Spécialiste du cinéma de science-fiction et d’horreur, André Caron est fasciné par Frankenstein depuis son tout jeune âge.

3 questions à... André Caron

Grand cinéphile devant l’éternel, André Caron voue depuis longtemps une passion pour le cinéaste Martin Scorsese, mais également pour… Frankenstein. Au point d’avoir vu presque tous les films tournés sur la célèbre créature, née de l’imagination de la romancière anglaise Mary Shelley, en 1818. Le spécialiste en cinéma de science-fiction et d’horreur, qui a enseigné le cinéma pendant 25 ans au cégep Garneau, vient de publier un livre sur «les tourments cinématographiques d’un mythe moderne», «Frankenstein lui a échappé».

1. D’où vient cette fascination pour Frankenstein?

Préadolescent, dans les années 60, un ami m’avait montré des films super 8 sur Frankenstein. Les copies n’étaient pas de bonne qualité, mais je trouvais le monstre impressionnant. J’ai ensuite lu le roman de Mary Shelley, qui a aussi été un gros choc. J’ai constaté qu’il n’y avait souvent pas grand-chose entre le livre et la plupart des films réalisés sur le sujet.

2. Le public a toujours confondu le nom du monstre avec son créateur, n’est-ce pas?

R Oui, c’est quelque chose d’assez fascinant. Le monstre n’a pas de nom, on se contente souvent de parler d’une créature hideuse. C’est lui qui a finalement usurpé le nom de son créateur, Victor Frankenstein. Dans l’esprit populaire, on associe aussi le nom de Frankenstein à toute technologie qui échappe à son créateur.

3. À ton avis, le pire et le meilleur film réalisés sur Frankenstein?

Quand t’es rendu à faire ça avec Abbott et Costello, ce n’est plus sérieux… Il y a aussi les navets de Jesus Franco, sans oublier Les expériences érotiques de Frankenstein (rires). Je n’ai vraiment pas aimé la version de Kenneth Brannagh (1994), Mary Shelley’s Frankenstein. Quand tu prends la peine de mettre le nom de l’auteure dans le titre et que tu ne suis pas vraiment le livre, il y a quelque chose d’hypocrite. Le plus intéressant demeure le Frankenstein de Bernard Rose (2015), qui fait la couverture de mon livre. Il reprend mot à mot les paroles du monstre et les transpose dans le Los Angeles contemporain. C’est hallucinant, mais ça marche. Ça montre la modernité du roman.