Livres

Le livre de la semaine: L'heure mauve

Michèle Ouimet, L’heure mauve, Boréal

L’histoire: Jacqueline Laflamme, grande reporter à la retraite, s’installe au Bel Âge, une chic résidence pour aînés. Rebelle de nature, elle a du mal à en respecter les règles. Mais quand la directrice décide d’exclure les personnes démentes des repas et des activités de la résidence, Jacqueline se rebiffe contre cet «apartheid». Exacerbée par les radios et par les médias sociaux, sa révolte prend des proportions insoupçonnées.

Livres

Lu pour vous: spécial BD

FRNCK tome 2: Le baptême du feu *** 1/2

Dupuis semble miser gros avec FRNCK, dont la publication se fait en rafale: deux tomes cette année, deux l’an prochain. Sans doute avec raison : cette série tout public de Cossu et Bocquet est des plus sympathiques, alliant action, fantastique et humour. Orphelin, le jeune Franck, 13 ans, part sur la piste de ses parents, dans une forêt, mais se retrouve, après une chute, en pleine préhistoire. Il doit apprendre à y survivre, parmi la faune, la flore et les habitants, auxquels il enseigne à mettre des voyelles dans les mots — d’où le nom de la série.

Arts

La Fabrique culturelle: entretien avec Biz

Que ce soit par le rap ou par la prose, Sébastien Fréchette, alias Biz de Loco Locass, se sert des mots et de la langue française comme armes offensives.

«Je ne pense pas tant que la langue française a besoin d’être défendue, je pense qu’elle a besoin d’exister et d’être utilisée», raconte l’auteur en entrevue avec La Fabrique culturelle. «Pour moi, une langue permet de penser le monde différemment. […] Le français m’importe bien sûr, parce que pour moi c’est l’accent aigu sur la différence de l’Amérique.»

Rencontré lors de son passage en Gaspésie où il présentait son cinquième roman en sept ans, La chaleur des mammifères, Biz partage ses réflexions sur les jeunes, sa responsabilité comme écrivain et la paternité. Un entretien à regarder et écouter ici.

Livres

Le livre de la semaine: La chaleur des mammifères

Biz, La chaleur des mammifères, Leméac

L’histoire: À 55 ans, René McKay, professeur de littérature fraîchement divorcé, est blasé. Il n’aime plus enseigner, jugeant ses élèves paresseux et ses collègues, insipides. L’amour? Très peu pour lui. McKay ne voit pas grand-chose de rose en l’avenir. Pourtant, la grève étudiante qui naîtra devant ses yeux lui redonnera espoir en la nature humaine.

Livres

Yannick Haenel remporte le Médicis pour «Tiens ferme ta couronne»

PARIS — Le romancier Yannick Haenel a remporté jeudi le prix littéraire français Médicis pour «Tiens ferme ta couronne», un roman déjanté où l’on croise Michael Cimino, la déesse Diane, un dalmatien nommé Sabbat et un maître d’hôtel sosie d’Emmanuel Macron.

Âgé de 50 ans, Yannick Haenel, finaliste malheureux du Grand prix du roman de l’Académie française et du prix Goncourt, a été choisi au 4e tour, a annoncé Frédéric Mitterrand, membre du jury Médicis.

Le romancier, publié chez Gallimard, a dédié son prix, un des derniers prix littéraires de la saison, à Anne Wiazemsky, membre du jury du Médicis décédée en octobre.

«Comme mon livre porte sur les noces entre le cinéma et la littérature, si quelqu’un l’a incarné merveilleusement c’est elle. Baisers à Anne Wiazemsky», a dit l’écrivain.

«J’ai deux passions dans la vie: le cinéma, notamment le cinéma américain et la littérature. J’ai essayé avec ce livre d’assouvir ma cinéphilie avec des phrases», a encore déclaré le romancier.

Le prix Médicis étranger a été attribué au romancier italien Paolo Cognetti pour Les huit montagnes (Stock), traduit par Anita Rochedy et le Médicis essai a récompensé l’Américain Shulem Deen pour Celui qui va vers elle ne revient pas (Globe), traduit par Karine Reignier-Guerre.

Quinze romans français étaient en lice pour le prix, le jury n’ayant pas réussi à se réunir pour affiner sa sélection.

«Nous avions une liste assez longue, mais plein de bons romans», a plaidé Frédéric Mitterrand.

Livres

André-Philippe Côté, l'homme aux 8000 caricatures

André-Philippe Côté célèbre cette année ses vingt ans en tant que caricaturiste attitré du Soleil. Le poids du chiffre rond l’a incité à replonger dans ses 8000 caricatures (et plus de 50 000 esquisses!) pour bonifier sa revue de l’année d’une ligne du temps en vingt dessins.

Lorsque nous le rejoignons près de sa table à dessin pour une entrevue matinale — notre caricaturiste est toujours le premier arrivé dans la salle de rédaction —, André-Philippe Côté met la touche finale à un dessin qui accompagnera le bilan de la première année de Donald Trump en tant que président. L’hurluberlu à couette jaune est entouré par un nuage de logos de Twitter qui ont maculé de fientes le bureau ovale. Un trait physique reconnaissable, un comportement particulier et hop! le personnage naît sous le crayon acéré de Côté.

Le président Trump est LA personnalité qui a marqué 2017. «Pas juste à cause du personnage, mais parce qu’il incarne aussi la mouvance mondiale des tribuns populistes. Trump est le représentant suprême, il est l’incarnation de quelque chose de plus grand que lui», analyse le caricaturiste.

L’enjeu international le plus important, selon lui, aura été (et continuera d’être) l’immigration et la mouvance des populations. «Ça va loin, et on constate qu’on est démunis devant le phénomène. Pour moi c’est un signe annonciateur de quelque chose qui va s’accentuer», indique-t-il.

Livres

Rendez-vous à la Maison de la littérature pour chasser la grisaille

Maintenant que le festival Québec en toutes lettres est terminé, la Maison de la littérature reprend le fil de sa programmation régulière. Le Festival de contes jeunesse, le Salon du livre des Premières Nations et Succès-souvenir, une comédie musicale ancrée dans les années 90, sont entre autres au menu.

Le cabaret musique et littéraire consacré à Pauline Julien et Gérald Godin, jeudi, affiche déjà complet. La suite du menu est variée : les enseignants de création littéraire de l’Université Laval proposent le récital festif Les mots resserrés (22 novembre), un récital avec la mezzo-soprano Stéphanie Pothier rendra hommage à Anne Hébert et Saint-Denys Garneau (28 novembre), un chœur de trois conteurs s’attaquera à L’épopée de Gilgamesh (5 décembre), alors que Joëlle Bond et Marianne Marceau proposent une incursion théâtrale et musicale dans le Québec des années 90 (12 décembre).

Pendant le Festival de contes jeunesse, la soirée À vous! laissera la parole aux conteurs en herbe (17 novembre), alors que Judith Poirier proposera des chansons vintages et des contes dans Ballon-chasseur, jukebox et autres questions existentielles (18 novembre).

Le Salon du livre des Premières Nations s’ouvrira avec une prestation de l’écrivaine innue Naomi Fontaine autour de son roman Manikanetish (23 novembre) et comprendra un hommage à Yves Sioui Durand (24 novembre).

Toute la programmation est maintenant en ligne au maisondelalitterature.qc.ca

Livres

Antonine Maillet décorée en France

La romancière et dramaturge acadienne Antonine Maillet a été élevée mardi, à Paris, au rang de grand officier de l’Ordre national du mérite français.

Institué par le président Charles de Gaulle, l’Ordre «récompense les mérites distingués — militaires ou civils — rendus à la nation française». L’Ordre compte trois grades : chevalier, officier et commandeur, ainsi que deux «dignités» : grand officier et grand-croix. Mme Maillet, aujourd’hui âgée de 88 ans, accède donc au quatrième des cinq grades de cette décoration française, la deuxième après la Légion d’honneur. Mme Maillet est d’ailleurs déjà officier de la Légion d’honneur depuis 2003. Mais la reconnaissance de la France remontait déjà aux années 70 : la mère de La Sagouine avait remporté le prestigieux prix Goncourt en 1979 pour Pélagie-la-Charrette.

La romancière a reçu sa récompense à Paris mardi des mains du secrétaire d’État auprès du ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne. La secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie, Michaëlle Jean, assistait à la cérémonie, indique-t-on.

Livres

Le Goncourt et le Renaudot récompensent deux livres sur le nazisme

PARIS — Est-ce un effet de la montée des populismes? Les jurés du Goncourt et du Renaudot ont choisi lundi d’attribuer leur prix à deux récits saisissants qui reviennent sur la montée du nazisme pour l’un et la fin misérable d’un des nazis les plus odieux pour l’autre.

Le prix Goncourt, la plus prestigieuse récompense littéraire du monde francophone, a été attribué à L’ordre du jour (Actes Sud) d’Éric Vuillard pour son récit fulgurant sur l’arrivée au pouvoir d’Hitler, l’Anschluss (l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne nazie, NDLR) et le soutien sans faille des industriels allemands à la machine de guerre nazie.

Le prix Renaudot a pour sa part été attribué à Olivier Guez pour La disparition de Josef Mengele (Grasset), un récit hallucinant sur les dernières années du médecin tortionnaire d’Auschwitz, Josef Mengele.

«Pour comprendre certaines choses, nous avons besoin du récit», explique Éric Vuillard, 49 ans, écrivain passé maître dans l’art de démystifier, grâce à la littérature, des faits historiques. «La littérature et l’histoire ont toujours eu des rapports endogames», souligne-t-il.

L’écrivain lyonnais n’en est pas à son coup d’essai. Avant L’ordre du jour, il a publié 14 juillet (Actes Sud, 2016) où il décortiquait cette journée particulière de la Révolution française en donnant la voix aux sans-voix, mais aussi Conquistadors (Léo Scheer, 2009) sur la chute de l’empire Inca, Congo (Actes Sud, 2012) sur la conquête coloniale ou encore Tristesse de la terre (Actes Sud, 2014), récit déchirant sur l’agonie des Amérindiens.

Chaque fois, Vuillard se saisit d’un événement connu et le dissèque en insistant sur des détails atroces ou grotesques, mais significatifs.

La fin du récit sonne comme une mise en garde pour le temps présent. «On ne tombe jamais deux fois dans le même abîme. Mais on tombe toujours de la même manière, dans un mélange de ridicule et d’effroi.»

Écriture simple et sidérante

Le président de l’académie Goncourt, Bernard Pivot, a reconnu avoir été impressionné par ce texte d’une écriture à la fois simple et sidérante. «Le livre est une leçon de littérature par son écriture et une leçon de morale politique», a-t-il reconnu.

Ce prix est également un nouveau succès pour Actes Sud, la maison longtemps dirigée par la ministre de la Culture Françoise Nyssen. Il y a deux ans, c’était déjà un livre publié chez Actes Sud, Boussole de Mathias Enard, qui avait reçu le Goncourt.

Le prix Goncourt est doté d’un chèque de 10 euros, mais l’enjeu est autrement plus important. Un roman primé s’écoule, selon les cas, de 200 000 à 500 000 exemplaires.

Trois ans d’écriture et de recherches

Pour parler du docteur Mengele, un «sale type», connu pour ses expériences sur les jumeaux qu’il sélectionnait sur la rampe des chambres à gaz, «il n’était pas question de faire de la métaphore», confiait récemment Olivier Guez, écrivain et scénariste âgé de 43 ans, récipiendaire du prix Renaudot.

Trois ans d’écriture et de recherches, notamment au Brésil — où Guez a retrouvé la ferme où Mengele s’était terré —, ont été nécessaires pour aboutir à La disparition de Josef Mengele.

Se coltiner ce «personnage abject et médiocre» n’a pas été une sinécure. «Ça a été compliqué de cohabiter avec Mengele. Mais à un moment, il faut monter sur le ring. L’affronter.»

L’auteur strasbourgeois s’est imposé après six tours de scrutin.

La Fabrique culturelle : comment un bédéiste ne devient pas moine

Jean-Sébastien Bérubé avait 26 ans lorsqu’il est parti au Népal et au Tibet en espérant devenir moine bouddhiste.

Le bédéiste de Rimouski s’est retrouvé rapidement confronté à une réalité bien différente de ce qu’il avait imaginé, dans sa recherche de spiritualité. 

Douze ans plus tard, c’est ce voyage initiatique qui a inspiré la bande dessinée Comment je ne suis pas devenu moine. Il y raconte ses mésaventures, sa rencontre avec la réalité des moines tibétains et ses prises de conscience. La Fabrique culturelle l’a rencontré chez lui, dans le Bas-Saint-Laurent.