Audrey Wilhelmy déployant ses minutieux carnets ornés de dessins et tout un arsenal d’herboristerie, puisqu’un des personnages de son prochain ouvrage s’adonne à cette science.

Cabinet de curiosités et autres friandises: collections de moments littéraires

CRITIQUE / Une carte postale qui porte les mots de Mélissa Verreault, une BD signée Paul Bordeleau, une photographie d’Audrey Wilhelmy, un poème du fantôme qui habite Mathieu Arsenault… On sort de Cabinet de curiosités et autres friandises avec une petite collection d’objets et de moments privilégiés avec les auteurs.

La soirée-concept remplace Œuvres de chair, qui a attiré un nombre de plus en plus grand de spectateurs pendant sept ans. Il n’y avait pas foule pour la première année du nouveau concept, mais c’était presque mieux ainsi, puisque chacun pouvait prendre le temps de s’entretenir avec les auteurs et que les moments d’attente ne s’éternisaient pas.

Le «speed dating» littéraire et les rencontres dans les chambres d’hôtel ont laissé place à un concept plus fluide, où les spectateurs pouvaient sillonner à leur guise la Brocante de l’étrange ou suivre l’un des six guides de la Tournée mystère, qui menaient des groupuscules dans des pièces de la Maison de la littérature, décorées pour l’occasion.

Le hasard nous a d’abord mené dans la salle numéro 3, où Mélissa Verreault avait disposé — reliés par un fil rouge — les cartes, frises du temps, tableaux et documents qui lui ont permis d’écrire le roman Les voies de disparition. «Bienvenue dans mon cerveau!» a-t-elle lancé en guise de bienvenue, avant de nous offrir du thé et de nous demander de choisir une destination (Italie, Québec…) pour sélectionner un extrait à nous lire.

«Bienvenue dans mon cerveau!» a lancé Mélissa Verreault au public en guise de bienvenue.

En arpentant la Brocante, on trouvait des lecteurs en grande conversation avec les auteurs attablés derrière le déploiement des objets qui représentent leur univers. Ouanessa Younsi éveillait les confidences en présentant ses cartes de fête et ses photos de famille. Audrey Wilhelmy déployait quant à elle ses minutieux carnets ornés de dessins et tout un arsenal d’herboristerie, puisqu’un des personnages de son prochain ouvrage s’adonne à cette science. La disposition des lieux se prêtait aux questions personnelles et aux témoignages d’admiration, sur fond de musique jazzée et de dégustation de bonbons.

Notre second essai de la Tournée mystère nous a mené à la Shop à bulles, transformée en scène de crime, où Paul Bordeleau, en bon enquêteur-bédéiste, faisait jouer en boucle un enregistrement de ses confidences et digressions à son journal intime.

Puis, nous avons assisté à un interrogatoire serré mené par Patric Saucier et Alain Beaulieu, dans l’esprit du roman L’interrogatoire de Salim Balfakir de ce dernier. Mathieu Arsenault nous conviait quant à lui à une séance de spiritisme, où le jeu Atmosfear (un classique des années 90) et ses confidences autour du décès de son amie l’auteure Vickie Gendreau créaient un mélange inusité de nostalgie et d’émotions.

Cette collection de moments littéraires et «halloweenesques», pour laquelle l’architecture néogothique de la Maison de la littérature convient tout à fait, a certainement le potentiel de rallier davantage de spectateurs à l’avenir.

Cabinet de curiosités et autres friandises était présenté samedi soir à la Maison de la littérature dans le cadre du festival Québec en toutes lettres.