Érika Soucy se qualifie de «lectrice instinctive».

Salon du livre: bouquiner avec... Érika Soucy

(2e de 4) Vous êtes nombreux à bouquiner cette semaine alors que se tient jusqu'au 17 avril le Salon international du livre de Québec. Le Soleil a invité quatre auteurs à lever le voile sur leurs habitudes de lecture et à partager leurs coups de coeur littéraires. Rencontre avec Érika Soucy, poète de la relève de Québec.
Dans le bain ou dans la causeuse «très, très confortable» de sa salle de lecture, quand Érika Soucy s'arrête pour lire, c'est toujours reposant. La maman de 28 ans profite souvent de la sieste du matin sa fille de huit mois pour le faire. «À chaque fois, c'est un moment pour moi. Ça peut être très bref, mais c'est du temps de qualité», lance-t-elle.
L'auteure se qualifie de «lectrice instinctive». «Souvent, je vais marcher sur la rue, je vais passer devant [Librairie] Pantoute, je vais entrer à l'intérieur et je sais jamais avec quoi je vais ressortir. C'est vraiment au feeling», raconte-t-elle.
Elle se dirige d'abord vers la section poésie de la librairie, à la recherche d'un nouvel auteur, d'un vers qui va l'attirer. Si son fils de cinq ans l'accompagne, il ressortira lui aussi avec un album illustré à lire le soir, avant de se coucher.
Pour choisir ses romans, Érika Soucy avoue «accorder beaucoup d'importance» aux commentaires de ses amies sur Facebook.
Malgré son jeune âge, Érika Soucy ne jure que par le papier. Elle aime sentir les livres, les toucher, les soupeser, admirer la couverture, analyser la typographie. «Je vois pas le jour où je vais avoir une liseuse et passer au numérique.»
Ses coups de coeur
Marianne Dubuc
Le lion et l'oiseau est le livre préféré du garçon d'Érika Soucy. Il raconte l'histoire d'amitié entre un lion et un oiseau migrateur. Les dessins sont immenses, et il y a très peu de mots sur chaque page. «La première fois qu'on l'a feuilleté ensemble, mon garçon a pleuré», soutient l'auteure.
Carole David
La poète d'expérience inspire grandement Érika Soucy. «L'année de ma disparition» raconte l'absence dans une langue très actuelle, dit-elle. «Il y a très peu de livres dans la vie qui m'enseignent des choses, mais celui-là m'a redonné confiance en l'avenir en tant que femme poète.»
Simon Roy
Ma vie rouge Kubrick s'inspire du film Shining de Stanley Kubrick. Pas besoin de connaître le film par coeur toutefois pour apprécier le livre très touchant, assure Érika Soucy. L'auteur se sert plutôt du film comme d'un tremplin pour s'ouvrir et raconter de larges pans de son existence, de son drame personnel.
Les murailles
Premier roman pour Érika Soucy, Les murailles est né de son expérience d'une semaine comme observatrice au chantier hydroélectrique La Romaine. Son père l'a fait passer pour une commis de bureau et elle a ainsi pu se mêler aux travailleurs.
«Mon père, mais aussi tous les hommes de la famille, mon frère, mes cousins, mes oncles, ont toujours travaillé dans les grands chantiers de l'Hydro. [...] Quand j'étais petite, mon père partait 80 jours et revenait 20 jours à la maison», raconte la jeune femme originaire de la Côte-Nord.
C'était pour mieux comprendre son quotidien qu'elle a voulu l'accompagner. Une fois son manuscrit en main, elle l'a aussi fait relire par plusieurs travailleurs du Nord. Ce qui a donné un livre au langage cru, aux chapitres courts. «Pour moi, c'était très important de m'adresser à ces gens-là.»
Érika Soucy rencontrera ses lecteurs jeudi, de 19h à 20h30, vendredi de 13h30 à 15h et de 16h30 à 18h, samedi de 10h à 11h30 et dimanche de 15h à 16h30, au kiosque 217
Demain: Bouquiner avec... Catherine Girard-Audet