Plusieurs des auteurs présents au Salon du livre, dont Bryan Perro (deuxième à partir de la droite), portent le macaron de Copibec, qui est en campagne pour mobiliser les auteurs au sujet de l’examen de la Loi sur le droit d’auteur actuellement en cours à Ottawa.

Mobilisés pour les droits d’auteur

Les nombreux visiteurs du Salon du livre de Québec ont pu voir plusieurs des auteurs présents porter le macaron de Copibec ou distribuer des signets et de la documentation de cet organisme sans but lucratif qui gère les droits d’auteur au Québec. L’organisme est présentement en campagne pour mobiliser les auteurs au sujet de l’examen de la Loi sur le droit d’auteur présentement en cours à Ottawa et dont des modifications apportées en 2012 ont amené une baisse significative des revenus de droits d’auteur.

Selon Copibec, l’introduction de l’éducation aux champs applicables des exceptions d’utilisation équitable en 2012 a eu plusieurs effets néfastes. Depuis, la presque totalité des établissements d’enseignement hors Québec a cessé de rémunérer les auteurs pour la reproduction de leurs oeuvres alors qu’au Québec, le montant des redevances a beaucoup diminué, passant en moyenne de 25 $ par étudiant à temps complet en 2012 à 13,50 $ sept ans plus tard. «Les négociations avec les cégeps et les écoles primaires et secondaires du Québec reprennent en 2020 et en 2021 avec les universités et on sent qu’elles seront difficiles si la loi ne change pas», explique Frédérique Couette, directrice générale de Copibec.

Copibec estime qu’il n’était pas dans l’intention du législateur, à l’époque le gouvernement conservateur de Stephen Harper, d’en venir à ce que plus aucune institution scolaire ne paie des redevances, et encore moins que les ministères de l’Éducation des autres provinces enclenchent des poursuites totalisant 30 millions $ contre les auteurs et éditeurs, car ils estiment avoir trop versé de redevances par le passé.

Perro au front

Bryan Perro, auteur de la populaire série jeunesse Amos Daragon, portait le macaron de Copibec en appui à l’organisme et aux autres auteurs. «L’impact financier est bien sûr moins important pour moi, car je vends beaucoup de livres et que j’ai des traductions à l’étranger. Par contre, ce n’est pas seulement une question d’argent, c’est aussi une question de respect et de principe», a-t-il expliqué au Soleil.

«Personne ne veut travailler sans être payé. Nous comprenons que les établissements d’enseignement ont des moyens limités, mais est-ce que ce sont les auteurs qui doivent en faire les frais? Les redevances de Copibec, ça ne te fera pas acheter un condo au Mexique. Ce n’est pas beaucoup d’argent, mais pour un auteur qui débute, ça peut changer le mois, ça peut payer quelques factures, te permettre de changer tes pneus d’hiver», illustre-t-il.

«Mon premier roman, j’en ai vendu 133 copies seulement! Ensuite, j’ai eu une petite bourse du Conseil des arts et ça m’a donné envie de continuer. J’en ai écrit un autre et j’ai eu une deuxième bourse et après ça, j’ai fait Amos Daragon. Souvent, c’est une petite reconnaissance qui te permet de continuer comme auteur et c’est ça, les redevances pour droits d’auteur. De plus, est-ce que c’est possible d’arrêter de quêter et d’avoir ce qu’on nous doit?» demande Bryan Perro.

Frédérique Couette évalue que les redevances de Copibec peuvent aller de quelques centaines de dollars à quelques milliers de dollars pour les auteurs québécois. «C’est très fréquent que des auteurs nous appellent pour savoir quand ils auront leur chèque. C’est important pour eux et ils ont vu leurs revenus provenant de cette source fondre depuis les modifications à la loi», termine-t-elle.