À la librairie Pantoute, sur la rue Saint-Joseph, on s’attendait à atteindre un chiffre d’affaires trois fois supérieur à la normale, dimanche.

La folie du 12 août pour le livre québécois

La cinquième édition du mouvement «Le 12 août, j’achète un livre québécois» est un succès sur toute la ligne. Les librairies ne sont pas loin de réaliser le même chiffre d’affaires que pendant les Fêtes.

Jointe par téléphone vers 16h30, la librairie indépendante Pantoute, sur la rue Saint-Joseph, s’attend à réaliser un chiffre d’affaires trois fois supérieur à la normale à la fermeture à 21h.

«C’est quasiment la même folie que pendant les Fêtes. On a beaucoup de monde. C’est une journée importante pour nous, mais aussi pour le livre québécois», a commenté le libraire Donald Servais.

Parti d’une simple invitation lancée par Patrice Cazeault et Amélie Dubé, deux auteurs souhaitant insuffler un peu de vie dans le marché du bouquin, le mouvement «Le 12 août, j’achète un livre québécois» est devenu «viral» dans le jargon virtuel, puis véritable tradition dans le monde réel, dont le secteur de l’édition ne pourrait plus se passer.

«La vente des livres québécois a explosé. Plus les gens lisent un livre québécois, plus ils ont envie d’en lire», a soutenu le libraire.

«Le 12 août, c’est une journée, mais on veut que ça ait un effet sur toute l’année. Il y a cinq ans on allait dans les librairies et on cherchait les livres québécois, là, à longueur d’année ils sont mis en valeur», a observé Patrice Cazeault.

Selon M. Cazeault, le mouvement ne s’est pas essoufflé comme bien d’autres initiatives éphémères dopées par les médias sociaux, parce qu’il s’est détaché du virtuel pour s’ancrer dans le réel.

«La page Facebook a de moins en moins de clics, alors que l’événement a de plus en plus de succès, c’est carrément devenu une tradition», a souligné celui qui gère encore la page de l’événement avec son amie Amélie.

Un mouvement lucratif

Gaspard, le système d’information sur les ventes de livres au Québec, a produit un rapport l’an dernier pour mesurer les retombées du «12 août».

Les conclusions sont spectaculaires, alors que les ventes totales de livres ont augmenté de 175 % par rapport à une journée normale de la période estivale.

En ce qui concerne les livres québécois en particulier, les ventes ont explosé de 398 %.  Avec La Presse canadienne