Gilles Archambault

Le meilleur de la littérature

1) La rencontre marquante de Gilles Archambault

Pour beaucoup, il a marqué les esprits à la radio, comme féru de jazz. Pour d’autres, ce sont ces romans qui ont laissé une marque indélébile. Gilles Archambault ne laisse personne indifférent. Je garderai toujours un souvenir fort du long entretien qu’il m’a donné, en début d’année, après la publication de son recueil de nouvelles Combien de temps encore?. L’œil vif, amusant et charmeur, en même temps extrêmement lucide et prompt à se remettre en question: l’homme de 84 ans a une aura particulière. Là, on le sent sûr de sa réponse, joliment tournée; puis, il se dédit d’aussi belle façon, avec une humilité désarmante. Sa présence médiatique se fait rare, mais quand il sort de sa réserve, ses propos sur la vieillesse et l’amour sont d’une grande richesse.

2) La rencontre étonnante d'Amélie Nothomb

Rencontrer Amélie Nothomb dans une chambre au sommet du Château Frontenac et partager un verre de champagne avec elle? Ce métier nous réserve toujours des surprises! L’iconoclaste écrivaine belge, venue comme invitée d’honneur au Salon du livre de Québec, n’a pas manqué de faire tourner les têtes et d’attirer de très nombreux admirateurs. Assurément un moment fort de l’évènement cette année. Amélie Nothomb est aussi divertissante en vrai que dans ses livres; ses personnages ne sont jamais bien loin d’elle, et elle ne s’en cache pas le moins du monde. Au printemps, elle avait dans sa besace Riquet à la houppe, une reprise moderne du conte abordant la beauté et la laideur; cet automne, fidèle à son habitude annuelle, elle a publié Frappe-toi le cœur, une exploration de la maternité. 

3) Le livre étranger: L’âme des horloges — David Mitchell

Quel livre époustouflant! Il faut s’attacher comme il faut avant de sauter dans le costaud L’âme des horloges, de David Mitchell (Alto pour la traduction française). C’est du lourd, mais dans le bon sens du terme: une épopée à travers quatre époques, depuis les années 1980, dans l’Angleterre ouvrière, jusqu’aux années 2040, dans un monde complètement éclaté, mais plausible quand on y pense – avec un frisson dans le dos. On y suit le destin d’Holly Sykes, une adolescente britannique, qui se retrouve malgré elle mêlée à une guerre dans un univers parallèle. Une part du récit plonge dans le fantastique, oui, mais ce n’est pas racoleur pour deux sous. En plus, le livre est en soi un objet magnifique. Du bonbon. 

4) Le livre québécois: Le cri de la sourde — Sylvie Nicolas

Un coup de cœur tardif, que je viens tout juste de terminer: Le cri de la sourde, de Sylvie Nicolas (Druide). L’auteure de Québec nous plonge dans un roman à la fois intimiste et collectif, où sa relation avec sa mère se mélange à ses souvenirs de la petite communauté près de Matane où a été élevée sa mère et où elle a passé ses étés d’enfance. Un endroit peuplé de personnages uniques, qu’elle sait rendre avec un mélange de tendresse et de vivacité, mais sans complaisance, à travers leurs côtés plus sombres aussi. Il y a quelque chose du roman d’époque, mais sans l’embellie folklorique ou le sentimentalisme qu’on y trouve parfois. Une voix à la fois simple et évocatrice, au souffle puissant, mais pas emberlificotant. Un coup de cœur, vraiment, qu’on sent venir de très près du cœur de l’auteure. 

5) Le livre que j’aurais dû lire: Le plongeur — Stéphane Larue

Le plongeur, de Stéphane Larue

Je déborde ici un peu de l’année 2017, Le Plongeur ayant été publié à l’automne 2016. Mais il en va ainsi dans le cycle de vie des livres: la saison des prix littéraires redonne parfois un nouvel élan à des œuvres l’année suivante. Cette année, c’est Le plongeur, de Stéphane Larue (Quartanier), qui a connu une belle courbe ascendante. Le récit, aux racines autobiographiques, s’intéresse à un plongeur de restaurant, aussi joueur compulsif, qui atteindra le fond du baril. On n’en a dit que du bien autour de moi; il a remporté le Prix des libraires cette année. Le roman serait aussi porté au grand écran par le réalisateur Francis Leclerc. Voilà donc une première résolution pour 2018: lire Le plongeur!