Emil Ferris a conçu son ambitieux ouvrage après avoir survécu à une méningo-encéphalite contractée après s’être fait piquer par un moustique.

Le grand prix de la critique BD à Emil Ferris

PARIS — L’Américaine Emil Ferris a reçu lundi en France le grand prix de la critique BD pour son album «Moi ce que j’aime, c’est les monstres — livre premier», remis par l’association ACBD qui rassemble les journalistes et critiques français de bande dessinée.

Sorti en août, l’ouvrage publié aux éditions Alto au Québec est le premier roman graphique d’Emil Ferris. Dans cet album puissant, au dessin réalisé au stylo-bille et au feutre, elle brasse les époques et les récits, d’inspiration autobiographique. Contant l’enfance d’une fillette des années 60 dans un quartier miséreux de Chicago, la jeune Karen fait chaque jour face à l’horreur et à la souffrance, et se représente en monstre.

Quand sa voisine Anka, survivante de la Shoah, meurt dans d’étranges circonstances, elle décide d’enquêter. L’occasion pour l’auteure de plonger ses lecteurs au cœur de Allemagne nazie.

L’artiste américaine a réalisé son album pendant ses quatre années et demie de convalescence, à la suite d’une méningo-encéphalite contractée après s’être fait piquer par un moustique.

L’album récompensé est en lice pour le prix du meilleur album au festival international de la bande dessinée d’Angoulême, en France, qui sera décerné fin janvier.

Il a également été sélectionné parmi les «100 livres de l’année» du magazine français Lire

En juillet, il a été distingué par trois Eisner Awards au Comic-con de San Diego, dont meilleur album et meilleur auteur.

L’an dernier, le grand prix ACBD avait été décerné à l’artiste italien Gipi pour La terre des fils (Futuropolis).