Le directeur de la maison d'éditions Glenat, Jean Paciulli, reçoit le Grand prix d’Angoulême au nom de la mangaka Rumiko Takahashi.

Rumiko Takahashi lauréate du Grand prix d’Angoulême

ANGOULÊME — La mangaka Rumiko Takahashi, l’une des auteures majeures du manga, un genre particulièrement mis en avant à l’occasion du 46e festival de la BD, a remporté mercredi le Grand prix de la ville d’Angoulême pour l’ensemble de son œuvre.

Rumiko Takahashi, 61 ans, est seulement la deuxième femme à remporter ce prix prestigieux (décerné par l’ensemble de la profession) après Florence Cestac en 2000 (Claire Bretécher était arrivée ex æquo avec Jean-Claude Forest en 1983).

La quasi-absence de femmes parmi les Grands prix, voire parmi les nommés, a longtemps entaché le festival d’Angoulême. En 2016, indigné par l’absence de femmes dans la sélection, Riad Sattouf avait choisi de céder sa place à des femmes, dont une certaine... Rumiko Takahashi.

Avant elle, un seul autre mangaka, Katushiro Otomo (Akira) avait remporté le Grand prix d’Angoulême.

La consécration de la mangaka japonaise intervient alors que le festival international de la BD d’Angoulême (FIBD), qui ouvre ses portes jeudi, a décidé de mettre l’accent sur le manga, un genre qui a le vent en poupe.

200 millions d’exemplaires

La dessinatrice japonaise est l’un des auteurs les plus lus au monde avec plus de 200 millions d’exemplaires de ses mangas vendus. Au total, toutes séries confondues, elle a publié près de 200 tomes.

Formée à l’école de Kazuo Koike (Lone Wolf & Cub), elle est notamment l’auteure des séries Ranma 1/2, Urusei Yatsura ou encore de Maison Ikkoku.

Publiée entre 1978 et 1987, sa première grande série, Urusei Yatsura (34 tomes en v.o. et 18 tomes disponibles en français), met notamment en scène Lamu, la fille du chef d’une bande d’extraterrestres ayant eu la curieuse idée d’envahir notre planète.

La série a été produite en version animée sous le titre Lamu.

En 1980, Takahashi commence Maison Ikkoku (15 tomes en v.o., 10 en français), une grande saga romantique mettant en scène une jolie veuve de 22 ans, tenancière de la résidence Ikkoku. Une série animée inspirée du manga sera diffusée dans le monde francophone sous le titre Juliette, je t’aime.

Avec Mermaid Forest (Glénat) en 1987, Takahashi aborde un registre plus dramatique, nous contant la sombre destinée de l’immortel Yuta.

Mais son plus grand succès est sans conteste Ranma 1/2 (38 tomes, Glénat), série culte démarrée également en 1987.

Ce manga, cocktail détonnant de gags, quiproquos et combats d’arts martiaux, offre également une réflexion inédite et subtile sur la notion de genre. Jeune garçon, Ranma se transforme en fille au contact de l’eau froide...

De 1996 à 2008, elle élabore InuYasha, sa série la plus ambitieuse et la plus éclectique — 56 volumes — mêlant l’heroic fantasy et la romance, l’horreur et la fiction historique. Cette saga au long cours paraît chez Kana à partir de 2002.

Sa dernière œuvre, Rinne (série en 40 tomes), racontant l’histoire d’une fillette pouvant voir des fantômes, est publiée en France chez Kaze.

Comme lauréate du Grand prix, Rumiko Takahashi devra réaliser l’affiche de la prochaine édition et préparer une exposition rétrospective de son œuvre.

Elle était en lice avec l’Américain Chris Ware et le Français Emmanuel Guibert, tous deux déjà finalistes malheureux l’an dernier. Elle succède à l’Américain Richard Corben.

Le Fauve d’or, qui récompense le meilleur album de l’année, sera décerné samedi.