C'était jour de fête dans les librairies des quatre coins du Québec qui présentaient, vendredi, la troisième journée Le 12 août, j'achète un livre québécois.

Les librairies envahies pour la journée du livre québécois

Les lecteurs ont de nouveau envahi les librairies vendredi pour la journée Le 12 août, j'achète un livre québécois. Un simple événement Facebook qui est en voie de devenir une tradition.
«L'idée est venue d'une conversation à 10h [22h] un vendredi soir. On l'a essayée, et ça a marché. Avoir su, on l'aurait fait avant!» lance l'auteure Amélie Dubé, de Rimouski, qui est à l'origine de l'initiative avec son ami et auteur Patrice Cazeault, de Granby.
Pour cette troisième année, les libraires de partout au Québec s'étaient préparés à recevoir de la visite. La librairie Pantoute avait invité l'illustratrice Estelle Bachelard à faire de la «BD reportage» dans ses deux succursales de Québec.
À la Librairie du Quartier, sur l'avenue Cartier, tous les livres québécois ont été placés bien en évidence sur les tables, le tout agrémenté de ballons. «Pour nous, ça s'apparente à une grosse journée de vente du temps des Fêtes, mais en plein été», commente Gabrielle Barbeau-Bergeron, employée de la Librairie du Quartier. L'auteure Claude-Emmanuelle Yance s'est aussi livrée à une séance de signatures en soirée.
Des égoportraits
Sur les réseaux sociaux, de nombreux participants ont publié des égoportraits avec leurs nouveaux livres ou une photo de leurs couvertures.
Pourquoi avoir choisi le 12 août? Simplement parce que c'est à cette date que Patrice Cazeault a appris qu'il serait publié pour la première fois, devenant ainsi officiellement un auteur. «De la littérature québécoise, il y a en beaucoup. Mais souvent, les gens n'ont pas d'espace en librairie ou n'ont pas les moyens de se faire connaître», soutient Amélie Dubé, qui a ainsi voulu remédier à la situation... l'espace d'une journée.
L'engouement est tellement fort autour de cet événement ponctuel que les deux auteurs comptent bien le répéter au cours des prochaines années.
Dès la première édition, en 2014, cette journée d'achat de livres québécois a connu un vif succès et a fait grimper les ventes de 47 % en librairie. L'an dernier, les libraires québécois ont pratiquement doublé leurs ventes ce jour-là, soutient Mme Dubé.
Reste que ces beaux résultats ne compensent pas la diminution constante d'achat de livres neufs. Les ventes au Québec ont baissé de 9,5 % entre 2013 et 2014, selon les données de l'Observatoire de la culture et des communications du Québec. Et elles ont baissé de nouveau de 2,29 % l'année suivante, pour s'établir à 608 millions $ en 2015.
En chiffres
47 %
Augmentation des ventes de livres québécois lors de la première journée Le 12 août, j'achète un livre québécois tenue en 2014
9,5 %
Diminution des achats de livres neufs au Québec entre 2013 et 2014
2,29 %
Diminution des achats de livres neufs au Québec en 2015