Livres

Le prix Man Booker à la Nord-Irlandaise Anna Burns

LONDRES — Anna Burns a remporté mardi le prestigieux prix Man Booker pour la fiction grâce à son roman «Milkman», une histoire de famille, de communauté et de violence se déroulant dans les années 70 en Irlande du Nord.

Anna Burns est la première écrivaine originaire de cette région du Royaume-Uni à décrocher le prix de 85000$, ouvert annuellement à la littérature anglophone de partout dans le monde.

Livres

Le père de Bob Morane fête ses 100 ans

BRUXELLES — Henri Vernes, le créateur belge de Bob Morane, affiche toujours à 100 ans, un anniversaire qu’il célébrait mardi, un appétit intact pour les plaisirs de la vie, le désir d’écrire et de «courtiser» les femmes.

«J’aimerais encore écrire une centaine de livres, courtiser quelques dames et pour le reste, je laisse tout au sort», a-t-il dit à la chaîne de radio-télévision francophone RTBF à l’occasion de cet anniversaire.

Joint par l’AFP mardi dans son appartement bruxellois, le père de l’aventurier Bob Morane confirme qu’avec les années il n’a rien perdu de sa malice.

«Je vis seul, mais entouré d’énormément d’amis, mâles et femelles», confie-t-il.

«Et bien sûr, ça me fait plaisir qu’on se souvienne de moi aujourd’hui, on aurait pu m’oublier», ajoute Henri Vernes.

De son vrai nom Charles-Henri Dewisme, l’auteur belge est né à Ath, en Wallonie, le 16 octobre 1918.

Sa mère vivait alors à Tournai, à 30 km de là, près de la frontière française. Mais la guerre n’est pas finie et elle préfère fuir l’armée allemande pour aller accoucher en sécurité, avant de revenir chez elle.

Le créateur de Bob Morane vit aujourd’hui dans un appartement de la commune bruxelloise de Saint-Gilles, entouré de masques, statuettes et autres tableaux ramenés de ses nombreux voyages lointains.

À Tournai, un musée devait inaugurer mardi un espace qui lui est spécialement dédié ainsi qu’à son héros.

Un manuscrit original de La vallée infernale, le premier tome des aventures de Bob Morane, donné par Henri Vernes, sera une des pièces maîtresses de l’exposition.

Arts

Panorama: vu, lu, entendu cette semaine

LIVRE

Anatole qui ne séchait jamais, album jeunesse de Stéphanie Boulay et Agathe Bray-Bourret ***1/2

Si Les Sœurs Boulay se sont offert une pause ces derniers temps, la blonde des frangines n’a pas déposé sa plume pour autant. Outre cet album qu’elle a mitonné en solo et qui nous arrivera le 2 novembre (un premier extrait, Ta fille, a été dévoilé cette semaine), Stéphanie Boulay a aussi signé un premier livre jeunesse, Anatole qui ne séchait jamais. L’auteure avait déjà montré qu’elle sait habilement se mettre dans la peau d’une jeune fille dans À l’abri des hommes et des choses, son premier roman. Avec une prose toujours aussi imagée, elle tente de nouveau l’exercice en s’adressant aux enfants, en collaboration avec Agathe Bray-Bourret, qui illustre de fort jolie manière son univers. Elle nous amène chez la jeune Régine, dont le petit frère Anatole est inconsolable. Dans une quête à la fois simple et touchante d’acceptation de soi, la fillette fera de grands efforts pour qu’il comprenne et qu’il assume sa différence. Le message est beau et demeure lucide: la société juge encore souvent sévèrement les anticonformistes. Là-dessus, l’auteure ne ment pas à ses jeunes lecteurs. Geneviève Bouchard

MUSIQUE

Livres

La «cli-fi», nouveau genre littéraire contre le changement climatique

FRANCFORT — À mesure que le changement climatique et ses conséquences se font sentir, un nouveau genre littéraire gagne en popularité et fait une apparition remarquée à la Foire du livre de Francfort. Voici la «cli-fi» ou climat-fiction.

Au rythme des révélations scientifiques, des ouragans, des sécheresses et des inondations, les romans sur une planète en bouleversement plongent les lecteurs dans des réalités dont ils ne sont pas nécessairement témoins.

Livres

«Le nouveau prix de littérature», substitut du Nobel décerné à Maryse Condé

STOCKHOLM — L'écrivaine guadeloupéenne Maryse Condé, plusieurs fois citée pour le Nobel, a remporté vendredi «le nouveau prix de littérature», institué par la «Nouvelle académie» en réaction à la déferlante #MeToo qui a entraîné le report d'un an du prix Nobel de littérature.

«Dans ses oeuvres, avec un langage précis», Maryse Condé «décrit les ravages du colonialisme et le chaos du post-colonialisme», a fait valoir l'institution lors de l'annonce du prix à la Bibliothèque publique de Stockholm.

Née en février 1937 à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), Maryse Condé a publié une trentaine de romans portant notamment sur l'esclavage et l'Afrique, ainsi que des pièces de théâtre et des essais.

Souvent pressentie pour le prix Nobel de littérature, elle ne l'a encore jamais reçu.

«Je suis très heureuse et très fière d'avoir ce prix mais permettez-moi de le partager avec ma famille, avec mes amis et surtout avec tous les gens de la Guadeloupe [...] qui seront émus et heureux de me voir récompensée», a-t-elle réagi dans une vidéo, peu après l'annonce.

La création de ce prix a été annoncée au printemps en même que la création de la «Nouvelle académie» par une centaine de personnalités de la culture en Suède, après l'annonce du report du prix Nobel de littérature 2018.

«Il n'aura lieu que cette année» avant la dissolution de l'institution prévue en décembre, a précisé vendredi Alexandra Pascalidou, personnalité de la scène culturelle suédoise, à l'origine du prix.

L'Académie suédoise s'est retrouvée prise dans la déferlante #MeToo à l'automne 2017 lorsque 18 femmes ont publiquement accusé l'époux français d'une académicienne, récipiendaire de subsides de l'académie, de les avoir harcelées, agressées ou violées.

Ce dernier, Jean-Claude Arnault, a été condamné à deux ans de prison ferme début octobre.

Contrairement au lauréat du Nobel, choisi par les 18 membres de l'académie, le «Nouveau prix» se veut le fruit d'un long processus populaire.

Une liste est d'abord établie par 47 bibliothécaires suédois, puis ramenée à quelques noms par un vote populaire. Les organisateurs indiquent avoir reçu près de 33 000 contributions.

Apparaissaient sur cette liste finale ceux du Britannique Neil Gaiman, de la Canadienne d'origine vietnamienne Kim Thúy et Maryse Condé.

Le prix — un million de couronnes (environ 97 000 euros), soit un peu plus du dixième du chèque perçu par les lauréats Nobel — est doté par financement participatif et mécénat.

Il sera remis le 9 décembre, la veille du banquet Nobel traditionnellement dressé à l'hôtel de ville de Stockholm en l'honneur des lauréats de l'année (physique, chimie, médecine, littérature, économie, outre le prix de la paix décerné à Oslo), en présence de la lauréate.

Livres

Patrick Straehl: du rire au cauchemar

SHERBROOKE — Son premier roman, «Ambiance full wabi sabi» (Guy Saint-Jean Éditeur, 2007) était une loufoque chronique familiale. Les hauts et les bas d’un père et de ses quatre adolescents en garde partagée. Une histoire inspirée en bonne partie du véritable vécu de Patrick Straehl.

Mais la famille que ce professeur en techniques d’éducation spécialisée a mise en scène dans son opus 2, Ludo, est plutôt cauchemardesque. Un drame sans nom, qui s’est malheureusement déjà produit dans la réalité : un enfant oublié dans une voiture pendant une canicule. Une tragédie dont la grande sœur a été témoin et dont elle se confesse 10 ans plus tard, dans le bureau d’un psy. Ses premiers mots : «J’ai tué mon frère. Il me manque».

Livres

Alice Guéricolas-Gagné remporte le Prix Robert-Cliche

L’observation des lieux et des personnages de son quartier natal, Saint-Jean-Baptiste, a servi de source d’inspiration à Alice Guéricolas-Gagné pour son roman «Saint-Jambe», récompensé mercredi du Prix Robert-Cliche décerné à un auteur pour son premier ouvrage.

«Saint-Jambe, c’est le surnom de Saint-Jean-Baptiste et aussi le nom d’une république autoproclamée, explique la lauréate de 23 ans. Les gens qui habitent le quartier sont souvent en dehors de la norme. Il y a beaucoup d’artistes et d’intellectuels qui vivent de leur passion. On apprend beaucoup d’eux.»

Insolite

Antara, superhéros arabe, en bande dessinée

SHARJAH — Mi-Superman, mi-Roméo, le poète préislamique du VIe siècle Antara, célébré dans l’art populaire et dans la mémoire collective des Arabes, a enfin droit à sa bande dessinée, expression artistique relativement nouvelle dans le monde arabe.

L’initiative revient à la maison d’édition Kalimat de Sharjah, l’une des sept composantes des Émirats arabes unis, qui se projette comme un centre culturel régional.

Antara est la première bande dessinée produite en arabe par cette maison d’édition spécialisée notamment dans la traduction de mangas japonais.

Ses publications en arabe connaissent de plus en plus de succès dans les pays du golfe, selon les éditeurs.

Antara est «le meilleur choix pour un superhéros arabe», indique Moumen Helmi, l’auteur égyptien de cette BD. L’histoire de ce poète et guerrier, également appelé Antar, mêle chevalerie, amours contrariées, racisme et courage.

Sous la plume d’Ashraf Ghori, célèbre dessinateur indien, Antara illumine cette bande dessinée très colorée qui se veut aussi éclatante que les exploits du héros épique.

Selon une version de sa biographie, Antara, de son vrai nom Antara Ibn Chadded el Absi, est né d’une mère noire, princesse éthiopienne pour les uns, simple servante pour les autres.

Il n’est pas reconnu par son père, chef d’une tribu dans l’ouest de l’Arabie saoudite actuelle, et a un statut d’esclave.

En défendant sa tribu, les Banu Abs, il ressent sa condition d’esclave quand, après une victoire, il se voit proposer, en raison de son statut, seulement la moitié de la récompense revenant à chaque combattant.

«Couleur de peau»

Antara s’exile alors dans le désert avant d’être de nouveau sollicité pour défendre sa tribu. Il gagnera sa liberté, selon la légende, après avoir joué un rôle majeur dans la défaite de l’ennemi.

«Les Arabes aiment l’exagération autour d’une personnalité et on a pensé à le transformer en superhéros comparable à ceux qu’on trouve aux États-Unis, en Europe et au Japon», souligne M. Helmi.

La BD illustre, selon lui, les transformations de la personnalité d’Antara «qui a commencé sa vie en esclave, maltraité par sa tribu en raison de la couleur de sa peau et du statut de sa mère, pour devenir un héros» par la suite.

La bravoure d’Antara n’a d’égale que la force de sa poésie, qu’il consacre notamment à louer ses propres exploits guerriers et à clamer son amour pour sa cousine Abla, dont le coeur lui a été longtemps refusé.

Ces deux sujets sont au cœur de sa «moualaka», l’un des sept poèmes préislamiques les plus célèbres.

Arts

Panorama: vu, lu, entendu cette semaine

MUSIQUE

ARC Glass-Handel, album classique d'Anthony Roth Costanzo, Jonathan Cohen & Les Violons du Roy ***1/2

Parmi les concerts qui m’ont laissé un souvenir impérissable ces dernières années, il y a celui d’Anthony Roth Costanzo et des Violons du Roy au Festival d’opéra de Québec en 2017. Même si, sur disque, il semble toujours manquer ce petit quelque chose qui fait de la prestation en salle un moment unique et privilégié, on ne peut que se réjouir que l’aventure musicale ralliant le contre-ténor, l’orchestre baroque de Québec et le directeur musical Jonathan Cohen ait généré une parution sous l’étiquette Decca Gold d’Universal Music. Le son a été balancé avec précision. Les instruments conservent une belle profondeur. L’exercice a surtout permis d’immortaliser le mariage fulgurant entre le répertoire de Philipp Glass et de Handel, que 250 ans séparent, mais dont les compositions semblent s’arrimer complètement. On dirait presque, lorsqu’on ferme les yeux, qu’on est en plein centre du Palais Montcalm, où l’enregistrement a été réalisé.  Josianne Desloges

MUSIQUE

Dans le noir, album folk et de chanson, de Safia Nolin ****

Livres

Alexandre Jardin aime mieux le Salon du livre de Rimouski que celui de Paris

RIMOUSKI — Le directeur général du 53e Salon du livre de Rimouski a rencontré Alexandre Jardin le printemps dernier. Avant même qu’il n’ait eu le temps de lui demander s’il accepterait d’être le président d’honneur, Robin Doucet raconte que l’auteur du best-seller «Le Zèbre» lui a dit que s’il recevait une demande pour aller au Salon du livre de Rimouski et à celui de Paris aux mêmes dates, il choisirait celui de Rimouski pour la qualité des rencontres avec les gens.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les tractations pour obtenir l’illustre écrivain français ont été très faciles. Alexandre Jardin n’exige d’ailleurs aucun cachet. L’organisme ne lui paie que ses frais de déplacement et d’hébergement.

La popularité du plus vieux Salon du livre du Québec, qui est aussi le plus ancien de la francophonie nord-américaine, croît d’année en année. Quelque 250 auteurs et plus de 6000 jeunes qui prennent part aux divers ateliers ont déjà confirmé leur présence. «La demande dépasse l’offre, indique le directeur général de l’événement. On a toujours une liste d’attente d’éditeurs qui souhaiteraient devenir exposants au Salon du livre, mais on ne peut pas les accueillir parce que la place a ses limites. Pour un salon qui est loin des maisons d’édition, c’est un très grand succès.» Le Salon du livre de Rimouski, qui comporte 115 stands, accueille environ 15 000 visiteurs. «Pour la population ici, c’est énorme», fait remarque M. Doucet.

Invités d’honneur

Parmi les invités d’honneur, le salon recevra notamment Maxime Catellier, Alex A., Yves Gingras, Julie Rocheleau et Laurence Veilleux. Lors des déjeuners littéraires, l’animatrice Annie Landreville recevra entre autres Joséphine Bacon et Fred Dubé. Parmi les conférenciers, soulignons Alexandre Jardin, Karel Mayrand et Yves Gingras, qui viendra parler de son livre Frère Marie-Victorin : lettres biologiques, recherches sur la sexualité humaine.

Le visuel de l’événement a été créé par Marie-Michèle Carrier. Le 53e Salon du livre de Rimouski se tiendra du 1er au 4 novembre au centre de congrès de l’Hôtel Rimouski.