Différentes éditions du «Hobbit», traduit en plusieurs langues

Exposition majeure consacrée à Tolkien

LONDRES — L’université d’Oxford vient d’inaugurer l’une des plus riches expositions jamais consacrée à l’auteur du «Seigneur des anneaux», John Ronald Reuel Tolkien, phénomène de la littérature dont l’influence et la popularité restent au firmament.

Installée dans la bibliothèque bodléienne, la plus prestigieuse de l’université, l’exposition Tolkien: Maker of Middle-earth (Tolkien, créateur de la Terre du Milieu) rassemble des manuscrits, des cartes, des illustrations ou des objets ayant appartenu à l’écrivain britannique.

«Ce que nous voulions montrer, c’est le travail original de Tolkien, démonter les interprétations pour revenir là où tout a commencé», a expliqué à l’AFP la conservatrice Catherine McIlwaine. Car c’est à Oxford que Tolkien a passé la majeure partie de sa vie, avant d’y mourir, en 1973.

Les vitrines mettent en valeur les créations de l’auteur passionné de linguistique, depuis ses premières peintures abstraites et les contes écrits pour ses enfants jusqu’à certaines de ses œuvres publiées à titre posthume.

«Tolkien a toujours été un phénomène international, même de son vivant», estime Richard Ovenden, qui dirige la bibliothèque. «Et nous sommes la seule institution capable de monter une telle exposition: nous possédons, et de loin, la plus grande collections de documents de Tolkien.»

Une carte de la Terre du Milieu dessinée à la main par Tolkien

La bibliothèque de Bodley présente une large partie de la grande collection d’archives de l’écrivain dont elle dispose, aux côtés d’éléments interactifs comme la carte, en trois dimensions, de la fameuse Terre du Milieu.

Illustrations et manuscrits originaux 
Mais certaines des pièces majeures sont des prêts, notamment les illustrations originales et les rares manuscrits du roman Le Hobbit, qui avait fait connaître Tolkien en 1937, et de la trilogie du Seigneur des anneaux, publiée en 1954, et qui demeure son œuvre la plus célèbre.

Ces documents, présentés dans de surprenantes jaquettes conçues par Tolkien lui-même, ont été empruntés à l’université catholique américaine de Marquette, dans le Wisconsin, qui en avait fait l’acquisition dans les années 50.

La couverture de la première édition du «Hobbit»

Dans ses notes, on apprend notamment comment l’écrivain a fait évoluer le nom de ses héros: le célèbre magicien Gandalf s’appelait initialement Bladorthin.

«Ramener ces documents à Oxford pour la première fois depuis 60 est quelque chose d’extraordinaire», s’enthousiasme Catherine McIlwaine.

Elle estime qu’un tiers des 200 objets rassemblés pour l’exposition n’ont jamais été présentés au public auparavant.

La vie personnelle de l’auteur est aussi documentée, notamment son enfance et ses années étudiantes, sa carrière de chercheur en littérature ou sa vie de famille.

Son troisième enfant, Christopher, a également apporté de nombreuses pièces, dont le bureau et la chaise où Tolkien s’installait pour écrire.

Des courriers d’admirateurs sont exposés, parmi lesquels une lettre de l’écrivain britannique Terry Pratchett, connu pour ses romans fantastiques. Dans la missive, écrite alors qu’il avait 19 ans, il lui exprime sa «reconnaissance».

Des caractères elfiques présentés dans la section consacrée au «Seigneur des anneaux»

Expositions à New York et Paris
Né en Afrique du Sud, Tolkien a grandi dans la région de Birmingham, avant d’arriver à Oxford, à l’Exeter College, pour ses études.

Il a ensuite enseigné, en tant que professeur d’anglais et de lettres, au Merton College, où il se lia d’amitié avec plusieurs figures montantes de la littérature, dont l’écrivain britannique Clive Staples Lewis.

Et c’est également à Oxford qu’il est enterré, au cimetière de Wolvercote, où une multitude d’admirateurs viennent désormais fleurir sa tombe.

«Je pense qu’Oxford a contribué à forger le cadre qui lui a permis d’épanouir son génie littéraire», estime Richard Ovenden.

L’exposition se poursuit jusqu’au 28 octobre et donnera lieu ensuite à des déclinaisons à la Morgan Library and Museum, à New York, et à la Bibliothèque nationale de France, à Paris.

«La popularité de Tolkien ne semble jamais faiblir», en conclut Catherine McIlwaine.