressés pourront participer à un quizz afin de courir la chance de remporter différents prix. Parmi les tirages, on compte notamment des cartes-cadeaux, des entrées aux musées, des livres, des abonnements à des magazines et des jeux de société.

Une exposition à place D’Youville complétera également le projet tout au long de la saison estivale.