Spécial lectures d'été

Les vacances estivales sont souvent propices à de beaux moments de lecture. Pour vous guider dans vos choix, les membres du Club de lecture du Groupe Capitales Médias vous suggèrent leurs livres coup de coeur.
Polar, roman historique, oeuvres d'ici ou d'ailleurs, de tout pour agrémenter vos journées à vous prélasser sous le parasol.
Histoire humaine
Il pleuvait des oiseaux de Jocelyne Saucier est le roman que j'ai le plus offert en cadeau et chaudement recommandé à tous ceux qui me demandaient conseil depuis sa publication en 2011. En cette période où il est encore question de mourir dans la dignité, cette histoire d'hommes et d'une femme âgés qui veulent pouvoir décider d'où et comment ils vieilliront et mourront (mais aussi - et surtout! - se donner la possibilité d'aimer encore avant qu'il ne soit trop tard) s'avère tout aussi bouleversante que pertinente. Ce titre est une ode à la vie, à la liberté, à la marginalité, à la solidarité humaine entre générations, au silence et à la beauté du monde. C'est l'Histoire (celle du nord de l'Ontario, entre autres) qui se trame à travers les gestes du quotidien. J'ai passé des heures de pur bonheur en compagnie de Boychuck, de Tom, de Charlie et de Marie-Desneiges, entre autres attachants personnages créées par l'auteure. À lire absolument! Valérie Lessard (Le Droit)
Jocelyne Saucier, Il pleuvait des oiseaux (XYZ)
Récit d'un monde parallèle
Les inquiétudes soulevées par l'élection de Donald Trump a donné une seconde vie au roman 1984, de George Orwell. Même chose pour La servante écarlate, de Margaret Atwood, qui vient d'être adapté au cinéma. Mais la liste ne serait pas complète sans Le complot contre l'Amérique, écrit par Philip Roth, en 2004. Le récit d'un monde parallèle, dans lequel l'aviateur Charles Lindbergh remporte les élections présidentielles de 1940, à la tête du mouvement... America First. Grand admirateur d'Hitler, le président Lindbergh refuse d'engager son pays dans le second conflit mondial. Avec lui, les voix dissidentes ne disparaissent pas instantanément. Les fascistes ne paradent pas dans les rues. Et jusqu'au bout, il se trouve des Juifs pour dire que tout va bien. Le lecteur découvre le côté sombre de cette Amérique à petites doses, à travers le quotidien d'une famille juive du New Jersey. À la fin, il importe peu qu'il s'agisse de la famille de Roth ou de celle du voisin. On referme le livre comme on se réveille d'un cauchemar : en se félicitant que la fiction dépasse la réalité. Pour une fois. Jean-Simon Gagné (Le Soleil)
Philip Roth, Le complot contre l'Amérique (Gallimard)
Suspense de première classe
Le fils, de Jo Nesbo est, de loin, le meilleur thriller que j'ai lu ces deux dernières années. L'auteur norvégien s'est fait connaître pour son excellente série policière mettant en vedette l'inspecteur Harry Hole. Le fils ne fait pas partie de cette série. Pas de Harry Hole donc, mais plutôt un junkie fini du nom de Sonny Lofthus. En prison pour des crimes qu'il n'a pas commis, Lofthus s'évade quand il découvre que son père ne s'est pas suicidé, mais a été assassiné. Tout l'intérêt du livre réside dans ce personnage plus grand que nature. Un être complexe et charismatique, qui tient à la fois du messie des temps modernes et du justicier impitoyable. En cavale dans les bas-fonds d'Oslo, Lofthus devra échapper à la fois à la police et aux bandits, tout en abattant l'une après l'autre les crapules responsables de son malheur. Il trouvera même le temps d'aimer la femme de sa vie. L'histoire est emberlificotée, bien dans le style de Nesbo. Un suspense de première classe. De loin le roman le plus achevé du Norvégien.  Patrick Duquette (Le Droit)
Jo Nesbo, Le fils (Gallimard)
Plan B à répétition
Les histoires de voyage dans le temps, aussi folles soient-elles, ne cessent de fasciner, que ce soit en littérature, au cinéma ou à la télé. À preuve, Plan B, le récent succès surprise de Séries+. Comme le personnage de Louis Morissette, celui du journaliste Jeff Winston retourne dans le passé en conservant tous ses souvenirs, mais il le fait à son corps défendant, mourant d'une crise cardiaque toujours à la même date. Chaque boucle temporelle l'amènera à explorer une nouvelle vie, jamais semblable d'une fois à l'autre. Et comme dans Plan B, des intrigues sentimentales se profilent bien sûr en toile de fond. Ce palpitant bouquin de science-fiction, lu avec bonheur lors de sa parution, il y a une trentaine d'années, me fait toujours de l'oeil, depuis ma bibliothèque. De quoi donner envie de le traîner dans mes bagages pour ma virée estivale à Cape Cod...  Normand Provencher (Le Soleil)
Ken Grimwood, Replay (Seuil)
Deux petits bijoux
Certains livres restent longtemps inscrits dans notre mémoire, d'autres non. Pour vos lectures estivales, je vous recommande les deux ouvrages qui m'ont été les plus agréables cette année. D'une part, celui de la journaliste Agnès Gruda, Mourir, mais pas trop. Et d'autre part, le très beau roman Voici venir les rêveurs, de la Camerounaise Imbolo Mbue.
Ne vous laissez pas intimider par l'allusion à la mort du livre d'Agnès Gruda. Ce n'est pas un texte qui assombrira votre été. C'est un petit bijou de fictions fascinantes qui nous entraînent dans les différentes étapes de la vie. Parce que mourir, c'est la fin d'une étape, d'une illusion, d'une relation amoureuse, et même d'un piano. Attention : si vous faites cette lecture, il faut vous rendre à la fin. Parce qu'entre le point de départ et le point d'arrivée... Surprise!
Je vous ai déjà parlé de Voici venir les rêveurs. Je ne vous laisse donc qu'un indice :  si vous désirez comprendre pourquoi autant de personnes risquent leur vie pour immigrer en Amérique, il faut lire ce roman. C'est touchant et merveilleusement écrit. Gilbert Lavoie (Le Soleil)
Agnès Gruda, Mourir, mais pas trop (Boréal)
Imbolo Mbue, Voici venir les rêveurs (Belfond)
Histoire candide
Le papa-lecteur à haute voix a passé des heures vespérales béates en compagnie d'Édouard Toulaine et de la plume touchante - et admirablement désinfantilisante - de Kate DiCamillo (La quête de Despereaux). Petit lapin de chiffon, Toulaine vit dans le luxe et les préjugés vertueux. Mais sa riche propriétaire perd sa poupée, lors d'un voyage. Pour la retrouver, Toulaine va devoir effectuer une traversée des États-Unis du début du siècle dernier. Plongé dans l'inconnu, livré à lui-même, l'égaré va perdre de sa morgue et de son ignorance au fil d'un voyage qui lui fera côtoyer la pauvreté, la maladie, la violence et le deuil. Surtout, le coeur froid du lapin s'éveillera à des sentiments inconnus : l'empathie, la solidarité, l'amour. L'aventure est candidement racontée au «je» par Toulaine. Une Odyssée initiatique pour jeunes lecteurs, à la fois dure et sensible, somptueusement illustrée par Bagram Ibatoulline.  Yves Bergeras (Le Droit)
Kate DiCamillo, L'odyssée miraculeuse d'Édouard Toulaine (Scholastic)
Narration magistrale
«Je cherche une bonne lecture.» Donald, mon libraire chez Pantoute, me tend sans réfléchir Manuel à l'usage des femmes de ménage, un recueil de nouvelles devenu événement littéraire aux États-Unis 10 ans après la mort de son auteure, Lucia Berlin. Donald me raconte que cette femme d'une grande beauté a connu tout un destin : enseignante, infirmière, réceptionniste, femme de ménage, mariée trois fois, quatre fois mère, entre l'Alaska, le Texas, New York et Santiago du Chili, artiste bohème, alcoolique, épouse de junkie. Lucia Berlin se révèle au fil de 43 nouvelles, en déconstruisant la chronologie de sa vie, en inventant des personnages qui sont autant de fragments d'elle-même et en émaillant ses récits d'observations d'une finesse rare. Il y a des rebondissements, de la mélancolie, beaucoup d'humanité et de bienveillance, de la détresse, de la résilience, de la vie, quoi, tout ça dominé par une narration magistrale.  Michèle LaFerrière (Le Soleil)
Lucia Berlin, Manuel à l'usage des femmes de ménage (Grasset)
Philosophie estivale
Bien que près d'une décennie se soit écoulée depuis la parution de son premier tome, Dix mille choses qui sont vraies est encore d'actualité. La relecture de l'essai, oublié quelques années au fond d'une boîte remplie de livres, a été un plaisir renouvelé. Au fil du recueil, l'auteur ne s'impose aucune limite et s'éparpille dans autant de directions qu'il signe de chroniques, sans nous perdre en cours de route ou tomber dans les généralités. Au contraire, ces petites anecdotes à teneur philosophique parviennent à nous arracher un sourire. La centaine de réflexions colligées au fil du temps par Nicolas Langelier, présentées sans prétention et avec candeur, tiennent pour la plupart sur moins de deux pages. On peut donc s'y plonger d'un trait, ou marquer une pause après quelques observations. Un essai léger et divertissant, mais qui fait quand même réfléchir. À lire à l'ombre d'un arbre, boisson fraîche à portée de la main. Marie-Ève Martel (La Voix de l'Est)
Nicolas Langelier, 10 000 choses qui sont vraies - Tome 1 (Les 400 coups)
Lumineux malgré le drame
L'écriture de Michèle Plomer est fine comme une dentelle, enveloppante comme de la soie. Dans Étincelle, l'écrivaine remonte le fil de son passé et retourne dans le Shenzhen qu'elle a connu lorsqu'elle y enseignait. Sa vision de l'intérieur met la table pour un récit de l'intime. À travers les chapitres, on marche dans ses pas et on découvre un autre visage de la Chine. On rencontre aussi la belle Song, amie très chère de l'auteure qui, un soir de malchance, a vu son avenir plombé par la tragédie. Brûlée vive après qu'une explosion eut soufflé son logement, la jeune femme se retrouve suspendue entre la vie et la mort. C'est un cauchemar qu'elle traverse portée par l'amour des siens. L'auteure fait partie de ceux qui accompagnent Song tout au long du chemin, hantée par l'idée douloureuse qu'elle était censée être là avec elle, ce soir maudit où le feu a tout avalé. Magnifiquement écrit, Étincelle est un très beau livre. Lumineux malgré le drame dans lequel il s'ancre, parce qu'axé autour de tout ce que peut l'amour, qu'il soit filial, passionné ou amical.  Karine Tremblay (La Tribune)
Michèle Plomer, Étincelle (Marchand de feuilles)
Des soleils de l'Afghanistan
S'il m'a été presque impossible de me décoller des pages des Cerfs-volants de Kaboul, le deuxième roman de Khaled Hosseini, Mille soleils splendides, m'a bouleversé encore plus. Rarement un livre n'a évoqué autant d'images, n'a réussi à illustrer le désespoir et la colère avec autant d'exactitude. Le destin malheureux de Mariam, contrainte de se marier à un homme violent, saisit directement au coeur. L'arrivée d'une autre femme sous son toit, comme seconde épouse, vient changer la donne. À travers les années de vie de Mariam, à travers les épreuves, Khaled Hosseini trace en filigrane l'histoire de l'Afghanistan qui finira déchirée par les talibans. Une lecture d'été, vraiment? Oui, parce qu'il n'y a pas de saison pour les chefs-d'oeuvre. Oui, parce qu'il faut du temps pour s'imprégner des émotions que provoque cette histoire dure et pleine de lumière à la fois. Mille soleils splendides, comme mille mots qui valent plus que bien des images... Jonathan Custeau (La Tribune)
Khaled Hosseini, Mille soleils splendides (Éditions 10/18)
Des soleils pour tout le monde
Je préfère généralement les romans aux récits. Mais avec Dominique Lapierre, journaliste et romancier français, les deux formats ne sont pas très loin. Dans ce livre, pas d'intrigue historique à la Paris brûle-t-il? ni de missionnaire extraordinaire comme dans La cité de la joie, deux des bestsellers de l'auteur qui ont pris vie au cinéma. Mille soleils est plutôt un concentré de rencontres (torero, gangster, sauveur d'éléphants...) et d'anecdotes glanées au fil de la prolifique carrière de Dominique Lapierre. Son point de départ, un proverbe indien lu sur un mur lors d'un de ses nombreux voyages : «Il y a toujours mille soleils à l'envers des nuages.» Optimiste, mais pas cucul. C'est un livre d'été parfait car chacun des 15 chapitres s'autosuffit. Vous en bouclez un, puis vous faites la sieste, la fête ou rien du tout. Puis vous recommencez. À ne pas confondre avec Mille soleils splendides, deuxième roman de l'auteur d'origine afghane Khaled Hosseini. Ce ne serait pas un mauvais choix non plus, mais c'est plus long avant de voir la lumière au bout du tunnel.  Annie Morin (Le Soleil)
Dominique Lapierre, Mille soleils (Robert Laffont)
Entre le bois et la ville, mon coeur balance
Écrit par un citadin en quête de grand air, Terre à bois saura plaire à ceux qui ont vécu en ville et en campagne et qui s'amusent à comparer les deux univers. Le personnage principal est un rédacteur publicitaire dont la vie amoureuse et professionnelle est à la dérive. La vie met un vieil ermite sur sa route et quelques semaines plus tard, il décide de quitter Québec pour devenir propriétaire d'une montagne dans les Appalaches. Il croit pouvoir donner un sens à son existence et trouver un rythme de vie paisible. Mais c'était avant de découvrir toutes les luttes de pouvoir et vieilles rancunes qui grouillent parfois sous le couvert bucolique d'un petit patelin. Écrit dans un langage parfois cru, Terre à bois met en scène des personnages loufoques, de bons vivants de la campagne poussés à l'extrême. Ce roman au rythme enlevant pose un regard critique et humoristique sur la réalité d'un gars de la ville qui arrive au village. Patricia Cloutier (Le Soleil)
Sylvain Hotte, Terre à bois (Goélette)
Fais ça court
Il y a deux types de lecteurs estivaux : ceux qui veulent du costaud et ceux qui préfèrent plus court. J'ai un auteur parfait qui convient aux deux : Russell Banks. Au fil des ans, l'homme s'est taillé une place au panthéon des grands auteurs américains contemporains auprès des Roth, Auster, Bellow et Mailer avec ses romans épiques comme Pourfendeur de nuages (1998). Pour ceux qui ne le connaissent pas, je vous recommande Un membre permanent de la famille (2015). Le recueil de 12 nouvelles intenses se dévore avec avidité, même si les thèmes abordés sont loin d'être légers. C'est justement l'avantage. On peut poser (pauser?) le livre et digérer en vaquant aux activités usuelles l'été. Pour se changer les idées, puis pouvoir mieux réfléchir à ce que l'écrivain nous confie sur ceux qui nous entourent - on n'est pas obligé de bronzer idiot... Russell Banks cisèle chaque phrase. Résultat : il est rare d'être aussi éloquent avec si peu de mots.  Éric Moreault (Le Soleil)
Russell Banks, Un membre permanent de la famille (Actes Sud)
Touchante plongée dans la Deuxième Guerre mondiale
Je l'ai déjà recommandé à Chantale, à Julie, à Mario, à Marie-Michèle; Toute la lumière que nous ne pouvons voir, c'est LE roman historique à glisser dans votre panier à pique-nique cet été. Un (petit) pavé de 609 pages (en gros caractère d'imprimerie) débordant de douceur, d'amour, de violence, d'espoirs. Nul besoin d'être un maniaque de la Deuxième Guerre mondiale; tous les lecteurs peuvent tomber sous le charme de Marie-Laure, adolescente aveugle, assiégée à Saint-Malo, et de Werner, jeune Allemand, capable de décrypter les ondes radio. Leurs destins, touchants et tristes, coulent en parallèle, dans de courts chapitres, jusqu'à l'ultime carrefour. Les péripéties se multiplient au rythme de la guerre, mais aussi d'une quête pour un diamant bleu maudit. L'écriture de Doerr est un bijou de sensibilité et de clarté. On ressent presque physiquement les douleurs des résistants, les tourments des envahisseurs. On en veut encore! Isabelle Mathieu (Le Soleil)
Anthony Doerr, Toute la lumière que nous ne pouvons voir (Albin Michel)
Dérangeante poésie
Chaque matin d'été, lire le Tabloïd de Mathieu K. Blais, parce que quand le soleil de juillet et le rhum des terrasses animées vous ramolissent le dedans, c'est encore là que les claques sur la gueule et les coups de pied au cul portent le plus. Parce que c'est là, pendant que le train-train est en gare qu'on a le loisir de regarder autour pis de dire «Wô! J'débarque!» Recueil de poésie rentre-dedans, Tabloïd est l'oeuvre d'un poète rentre-dedans, un type à l'humour douteux, à l'oeil vif et aux regards acérés sur le quotidien, les âmes et les hommes aussi perdus que perdants. Publié en 2015 au Quartanier, Tabloïd se lit presque à la pige, au hasard. On ne sera même pas offusqué de tomber deux jours de suite sur le même poème si c'est ce que le hasard a en tête, ça nous permettra de réfléchir deux fois plutôt qu'une en refermant les pages et les yeux sur la plage. De toutes façons, tous les poèmes commencent par la même formulation, «Chaque matin...», ce qui met bien en place la redondance des choses de la vie. Alors aussi bien redonder la dérangeante poésie aussi, été comme hiver, et celle de Mathieu K. Blais tout particulièrement. Sonia Bolduc (La Tribune)
Mathieu K. Blais, Tabloïd (Le Quartanier)
L'envers du régime iranien
La cage dorée. Ce n'est pas le titre qui a attiré mon attention, alors que je bouquinais dans une librairie d'occasion. C'est le nom de l'auteure, Shirin Ebadi, Prix Nobel de la paix. Je me suis dit qu'elle avait sans doute quelque chose d'intéressant à raconter. Dans un pays où les droits de l'homme nous semblent parfois acquis (et pourtant!), il est toujours fascinant de voir à quel point certains régimes peuvent vivre dans l'opacité. On frisonne, parfois, en lisant le livre de Shirin Ebadi, en plongeant dans les injustices du régime iranien, duquel on a l'impression d'être à des années-lumière. La cage dorée raconte l'histoire de deux amies, Shirin et Pari, dont les parcours seront bouleversés par l'arrivée de la République islamique. On découvre les dérives du régime iranien, notamment à travers le destin des trois frères de Pari. Shirin Ebadi, qui raconte des pans de son histoire à travers ce livre, manie la plume de façon à ce que nous avons l'impression de voir les personnages évoluer sous nos yeux. Comme si nous étions là, avec eux, en Iran, et subissons leurs tourments. Première femme présidente du tribunal de grande instance de Téhéran, l'avocate est aujourd'hui réfugiée à Londres, après avoir été menacée de mort et emprisonnée.  Isabelle Pion (La Tribune)
Shirin Ebadi, La cage dorée (L'Archipel)
Refaire l'histoire
Qui n'a pas rêvé de retourner dans le passé afin d'en réécrire certains chapitres afin de changer son présent ou même de refaire l'histoire?  C'est la trame principale de 22-11-63 écrit par Stephen King et publié en 2011, un roman où l'auteur n'a rien laissé au hasard. Il s'est documenté sur la vie quotidienne des Américains au tournant des années 60 et il a lu des théories conspirationnistes sur l'assassinat de John F. Kennedy. Il s'est même rendu à Dallas visiter les lieux où se situe l'action de son roman. 22-11-63 raconte l'histoire d'Al Templeton, propriétaire d'un casse-croûte, qui a découvert une porte temporelle lui permettant de retourner en 1958. Il décide d'empêcher l'assassinat de Kennedy. Souffrant d'un cancer du poumon, Templeton doit renoncer à son projet, mais il convainc son ami Jake Epping de réaliser la mission. Mais attention! Le temps résiste au changement. Salué par la critique, le roman n'a rien à voir avec la télésérie en ondes l'année dernière. Et bien qu'il fasse plus de 900 pages dans son édition originale, il garde le lecteur en haleine jusqu'à la fin. Un excellent compagnon de vacances.  Jean-François Tardif (Le Soleil)
Stephen King, 22-11-63 (Albin Michel)
Écrivez-nous
Vous avez un livre à suggérer comme lecture d'été? Écrivez-nous d'ici le 30 juin à clubdelecture@gcmedias.ca en prenant bien soin d'écrire le nom du livre, de l'auteur, une courte appréciation, ainsi que votre nom et votre lieu de résidence. Nous publierons vos choix dans les prochaines semaines.