La conteuse Arleen Thibault lance un livre-disque tiré de son spectacle Le Voeu.

Arleen Thibault: des planches aux pages

Depuis plus de deux ans, Arleen Thibault fait vivre son Voeu sur les scènes du Québec et de la France. Voilà maintenant que la conteuse de la capitale pousse l'aventure un peu plus loin en immortalisant sa galerie de personnages plus grands que nature dans un livre-disque publié aux éditions Planète rebelle.
Avec Le voeu, Arleen Thibault nous convie dans un immeuble à logements aux apparences tout ce qu'il y a de plus ordinaires, mais où il s'en passe des belles... Il y a des bruits qui s'enfuient, des vues qui se font voler et surtout un «laideux», créature certes pas très jolie, mais qui offrira de réaliser un souhait. Un seul. Le hic, c'est que les résidents du «bloc» devront se mettre d'accord sur ce qu'ils veulent demander.
«Je trouve que dans les contes de voeux, il y a beaucoup d'humour, évoque Arleen Thibault. Souvent, le personnage se fait avoir. Mais en même temps, il y a un deuxième sens, il y a un niveau de profondeur, il y a un niveau philosophique qui est intéressant là-dedans par rapport aux désirs qu'on porte et à la dynamique qu'on a par rapport à nos désirs. Souvent, on veut quelque chose. Mais si on l'a, on ne le veut plus. Et si on le perd, on le veut. Il y a quelque chose qui ne dure pas dans le temps par rapport à nos désirs. Et ça, les contes traditionnels l'illustraient déjà pas mal.»
«De petits nous»
Native de Québec, Arleen Thibault donne dans le conte depuis une quinzaine d'années, touchant d'abord au répertoire traditionnel avant de glisser vers le plus contemporain. «À un moment donné, j'ai commencé à me sentir là-dedans comme dans du linge trop petit, illustre-t-elle. J'avais le goût d'avoir un univers qui m'appartient et de pouvoir décoller là-dedans. J'ai décidé d'assumer mes racines à moi, qui sont des racines de fille de ville, de fille de balcon.»
Dans la création du Voeu, elle a retenu les services de Fabien Cloutier comme conseiller à l'écriture et de Michel Faubert à la mise en scène. Le spectacle lui a valu un prix du Conseil des arts en 2016 et fera sous peu l'objet d'une tournée d'une vingtaine de dates en France. Bref, ses histoires inspirées de son enfance dans des immeubles à logements - et des voisins qui y cohabitent dans une incontournable proximité - ont fait du chemin depuis leur naissance. 
«C'est devenu un voeu au nous. Ce n'est pas quelque chose que j'avais prévu. Je n'étais pas certaine de vouloir aller dans un discours collectif, voire politique. Je me suis laissée porter pour voir où ça allait me mener», note la conteuse, qui précise décrire davantage «de petits nous» qu'un «grand nous».  
Le voeu a été en partie enregistré au Vieux Bureau de Poste de Saint-Romuald. La conteuse lancera officiellement son livre-disque dans la même salle, ce mercredi, lors d'une soirée où elle offrira quelques contes, dont un dédié à sa grand-mère et créé il y a deux ans au Carrefour international de théâtre. Plus tôt dans la journée, à 12h15, Arleen Thibault prendra également part à une causerie à la bibliothèque de Montmagny, sa région d'adoption. Parce que si elle a poussé dans la capitale, elle réside désormais dans un cadre nettement plus rural... Ce qui ne l'empêchera pas de continuer à miser sur l'urbanité dans sa création. 
«Le fait de ne plus être là donne un recul intéressant, explique-t-elle. Le souvenir, il magnifie tout. Il corrige les trous. Le souvenir est plein d'imagination. Plus c'est flou, ma vie de bloc, plus je suis dans le conte.»
Vous voulez y aller?
Quoi: Lancement du livre-disque Le voeu d'Arleen Thibault
Quand: 6 septembre à 19h
: Vieux Bureau de Poste de Saint-Romuald
Accès: gratuit
Info: arleenthibault.com