Le président-directeur général du Salon international du livre de Québec, Philippe Sauvageau, se dit outré par sa suspension, survenue après des allégations contre sa gestion de l’organisme.

Suspendu par le Salon international du livre de Québec, Philippe Sauvageau se défend [VIDÉO]

Le pdg du Salon international du livre de Québec (SILQ) suspendu temporairement, Philippe Sauvageau, s’est défendu mercredi des allégations qui pèsent contre lui sur des dépenses injustifiées et une mauvaise gestion.

«Je tiens à réfuter avec la plus grande fermeté ces accusations infiniment blessantes qui agrègent les éléments disparates dans l’intention de nuire à ma personne et à ma compagne ainsi qu’au SILQ», a déclaré Philippe Sauvageau entouré de son avocate, de sa conjointe et d’amis, lors d’une conférence de presse un peu surréaliste.

M. Sauvageau s’est dit outré de la décision du comité exécutif de l’avoir suspendu sur les simples révélations du Journal de Québec sur des dépenses lors de ses neuf voyages au Bénin ces 12 dernières années. Le Journal avait révélé que le coût de ces voyages s’élevait à plus de 30 000 $.

«J’ai été profondément choqué par les mesures disciplinaires prises à mon encontre par le comité exécutif du SILQ», a-t-il souligné.

Muselé

Il affirme avoir les preuves de sa bonne gestion et les autorisations du comité pour toutes les décisions concernant les voyages. «Je tiens à souligner que le comité exécutif du SILQ et son président ont toujours été parfaitement informés de l’ensemble de mes activités à sa tête, y compris tous mes voyages à l’étranger et, bien sûr, de toutes les données financières du SILQ.»

Il ne peut cependant pas les donner parce que le SILQ lui interdit l’accès à son bureau pour récupérer ses effets personnels, de contacter les membres de son équipe, de s’adresser aux médias. Il a également dû remettre au SILQ ses outils professionnels.

M. Sauvageau a donc envoyé une mise en demeure, le 30 avril, au comité exécutif pour pouvoir rencontrer les membres du Conseil d’administration et mettre fin au silence qu’on lui imposait.

Il reproche également au comité exécutif de ne l’avoir toujours pas rencontré depuis les révélations dans les médias. «Dans votre correspondance du 17 avril, vous m’avez informé que je serai appelé à donner ma version des faits or, à ce jour, vous n’avez toujours pas pris contact avec moi pour me permettre de faire la lumière sur la situation. Le temps écoulé est maintenant déraisonnable et me cause d’importants préjudices à bien des égards», peut-on lire dans le document remis aux journalistes. 

Pour montrer qu’il avait bien l’intention de se battre pour prouver sa bonne foi, Philippe Sauvageau a apporté les gants de boxe qu’ils utilisaient quand il était jeune. «Ça me rassure de les avoir», a-t-il confié.

Questions sans réponses

Lors du point de presse, M. Sauvageau a refusé de répondre à certaines questions des journalistes. Sur les conseils de son avocate, M. Sauvageau ne devait pas s’adresser aux médias, malgré la convocation de sa part. Mais devant l’insistance des journalistes présents, il s’est contenté de répéter qu’il n’avait rien à se reprocher et qu’il n’avait «jamais tiré personnellement profit des opérations internationales» qu’il a mises en œuvre.

Et pour montrer qu’il avait bien l’intention de se battre pour prouver sa bonne foi, il a apporté les gants de boxe qu’il utilisait quand il était jeune. «Ça me rassure de les avoir», a-t-il confié.

Enquête 

Pour en avoir le cœur net, le SILQ a mandaté la firme Mallette pour enquêter sur les dépenses de Philippe Sauvageau, sa rémunération et les contrats obtenus par sa conjointe Odette Drapeau. Selon des informations de Radio-Canada, la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), plus grand bailleur de fonds du SILQ, mène également des vérifications. En attendant d’avoir les réponses, Daniel Gélinas a aussi été nommé directeur général du SILQ par intérim. 

En fin de conférence de presse, Mme Drapeau au bord des larmes a appelé les 70 000 visiteurs du Salon du livre de Québec à témoigner leur attachement et leur soutien à Philippe Sauvageau.