Humanité et espoir grâce à l'architecture

Pierre Thibault signe un livre à quatre mains avec le journaliste François Cardinal intitulé Et si la beauté rendait heureux. Écrit sous la forme d'un dialogue et édité comme un carnet, ce livre réfère aux thèmes chéris par l'architecte de Québec : la douceur, la contemplation, la nature, la rencontre.
«Un environnement bien pensé fait ressortir l'humanité en chacun de nous.» Tirée du chapitre sur Copenhague, la ville de prédilection de Pierre Thibault, «la ville du bonheur», cette phrase résume l'essence de l'ouvrage.
«J'avais en tête un livre qui s'adressait aux élus, car ils ont une très grande influence sur nos vies», a-t-il expliqué au Soleil par courriel. «Je voulais leur dire de penser au-delà des chiffres, et que la beauté crée du bonheur.»
L'architecte et le journaliste emmènent le lecteur dans cinq lieux, dont quatre créés ou aménagés par Thibault : sa résidence de la Côte-de-Beaupré, son condo de Montréal, les Abouts (la maison qu'il a conçue dans les Bois-Francs il y une dizaine d'années) et l'abbaye de Saint-Jean-de-Matha.
Les deux hommes échangent avec érudition et sensibilité, en citant des auteurs et des architectes, en évoquant les villes qu'ils ont visitées et en abordant l'architecture par ce qu'elle a de secret et d'intime, soit ses vides, ses silences, sa douceur. «Il faut du vide dans l'espace privé et dans l'espace public, comme dans la musique en quelque sorte : une mélodie n'est pas qu'un ensemble de notes, c'est un joyeux mélange de sons et de silences.»
Interrogé sur sa vision de la ville de Québec, Pierre Thibault répond qu'elle est «un concerto». «Il ne faut pas en créer un autre par dessus qui va créer la cacophonie. Il faut poursuivre l'histoire, relier tous les parcs, créer une déambulation fluide avec des transports en commun efficaces, des réseaux piétons et cyclables. Ça ne coûte pas cher. Il faut juste un peu d'imagination et un désir d'améliorer la vie des citoyens.»
À Copenhague, écrivent les deux auteurs, les cyclistes en profitent pour jaser quand ils attendent le feu vert. «Voilà ce qui distingue Copenhague, ce qui la rend si fabuleuse et heureuse : l'interaction humaine qu'elle favorise.»
Et si la beauté rendait heureux est un livre qui fait du bien, qui donne espoir et qui élève la pensée. Pierre Thibault l'a illustré lui-même avec ses croquis à l'aquarelle.
PIERRE THIBAULT et FRANÇOIS CARDINAL. Et si la beauté rendait heureux, Les éditions La Presse, 201 pages, 2016