Le Caillou d'Hélène Desputeaux, de la maison d'édition desputeaux + aubin, restera toujours un bébé, comme à ses origines.

Les deux Caillou du Salon

Ces jours-ci au Salon international du livre de Québec, il y a deux Caillou. Il y a celui, archiconnu, qu'on voit à la télé, bien en vue au kiosque des Éditions Chouette. Et il y a l'autre, celui d'Hélène Desputeaux, qui travaille depuis 10 ans à lui donner une vie différente avec sa maison d'édition, desputeaux + aubin.
Le personnage de Caillou des Éditions Chouette
Au premier coup d'oeil, on dirait qu'il s'agit du même personnage. Mais celui des Éditions Chouette est plus vieux et porte un couvre-chef. Celui d'Hélène Desputeaux, sur lequel elle a regagné ses droits en 2005 après une longue saga judiciaire, restera toujours un bébé, comme à ses origines.
«Les gens voient la différence graphique. Les premières années, je devais expliquer beaucoup», raconte l'illustratrice originaire de Québec, qui habite maintenant Beloeil. «C'est sûr que les gens font le lien avec la télé, mais ils voient bien que ce sont deux choses différentes. Je leur explique que je fais des livres papier, que c'est le Caillou d'origine, qui a 27 ans maintenant», poursuit Hélène Desputeaux.
N'empêche, l'artiste éprouve toujours un petit pincement quand elle entre dans un Salon du livre et qu'elle voit le kiosque de l'autre Caillou. «Toujours», insiste-t-elle. «Mais j'essaie de me concentrer sur ce que je fais. Je suis très sereine là-dedans. Je suis une créatrice, j'avance, de toute façon», explique-t-elle.
Hélène Desputeaux a longtemps disputé la maternité du petit bonhomme à Christine L'Heureux et sa maison d'édition. Après de longues et complexes procédures judiciaires, un règlement est intervenu entre les deux parties en 2005. C'est ce qui a permis à l'illustratrice et son conjoint de repartir à neuf avec le Caillou «d'origine». Les Éditions Chouette, elles, ont pu continuer d'utiliser le personnage, mais dans sa version plus vieille, qui avait été créée à partir des dessins d'Hélène Desputeaux. D'où la coexistence des deux Caillou, qui se remarque toujours plus dans des évènements comme le Salon du livre.
Question de respect
Mais voilà, Hélène Desputeaux n'a toujours pas l'esprit tranquille. Il y a trois ans, elle est retournée devant les tribunaux, pour des questions légales. «Je trouvais que l'entente n'était pas respectée», justifie-t-elle. «C'est mon oeuvre, est-ce qu'on peut le reconnaître une fois pour toutes? C'est une question de respect. J'ai fait ça pendant 27 ans. Je vais à l'épicerie et à la pharmacie, je vois des trucs avec mes images et on ne m'a informée de rien. Combien de poupées ont été faites? Je ne sais rien. Combien de films? Je ne sais rien. Un moment donné, il va falloir que les choses soient claires pour que ça finisse et que je puisse avancer la tête tranquille», lance l'illustratrice.
Pour l'instant, les parties sont en attente d'une date pour la suite des procédures judiciaires. «Mais je continue de créer quand même. Je n'arrête pas», promet-elle, déterminée.