Le Mag

La Librairie Morency ouverte dans Limoilou

La Librairie Morency a tourné une page importante de ses 26 ans d’existence en ouvrant ses portes sur la 3e Avenue dans Limoilou.

La bouquinerie a quitté le centre commercial Fleur de Lys pour s’installer dans un local trois fois plus petit (3000 pieds carrés). Que les lecteurs se rassurent, ils ne devraient pas trop y perdre au change dans ce déménagement qui a nécessité «neuf vans de 28 pieds». 

«Nous avons le même choix, juste en quantités plus petites», assure la propriétaire Élisabeth Morency, qui adore déjà son nouvel environnement. «Les gens ici sont tellement accueillants. La moitié des clients nous souhaite la bienvenue dans "leur" Limoilou. C’est un accueil extraordinaire, je n’ai jamais vu ça!» 

Adresse : 657, 3e Avenue à Québec (on attend toujours le permis pour afficher l’enseigne extérieure). 

Info : morency.leslibraires.ca ou @libmorency sur Facebook.

Livres

L’ultime essai de Toni Morrison publié en français en octobre

PARIS — L’ultime essai de l’écrivaine américaine Toni Morrison, «The Source of Self-Regard», paraîtra en français le 3 octobre sous le titre «La source de l’amour-propre», a-t-on appris mercredi auprès de son éditeur.

«Christian Bourgois Editeur publiera The Source of Self-Regard sous le titre La Source de l’amour-propre, traduit par Christine Laferrière. La sortie est prévue au 3 octobre 2019», a indiqué à l’AFP Clément Ribes, directeur éditorial de Christian Bourgois, la maison d’édition qui a fait connaître l’oeuvre de la romancière aux lecteurs francophones.

Publié en février aux États-Unis, l’ultime essai de l’écrivaine disparue dans la nuit de lundi à mardi, à l’âge de 88 ans, aborde les sujets politiques et sociaux d’aujourd’hui (émancipation des femmes, place des minorités dans la société américaine, rôle de l’argent et des médias, racisme et xénophobie...) mais aussi la question de la création artistique et notamment littéraire.

La romancière couronnée par le Nobel de littérature évoque la figure de Martin Luther King et rend un hommage appuyé à l’écrivain et dramaturge James Baldwin (1924-1987), un des plus grands auteurs américains du XXe siècle et militant des droits civiques, contraint à l’exil en France à la fin des années 1940 pour fuir le racisme dans son pays.

Elle porte également dans cet essai un regard critique sur son oeuvre et sur celle d’autres artistes comme le peintre Romare Bearden (1911-1988), la documentariste et militante des droits civiques Toni Cade Bambara (1939-1995) ou encore le metteur en scène Peter Sellars.

Selon son éditeur américain, Penguin Random House, l’essai de Toni Morrison constitue «un ajout lumineux et essentiel à l’oeuvre» de l’écrivaine.

Livres

Des nouvelles inédites de Proust publiées en octobre

PARIS — Des nouvelles inédites de l’écrivain français Marcel Proust (1871-1922) seront publiées le 9 octobre sous le titre «Le mystérieux correspondant et autres nouvelles inédites», a-t-on appris lundi auprès des éditions de Fallois.

Ces neuf textes, rédigés alors que Proust était âgé d’une vingtaine d’années, auraient dû figurer dans son premier livre, Les plaisirs et les jours (1896), mais avaient été finalement écartés par l’auteur.

Les nouvelles ont été mise au jour par le créateur des éditions de Fallois, Bernard de Fallois, décédé l’an dernier, grand spécialiste de l’oeuvre de Marcel Proust, déjà à l’origine de la découverte d’un roman composé entre 1895 et 1899 et resté inédit, Jean Santeuil (publié chez Gallimard en 1952), ainsi que du texte Contre Sainte-Beuve finalement publié en 1954.

«Avec ce recueil de nouvelles et de textes divers entièrement inédits nous remontons aux sources de la Recherche du temps perdu», la grande oeuvre de Marcel Proust, ont souligné les éditions de Fallois dans un communiqué.

«Ces textes, explique l’éditeur, portent la marque d’un travail approfondi [...] La plupart de ces courts récits obéissent aux lois du genre : mise en scène d’une situation, péripéties, chute finale [...] On y voit le jeune écrivain multiplier les expérimentations narratives suggérées parfois par ses lectures mais déjà résolument engagé dans le processus de création qui annonce par bien des signes l’œuvre future.»

«Ces pages inédites n’ont pas la perfection de la Recherche mais précisément elles nous aident à la mieux comprendre en nous révélant ce que fut son début», estiment les éditions de Fallois.

Pourquoi Proust n’avait-il pas retenu ces textes? «Sans doute considérait-il qu’en raison de leur audace, ils auraient pu heurter un milieu social où prévalait une forte morale traditionnelle», suggère notamment l’éditeur.

Le thème dominant de ces œuvres, précise l’éditeur, c’est l’analyse de «l’amour physique si injustement décrié». «La prise de conscience de l’homosexualité y est vécue sur le mode exclusivement tragique, comme une malédiction», ajoute l’éditeur.

Le volume (180 pages, plus 8 pages fac-similés) est complété par un ensemble de documents présentés par l’universitaire Luc Fraisse sur les sources de la Recherche.

Livres

Alexandre Jardin pour les 10 ans de Québec en toutes lettres

Pour marquer ses 10 ans, le Festival littéraire Québec en toutes lettres pourra compter sur la présence de l’auteur français Alexandre Jardin. Des invités des éditions précédentes seront aussi rassemblés pour «Cabaret souvenir», qui ouvrira le festival le 17 octobre.

L’auteur du Zèbre et des Coloriés, aussi cinéaste et pamphlétaire, participera à plusieurs événements de Québec en toutes lettres qui ne sont pas encore dévoilés. La programmation complète de cette édition anniversaire (du 17 au 27 octobre) sera connue le 11 septembre.

Après une Édition noire (2016), Écrire Québec (2017) et La splendeur du vertige (2018), la thématique de cette année sera Pour la suite du monde. Le pouvoir de la littérature pour préserver la beauté et intervenir sur l’avenir du monde y sera exploré.

Livres

Margaret Atwood sur la longue liste du prix Booker

LONDRES — Margaret Atwood, lauréate du Booker, est à nouveau en lice pour l'obtention du prix convoité pour une œuvre de fiction.

Margaret Atwood a gagné en 2000 pour Le tueur aveugle et est nommée cette fois pour The Testaments, une suite de La servante écarlate.

Livre

La liste des classiques du Polar

Le Dahlia noir, James Ellroy

Ce livre est l’une des plus célèbres enquêtes du XXe siècle, celle d’un formidable auteur qui n’a pas hésité à mélanger réalité et fiction. James Ellroy tente aussi d’exorciser le meurtre de sa mère dans ce roman élégamment écrit, mais porteur d’une violence sourde dans sa description de la corruption et de la dépravation. Un incontournable. Éric Moreault

Livres

Il était une fois des drag queens qui lisaient des histoires aux enfants

RIVERSIDE — Longs cheveux blonds, justaucorps à paillettes ou robe parsemée d’arcs-en-ciel, Athena et Scalene lisent des livres à une quinzaine d’enfants dans une librairie de Riverside, paisible petite ville de Californie intérieure. L’histoire pourrait s’arrêter là s’il ne s’agissait de deux drag queens.

«Nous avons un message: donner aux jeunes les moyens de devenir de braves gens et d’accepter les autres tels qu’ils sont», résume pour l’AFP Athena Kills, un étudiant de 22 ans répondant pour l’état civil au nom de Jovani Morales.

L’atelier lecture est organisé dans le cadre de la Drag Queen Story Hour, une initiative lancée en 2015 aux États-Unis dans quelques bibliothèques ou écoles à travers le pays.

Loin des bastions LGBTQ de San Francisco ou de New York, qui célébrait cette semaine sa World Pride en grande pompe, la petite librairie Cellar Door Books a rejoint le mouvement voici tout juste un an.

En ce samedi matin, pas de militantisme, ni aucune référence au genre ou à la sexualité. Mais un robot cherchant à comprendre ce qu’est l’amour, des princesses, un tyrannosaure... Les deux drag queens se contentent de lire quelques livres classiques pour la jeunesse, en théâtralisant juste ce qu’il faut pour capter et retenir l’attention des enfants.

Clowns et ultraconservateur

«Je crois que le simple fait que nous soyons ici envoie déjà un message, qu’on peut être ce qu’on veut et que ça ne pose aucun problème», estime Athena.

Des problèmes, le jeune homme dit pourtant en avoir connu toute sa vie. «En tant que drag queen, et plus généralement en tant que gai, j’ai connu le rejet, y compris au sein de ma propre famille. J’ai grandi avec ça», reconnaît-il, regrettant de «ne pas avoir eu de modèle» auquel s’identifier.

«C’est pour ça que c’est important pour moi d’être là aujourd’hui», sourit Athena, avec cuissardes jaune citron et extravagants faux cils charbonneux.

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Livres

Le prix America à Jesmyn Ward pour «Le chant des revenants»

PARIS — La romancière américaine Jesmyn Ward a reçu mardi le prix America du meilleur livre américain pour «Le chant des revenants», un récit aussi puissant que déchirant autour d’une famille noire du Mississippi rongée par la drogue et la hantise de la prison.

Professeur d’anglais (elle a été la première de sa famille à fréquenter l’université), Jesmyn Ward, 42 ans, avait déjà été récompensée pour ce livre par le prestigieux National Book Award en 2017.

Elle est la seule femme à avoir reçu deux fois cette distinction considérée comme la plus importante récompense littéraire des États-Unis. Certains critiques américains n’hésitent pas à en faire l’héritière de la lauréate du prix Nobel de littérature, Toni Morrisson.

Traduit de l’anglais par Charles Recoursé, Le chant des revenants (Sing, Unburied, Sing) est sorti en français chez Belfond en février. Une femme prénommée Leonie (Noire et toxicomane, parfois brutale) décide d’emmener ses enfants dans le nord du Mississippi pour aller chercher leur père (Michael, un «petit blanc» issu d’une famille raciste) qui va être libéré de prison.

Vers le pénitencier

Le récit fait alterner les voix de Leonie, de son fils Jojo, un gamin de 13 ans, et de Richie, un fantôme qui ne parle qu’à l’oreille de Jojo.

À 13 ans, Jojo (pour Joseph) est d’une incroyable maturité. La première phrase avec laquelle on le découvre est «j’aime bien penser que je sais ce que c’est la mort».

Élevé par ses grands-parents maternels, notamment son grand-père prénommé River, Jojo prend soin de Kayla sa petite sœur embarquée elle aussi vers le pénitencier de Parchman.

Si la ségrégation raciale appartient au passé, dans le sud des États-Unis ses séquelles demeurent.

Au fil du récit, on apprend qu’un cousin de Michael a tué Given le frère de Leonie quand il était adolescent. L’assassin blanc n’a pas été puni pour ce crime. Chaque fois qu’elle se drogue (et elle se drogue souvent), Leonie voit apparaître le fantôme silencieux de son frère assassiné.

River, qui a séjourné à Parchman quand il était jeune homme, demeure douloureusement hanté quant à lui par le souvenir d’un compagnon de détention, le fameux Richie, emprisonné alors qu’il n’était encore qu’un enfant.

«Pendant plus de 300 ans, les Américains noirs ont été traités comme du bétail», accuse Jesmyn Ward dans le nouveau numéro d’America à paraître mercredi.

«C’est une tendance qui dure depuis des siècles et qui est incrustée dans les fondations mêmes de l’Amérique», ajoute la romancière dont le frère, «homme noir de 18 ans», a été mortellement blessé par un conducteur ivre en octobre 2000. Le chauffard, blanc, a été arrêté par la police, mais simplement condamné pour délit de fuite.

«Je me demande souvent à quel point le verdict aurait été différent si c’était mon frère qui l’avait renversé», s’interroge Jesmyn Ward.

Livres

Un squelette anti-morosité

Au déferlement de mauvaises nouvelles, au chaos qui semble s’installer dans notre monde et aux sentiments de colère, d’inquiétude et de désarroi que suscite notre époque, Éric Gauthier a décidé de répondre par… un squelette de la Rome antique, qui reprend vie dans le Montréal du XXIe siècle.

Autrement dit, au lieu de déprimer, le romancier a fait le pari de s’amuser. D’opposer le fantastique et le magique à la tristesse de la réalité. Pour un écrivain qui est également conteur, l’exercice n’a pas été trop difficile.

Livres

Un nouveau roman de la série «Hunger Games» en chantier

NEW YORK — Une décennie après avoir apparemment terminé sa série «The Hunger Games», Suzanne Collins s’apprête à ramener les lecteurs à Panem. Un roman se déroulant 64 ans avant le début des événements de sa trilogie, vendue à plusieurs millions d’exemplaires, sera en librairies l’an prochain.

Le roman, actuellement sans titre, devrait sortir le 19 mai 2020. Suzanne Collins a déclaré dans un communiqué lundi qu’elle remonterait aux années qui ont suivi les soi-disant Jours sombres, l’échec de la rébellion de Panem. L’écrivaine a mis en scène sa série dans une dystopie post-apocalyptique où les jeunes doivent se battre et se tuer, en direct à la télévision.

«Avec ce livre, je voulais explorer l’état de la nature, qui nous sommes et ce que nous voyons comme nécessaire à notre survie», a-t-elle déclaré. «La période de reconstruction, dix ans après la guerre, communément appelée les Jours sombres [...] permettra aux personnages de s’attaquer à ces questions et de définir ainsi leur vision de l’humanité.»

Le livre se situe bien avant la naissance de l’héroïne de Hunger Games, Katniss Everdeen, interprétée par Jennifer Lawrence dans la franchise cinématographique ayant généré des milliards de dollars. La porte-parole des éditions Scholastic, Tracy van Straaten, a refusé de commenter le contenu du nouveau livre au-delà de ce qui a été décrit dans l’annonce de lundi.

Livres

Jean-Marc Rochette promis aux cimes, rattrapé par la BD

BRUXELLES — Aspirant guide dans sa jeunesse, stoppé net par un terrible accident de montagne, Jean-Marc Rochette, dessinateur culte du «Transperceneige», qui publie deux nouveaux albums, est devenu sur le tard une vedette de la bande dessinée.

Avec son regard bleu glacier, ses profondes pattes d’oie et sa barbe argentée, Jean-Marc Rochette, 63 ans, a de faux airs de guide de haute montagne. Mais ce destin, auquel il a voué sa jeunesse dans la région de Grenoble, s’est un jour heurté à un rocher, qui a atterri sur son visage en pleine ascension d’un sommet alpin.

Grièvement blessé, choqué, il abandonne ses rêves de montagne. Il deviendra artiste, dessinateur, auteur, comme il le raconte dans le poignant Ailefroide, album autobiographique sorti il y a un an chez Casterman.

Son franc-parler montagnard, lui, est toujours là. Une parole assurée, brute comme ses dessins. Par exemple, quand il raconte à l’AFP, lors d’une tournée de promotion à Bruxelles, la genèse de Loup, sa nouvelle BD qui décrit la lutte pour un territoire entre l’animal et un berger qui lui ressemble étrangement.

À l’origine, une rencontre dans sa vallée avec un berger victime d’une attaque de loup, qui lui décrit «les brebis agonisantes», «la charogne en putréfaction».

«Le type a dû tuer lui-même ses bêtes. C’était apocalyptique. Je me suis dit “C’est incroyable, c’est du Jack London!”» poursuit-il.

Classique immédiat

L’homme contre le loup : Rochette s’efforce d’éviter tout jugement sur ce sujet explosif. À peine concède-t-il être «plus pour la gestion du conflit que pour l’éradication» de l’animal.

Il met en avant sa «fibre écologique», dont son œuvre est empreinte.

Dans le Transperceneige, la saga qui le fait connaître au début des années 80, c’est un cataclysme climatique qui conduit pendant des décennies les passagers d’un train — toute l’humanité survivante — à un voyage sans but à travers les étendues gelées d’une terre ravagée. La lutte pour la survie y est impitoyable.

Scénarisée par Jacques Lob, l’œuvre éditée par Casterman, tout comme Loup, devient un classique immédiat de la BD d’anticipation.

La suite est plus rude. Ses albums se vendent peu. Au tournant des années 90, c’est L’Équipe, où il dessine le plus beau but et le plus bel essai de la semaine, qui le fait vivre.

Faute de succès dans la BD, il se décide, la cinquantaine approchant, «sans attaches familiales», à quitter la France dans les années 2000, pour tenter «l’aventure» à Berlin et se consacrer à la peinture.

Mais le destin le rattrape : à des milliers de kilomètres de là, dans une minuscule librairie de Séoul, le réalisateur coréen Bong Joon-ho, passionné de BD, tombe par hasard sur le Transperceneige.

Série Netflix

«J’ai tout lu d’une traite, debout dans la boutique. J’étais très jeune, mais je me suis dit: “Un jour, je l’adapterai au cinéma”», racontait le Coréen lors de la sortie du film en 2013.

La critique encense le long-métrage, tourné en anglais avec Chris Evans. Le film cartonne en Corée — 9 millions d’entrées — et relance dans le monde entier l’intérêt pour l’œuvre d’origine.

«Ça m’a sauvé», affirme Jean-Marc Rochette, ravi de le Palme d’or tout juste remportée par Bong Joon-ho pour son nouveau film Parasite.

«Sans lui, Le Transperceneige aurait été enterré. Ça a mis de la lumière sur moi et m’a permis de faire Ailefroide», déjà vendu à près de 60 000 exemplaires, un excellent chiffre pour une BD d’auteur.

Rochette partage désormais sa vie entre Paris l’hiver, où il dessine, et la région alpine de l’Oisans l’été, celle de son enfance, où il écrit. «On voit les Écrins de mon potager», sourit-il.

Et après 30 ans d’arrêt, il grimpe à nouveau, d’abord «des voies faciles», puis l’été dernier la Meije, une montagne du massif des Écrins.

Il profite aussi de cette renaissance pour sortir de nouveaux albums du Transperceneige, dont Extinctions, premier tome d’un antépisode en trois volumes, qui paraît parallèlement au Loup.

Un nouveau coup de projecteur se profile : une série adaptée de ses BD d’anticipation, avec Jennifer Connelly, est annoncée sur Netflix pour 2020.

Livres

Martin Michaud: sous la surface

Les affaires vont rondement pour l’auteur Martin Michaud. Le créateur de la populaire télésérie policière «Victor Lessard» vient de voir un autre de ses romans renaître, cette fois sous forme de bande dessinée, une première pour lui. Son éditeur européen, le Belge Dimitri Kennes, issu de l’univers de la bédé, a eu «un coup de coeur» pour «Sous la surface», paru en 2013.

«Je suis très excité par ce projet, mais je ne veux pas m’attribuer le mérite qui ne me revient pas», lance l’auteur originaire de Québec, en référence à la précieuse collaboration du dessinateur Marco Dominici et du scénariste Gihef. «J’ai eu un travail plus effacé. J’étais là comme une espèce de chien de garde.»

Livres

Serge Bouchard: à la mémoire de Bernard Arcand

Bernard Arcand a été comme un frère pour Serge Bouchard. À peu près du même âge, excellents communicateurs, les deux anthropologues ont formé une paire remarquable dans les années 90 à l’animation de l’émission «Le lieu commun et le déjà vu», à la radio de la Première chaîne de Radio-Canada.

Le destin a voulu que la mort fauche Arcand en janvier 2009. Cancer du pancréas. L’anthropologue de 63 ans laissait derrière lui plusieurs travaux inédits, dont une thèse de doctorat sur les Cuivas, une tribu de chasseurs-cueilleurs nomades qui vit dans les Llanos, en Colombie.

Livres

Légère baisse globale des ventes de livres en 2018 au Québec

MONTRÉAL — Les librairies du Québec ont maintenu leurs ventes de livres l’an dernier, mais globalement, les recettes de bouquins ont encore un peu reculé, révèle l’Institut de la Statistique du Québec (ISQ).

Ce résultat s’inscrit d’ailleurs dans une tendance à la baisse observée depuis plusieurs années, note l’ISQ.

Les librairies québécoises se sont toutefois démarquées en 2018: leurs ventes de livres neufs ont totalisé 397 millions $, ce qui représente même une légère hausse (près de 1 % ou 3,1 millions $ de plus) par rapport à l’année précédente, a calculé l’organisme.

Ce n’est par contre pas le cas des autres vendeurs de livres, qui ont connu une baisse en 2018.

Bref, en tenant compte de tous les points de vente, les recettes pour ventes de romans, de biographies, d’essais et de livres de recettes et de référence ont baissé de 1 % durant cette période, passant de 620 millions $ en 2017 à 614 millions $ en 2018.

Car outre les librairies, il existe une diversité de points de vente pour les livres.

Les détaillants de grande diffusion - notamment les grandes surfaces à rabais, les grands magasins, les kiosques à journaux et les pharmacies - ont vendu pour 76 millions $ de livres neufs en 2018, soit une baisse de 9,8 millions $ par rapport à l’année précédente.

Les éditeurs qui ont vendu directement aux consommateurs ont encaissé 2 millions de moins en 2018 qu’en 2017.

L’ISQ cite différentes hypothèses pour expliquer cette baisse des ventes: les Québécois dépenseraient moins qu’il y a cinq ans pour acheter des livres, ils s’en procurent une partie auprès de détaillants web situés hors Québec, comme Amazon.ca, et aussi, le prix des livres au Québec aurait baissé en moyenne.

Ces statistiques proviennent d’une enquête réalisée par l’Observatoire de la culture et des communications. L’enquête mesure la vente de tous les livres, peu importe leur langue, y compris les livres numériques.

Livres

70 ans plus tard, «1984» fascine toujours

LONDRES — Soixante-dix ans après sa parution, «1984», le roman glaçant du Britannique George Orwell fascine toujours les lecteurs, en particulier les plus jeunes, férus de dystopies et immergés dans les réseaux sociaux.

«Certains étudiants sont toujours choqués par le livre [...], d’autres le trouvent fascinant», souligne Michael Callanan, professeur d’anglais au collège Parmiter à Watford, au nord-ouest de Londres. «C’est le paradoxe de ce livre, bien qu’il ait 70 ans, il a gardé sa fraîcheur», ajoute cet enseignant qui participe à l’organisation du prix Orwell de la jeunesse, destiné à inciter les jeunes à exprimer leurs opinions politiques.

Écrit en 1948 — d’où son titre inversant les deux chiffres de la décennie — et publié le 8 juin 1949, «1984» décrit un futur où le Parti règne dans un pays totalitaire sous l’œil inquisiteur de «Big Brother». Le passé a été réécrit et une nouvelle langue empêche toute pensée critique.

Pour Jean Seaton, directrice de la fondation George Orwell, qui perpétue la mémoire et les réalisations de l’écrivain, mort en 1950 à 46 ans, son chef d’œuvre était «incroyablement prescient».

Comment ne pas voir dans les «Deux minutes de la haine», rituel lors duquel la population d’Océania est incitée à détester l’Ennemi du Peuple, les «gens déversant leur haine sur les réseaux sociaux», déclare à l’AFP cette professeure d’histoire des médias à l’Université de Westminster.

Boom grâce à Trump

En sept décennies, le livre n’a jamais vraiment disparu du paysage et a même connu des hausses des ventes.

En 2017, l’utilisation par une conseillère de Donald Trump, de l’expression «faits alternatifs», terme employé dans 1984, lui avait ainsi fait une énorme publicité, provoquant de nouvelles réimpressions de l’ouvrage, qui s’était déjà écoulé à 30 millions d’exemplaires aux États-Unis depuis sa parution.

Au Royaume-Uni, le livre a connu deux récents pics de vente : en 2013, après les révélations d’Edward Snowden sur la surveillance étatique et en 2017 après l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis. Cette année-là, les ventes ont grimpé de 165 % par rapport à l’année précédente, affirme la maison d’édition Penguin Books à l’AFP.

Pour Michael Callanan, qui enseigne depuis 30 ans, «ces deux dernières années, avec la montée de Trump, il y a une partie non négligeable d’étudiants qui s’inquiète beaucoup de la direction que prend le monde».

Culture populaire

Jean Seaton souligne de son côté que le livre a marqué les esprits «même de ceux qui ne l’ont pas lu» tant il a influencé la culture populaire, des films à la musique en passant par les jeux vidéos.

Les termes de «Big Brother», de «novlangue» sont entrés dans le langage courant au point qu’une nouvelle traduction de l’œuvre parue l’an dernier chez Gallimard et remplaçant certains termes et slogans — «novlangue» devenant ainsi «néoparler» — a fait sourciller certains.

Quand ils ouvrent le livre pour la première fois, les élèves de M. Callanan «reconnaissent immédiatement certaines choses comme la “doublepensée” ou la “police de la pensée”, des formules d’Orwell qui sont dans l’air du temps et que les gamins ont entendues», explique l’enseignant.

Le livre séduit d’autant plus qu’il s’inscrit dans un intérêt plus vaste du public pour les dystopies, ces fictions qui imaginent un avenir cauchemardesque, à l’image des séries à succès La servante écarlate ou Black Mirror, des films Hunger Games, et des romans Divergente ou U4.

M. Callanan a l’habitude de dire à ses élèves que George Orwell est le «grand-père» de ces œuvres plus récentes.

1984 reste un classique que «les gens lisent quand ils sont jeunes puis relisent quand ils sont plus âgés, accédant à une compréhension différente des choses», observe Jean Seaton. «Les gens le lisent à la recherche d’indices sur ce qu’ils devraient redouter aujourd’hui.»

Livres

Libre penseur de la nature et de l'éducation, Michel Serres s'éteint

PARIS — Le philosophe français Michel Serres, décédé samedi à 88 ans, s'est intéressé à toutes les formes du savoir, «un pied dans les sciences, un pied dans les humanités», anticipant les bouleversements liés aux nouvelles technologies de la communication.

Mathématiques, sociologie, histoire... Cet analyste brillant à l'accent rocailleux a repoussé les limites de la philosophie pour en explorer les contours, dans une langue compréhensible par le plus grand nombre.

Né le 1er septembre 1930 à Agen (sud-ouest de la France), fils d'un marinier, il entre à l'École navale en 1949, puis à la prestigieuse École normale supérieure en 1952, creuset des intellectuels français. Agrégé de philosophie trois ans plus tard, ce spécialiste de Leibniz, bouleversé par le bombardement d'Hiroshima en 1945, entreprend pourtant une carrière d'officier de marine, sillonne l'Atlantique et la Méditerranée, et participe comme enseigne de vaisseau à la réouverture du canal de Suez.

Il quitte la marine en 1958 et se tourne vers l'enseignement. À Clermont-Ferrand (centre de la France), où il côtoie Michel Foucault, puis à la Sorbonne, où lui, le philosophe, enseigne l'histoire des sciences.

Car Michel Serres a toujours opéré au-delà des frontières des disciplines universitaires. «Un philosophe ne peut se faire entendre sans les sciences et les lettres : à moins d'avoir acquis cette formation, il est désormais inaudible», expliquait-il.

Ses cours d'histoire débutent «avec zéro étudiant», mais peu à peu son auditoire s'étoffe. Et si ses premiers livres passent inaperçus, la notoriété vient dans les années 1980, avec la série intitulée Hermès, Les cinq sens, prix Médicis de l'essai en 1985, ou Éléments d'histoire des sciences (1989).

Dans Les cinq sens, il écrit qu'«il n'y a rien dans l'intellect si le corps n'a roulé sa bosse, si le nez n'a jamais frémi sur la route des épices».

À partir de 1984, il enseigne la philosophie à l'université californienne de Stanford, où il passe une partie de l'année.

Michel Serres place l'environnement au centre de sa réflexion, s'interroge sur «le passage du local au global» et porte un jugement résolument optimiste sur le développement des nouvelles technologies.

Révolution douce

En 1990, il est élu à l'Académie française, où il est reçu sans la traditionnelle épée, «en signe de paix». Il devient dès lors une figure intellectuelle familière et touche un plus large public.

Dans Le contrat naturel (1990), il propose de bâtir un nouveau droit pour réguler les rapports entre l'homme et la nature. Et Le tiers-instruit (1991), réflexion brillante sur l'éducation, l'impose comme un spécialiste de la question. Edith Cresson, première ministre, le charge de préparer «l'Université de France», qui doit délivrer un enseignement à distance des savoirs fondamentaux.

Mais son rapport jugé «utopique» est accueilli fraîchement. «On appelle utopique ce que l'on ne comprend pas», rétorque-t-il. «Nous sommes à l'an zéro d'une nouvelle manière de partager le savoir», analyse-t-il en 1996, en relevant que les moyens modernes de communication bouleversent la nature même de l'enseignement.

Son parcours le conduit à s'intéresser aussi bien aux Origines de la géométrie (1993) qu'à La légende des anges (1993) ou au créateur de Tintin, dont il fut l'ami pendant plus de 20 ans (Hergé, mon ami,2000).

Michel Serres a écrit au total quelque 80 ouvrages.

À un âge avancé, ce philosophe de la révolution douce continuait à publier un ou plusieurs livres par an — son dernier ouvrage, Morales espiègles, est paru en février.

En 2012, Petite Poucette (clin d'oeil à la maestria avec laquelle certains utilisent leurs pouces pour taper sur leurs portables) se vendit à plus de 270 000 exemplaires. Partant du postulat qu'un nouvel humain est né, le philosophe y analyse les mutations politiques, sociales et cognitives qui accompagnent cette «nouvelle révolution».

«En regard de ce que j'ai vécu durant le premier tiers de ma vie, nous vivons des temps de paix. J'oserai même dire que l'Europe occidentale vit une époque paradisiaque», malgré le terrorisme, a-t-il assuré à l'occasion de la sortie de Darwin, Bonaparte et le Samaritain, une philosophie de l'histoire (2016), essai très libre entre réflexion et poésie, à rebours du catastrophisme ambiant. Du pur Michel Serres.

Musique

La belle obsession de Geddy Lee

Timbres, disques, objets associés au baseball, bouteilles de vin... Geddy Lee l’admet d’emblée, il porte le «gène du collectionneur». Mais celui qui a marqué des générations de mélomanes au micro et à la basse de Rush n’avait jusqu’à récemment jamais été tenté de collectionner des instruments de musique. C’était avant qu’une offre ne vienne, selon ses propres dires, déclencher son obsession.

Quelque 250 basses plus tard, le musicien a décidé de documenter sa collection dans le bien nommé Geddy Lee’s Big Beautiful Book of Bass, un ouvrage de 400 pages illustré par le photographe Richard Sibbald. Il y détaille l’histoire de l’instrument et de son évolution technique, en plus d’interviewer d’autres collectionneurs et des bassistes de renom (John Paul Jones, Adam Clayton, Les Claypool et Robert Trujillo, notamment).

LIVRES

Deux prix Bédélys pour des auteurs québécois au 8e Festival BD de Montréal

MONTRÉAL - Deux bédéistes québécois ont remporté des prix Bédélys décernés vendredi soir dans le cadre du 8e Festival de la BD de Montréal (FBDM) qui bat son plein en fin de semaine au parc La Fontaine.

Il s’agit de Catherine Ocelot, qui s’est vu décerner le Bédélys Québec pour son livre La Vie d’artiste qui aborde les thèmes de la réussite, l’échec, l’angoisse et le doute à travers un récit d’entretiens menés avec différents acteurs du milieu culturel québécois. 

Daniel Pelchat a, pour sa part, reçu le Bédélys indépendant pour son premier album intitulé «La Fois où je suis tombé au carrefour», un court récit aux accents psychédéliques. 

Le Festival BD a aussi récompensé des auteurs étrangers. Le Bédélys étranger a été remis à l’auteur anglais Joff Winterhart pour Courtes Distances et l’Américaine Molly Knox Ostertag a reçu le Bédélys jeunesse pour Le Garçon sorcière.

Quelque 12 000 visiteurs sont attendus au Festival BD de Montréal d’ici dimanche et plusieurs en profiteront sans doute pour faire dédicacer leur livre parmi les 175 artistes sur place, dont le bédéiste français Yoann qui s’est vu confier en 2009 avec son collègue Fabien Vehlmann la réalisation de la série classique Spirou et Fantasio.

«Les amateurs de bandes dessinées francophones et anglophones auront l’occasion de rencontrer des vedettes», a indiqué la directrice générale du festival Johanne Desrochers, ce qui est souvent le cas lors de ce genre d’événement. Mais ce qui est particulier au Festival BD de Montréal, c’est que celui-ci se démarque aussi par l’importance qu’il accorde aux plus petits acteurs de ce marché en plein essor au Québec.

«Cette année, les autoéditeurs et les petites maisons d’édition occupent 58 tables parmi nos exposants, ce qui démontre toute l’effervescence de la communauté actuelle», affirme Mme Desrochers.

«Le festival est bilingue depuis quatre ans et on a près de 25 auteurs anglophones sur le site, du Canada et des États-Unis, mais le rayonnement du festival s’agrandit puisqu’on a aussi trois maisons d’édition françaises qui se sont inscrites au festival, ajoute-t-elle.

Pour tous les goûts

Le FBDM propose ainsi des ateliers pour tous les âges, de l’initiation au dessin manga, à la caricature de l’actualité, au brunch manga réservé aux enfants, entre autres. En plus des kiosques de 80 exposants, il y a de l’animation, des tables rondes et des rencontres avec des artistes sous forme de conversations avec le public, dont celles avec le Montréalais Michel Rabagliati et le Français Yoann.

«Ces rencontres sont très agréables parce que c’est dans un petit salon avec un animateur qui pose des questions et les gens peuvent participer à la conversation», souligne Mme Desrochers.

«Delaf et Dubuc, ce sont les auteurs de la série Les Nombrils. On connaît bien la série, mais on a moins souvent l’occasion de discuter avec ses auteurs québécois et apprendre à les connaître. Même chose pour Michel Rabagliati qui est l’auteur de la série Paul, qui aime bien parler avec son public et il est toujours très généreux de son temps», souligne Johanne Desrochers.

«Il y a aussi Yoann, un artiste français qui a repris la série Spirou. Il va nous parler du défi de reprendre cette série culte», poursuit-elle.

Le Festival BD de Montréal a donc pris de l’ampleur au fil des ans, mais ses organisateurs poursuivent le travail pour «redonner à la bande dessinée la place qu’elle mérite dans la culture à Montréal et ailleurs».

De plus en plus, la bande dessinée prend sa place, reconnaît Mme Desrochers qui souhaite «que la bande dessinée prenne toute la place qu’elle mérite et que Montréal devienne une plateforme d’échanges internationale en bande dessinée».

Livres

Décès de l’écrivaine britannique Judith Kerr à 95 ans

LONDRES — L’auteure et illustratrice britannique Judith Kerr, décédée à 95 ans, avait fui, enfant, l’Allemagne nazie pour Londres, où elle était devenue une «conteuse brillante», accédant à la reconnaissance dès son premier livre, Le Tigre qui s’invita pour le thé.

Elle est décédée mercredi chez elle à la suite d’une courte maladie, a annoncé jeudi son éditeur, HarperCollins.

«C’était une artiste et une conteuse extrêmement talentueuse qui nous a laissé une œuvre extraordinaire», a déclaré Charlie Redmayne, le pdg de HarperCollins, sa maison d’édition depuis 1968, année de publication du Tigre. Ce livre pour enfants a depuis été traduit et vendu à plus de 5 millions d’exemplaires dans le monde.

Sophie et sa maman prennent le thé dans la cuisine quand on sonne à la porte. Un énorme tigre s’invite à leur table, dévore le goûter, boit tout ce qu’il trouve, puis repart et ne revient jamais. Depuis sa publication, en 1968, cette histoire a été racontée à des générations d’enfants.

Née en Allemagne le 14 juin 1923 dans une famille juive, Judith Kerr était arrivée il y a plus de huit décennies à Londres, à l’âge de neuf ans, après avoir quitté Berlin précipitamment.

En février 1933, un policier anonyme appelle le père de Judith Kerr, Alfred Kerr, éminent critique de théâtre et dramaturge opposé au nazisme. «Mon père était cloué au lit avec la grippe et cet homme l’appelle et lui dit: “Ils veulent confisquer votre passeport, vous devez quitter le pays immédiatement”».

Alfred Kerr mesure immédiatement la gravité de la situation et prend le premier train pour la Suisse, où le rejoignent quelques jours plus tard sa femme et leurs deux enfants, un jour seulement avant la prise de pouvoir des nazis.

Judith Kerr a raconté cette fuite dans un roman intitulé Quand Hitler s’empara du lapin rose, un livre qui figure depuis des années au programme des écoliers allemands.

Deux écoles primaires portent aujourd’hui le nom de l’auteure, l’une à Berlin, non loin du quartier de Grunewald, où vivait la famille Kerr, et l’autre dans le sud de Londres.

Livres

Un Prix des libraires pour Francis Desharnais

Le bédéiste de Québec Francis Desharnais a été récompensé d’un Prix des libraires dans la catégorie BD québécoise, jeudi soir, pour son œuvre «La petite Russie». À l’international, sa consœur Emil Ferris a reçu le même honneur pour «Moi, ce que j’aime, c’est les monstres».

Remises pour une deuxième année par l’Association des libraires du Québec (ALQ), ces distinctions soulignent le travail d’auteurs d’ici et d’ailleurs qui ont par leurs créations «illuminé l’année littéraire 2018». Parmi les six lauréat, on compte la poète Joséphine Bacon dont le recueil Uiesh — Quelque part a retenu l’attention du jury. Chez les romanciers, la Québécoise Alexie Morin a été saluée pour Ouvrir son cœur, tout comme le Français Philippe Lançon pour Le lambeau. Robyn Maynard s’est aussi illustrée pour son essai Noires sous surveillance.

Livres

Publication d'un texte inédit de Ken Follett sur Notre-Dame

PARIS - L'écrivain britannique Ken Follett publiera le 13 juin un texte inédit sur la cathédrale Notre-Dame de Paris gravement endommagée par un incendie le mois dernier, a annoncé jeudi son éditeur français Robert Laffont.

Le titre de ce texte n'a pas été précisé mais les bénéfices et les droits d'auteur tirés de la vente du livre seront entièrement reversés à la Fondation du Patrimoine, chargée de récolter les fonds et de superviser la reconstruction du bâtiment public, a indiqué l'éditeur dans un communiqué.

Livres

Les mémoires de Barack Obama ne sortiront pas en 2019

WASHINGTON — Les mémoires post-Maison-Blanche de l'ancien président Barack Obama ne devraient pas être publiés cette année, ce qui laisse présager une sortie du livre tant attendu au cours de la campagne 2020.

L'éditeur Penguin Random House a commencé mardi à aviser ses partenaires étrangers et d'autres quant au statut du livre de Barack Obama. L'ancien président écrit lui-même le livre, rédigeant un premier brouillon à la main, une technique qu'il avait utilisée pour de nombreux discours à la Maison-Blanche et son premier succès de librairie, Dreams from My Father (Les rêves de mon père).

Livres

Éric-Emmanuel Schmitt fait chevalier de l’Ordre du Québec

L’écrivain Éric-Emmanuel Schmitt a été fait lundi, à l’Assemblée nationale, chevalier de l’Ordre national du Québec par François Legault, un grand admirateur de ses œuvres «qui font grandir».

Habituellement réservée aux personnages nés au Québec ou y habitant, la récompense lui a été décernée à titre honoraire, à la suite d’une recommandation du premier ministre. 

«Je l’avoue, j’avais une liaison avec le Québec. Aujourd’hui, c’est officiel», s’est amusé à dire le romancier, de passage dans la capitale pour la présentation du spectacle musical Le mystère Carmen

Par ailleurs, le compositeur et pianiste Steve Barakatt a reçu dimanche la médaille du Lieutenant-gouverneur du Québec, «pour mérite exceptionnel». Le musicien de Québec a présenté plus de 500 spectacles un peu partout dans le monde et vendu plus de cinq millions d’albums.  

Livres

Woody Allen ne trouve pas preneur pour ses mémoires

NEW YORK — Après producteurs et acteurs, ce sont désormais les éditeurs qui boudent le réalisateur américain Woody Allen, qui ne trouve pas preneur pour son projet de mémoires, selon le New York Times.

Le quotidien cite des dirigeants de quatre maisons d’édition majeures, sous couvert d’anonymat, qui affirment s’être vu proposer un manuscrit par un agent du metteur en scène.

Aucun d’entre eux n’a fait d’offre, ont-ils indiqué au New York Times, certains expliquant n’avoir même pas lu le texte.

Interrogées par l’AFP sur les informations du journal, les cinq grandes maisons d’édition aux Etats-Unis, HarperCollins, Hachette, Macmillan, Simon & Schuster et Penguin Random House n’ont fait aucun commentaire.

L’agent de Woody Allen n’a pas non plus répondu aux sollicitations de l’AFP.

Depuis le début de la vague du  #MeToo, Woody Allen a été rattrapé par les accusations d’abus sexuels lancées par sa fille adoptive Dylan en 1992.

Les poursuites à son encontre ont été abandonnées après deux enquêtes distinctes de plusieurs mois, menées à l’époque.

Mais Dylan Farrow, soutenue par sa mère adoptive Mia Farrow et son frère Ronan Farrow, a renouvelé, début 2018, ses accusations, que Woody Allen a toujours réfutées.

L’image du réalisateur oscarisé s’est également dégradée après une interview à la chaîne argentine Canal 13, diffusée en juin 2018, dans laquelle il estimait qu’il avait le profil pour être un héros du mouvement  #MeToo.

Son image étant brouillée, Woody Allen a vu plusieurs acteurs et actrices qui ont travaillé avec lui prendre leurs distances publiquement et indiquer qu’ils ne souhaitaient plus collaborer avec lui.

Début février, il a assigné en justice le groupe Amazon pour rupture abusive de contrat, reprochant au géant d’internet d’avoir mis fin à leurs accords de production.

Amazon a confirmé avoir rompu son engagement, qui portait sur le financement de quatre films et 68 millions de dollars au total, justifiant sa décision par des «accusations répétées» visant le metteur en scène et ses «déclarations controversées».

La procédure suit son cours et un procès pourrait avoir lieu en 2020.

Livres

Suspendu par le Salon international du livre de Québec, Philippe Sauvageau se défend [VIDÉO]

Le pdg du Salon international du livre de Québec (SILQ) suspendu temporairement, Philippe Sauvageau, s’est défendu mercredi des allégations qui pèsent contre lui sur des dépenses injustifiées et une mauvaise gestion.

«Je tiens à réfuter avec la plus grande fermeté ces accusations infiniment blessantes qui agrègent les éléments disparates dans l’intention de nuire à ma personne et à ma compagne ainsi qu’au SILQ», a déclaré Philippe Sauvageau entouré de son avocate, de sa conjointe et d’amis, lors d’une conférence de presse un peu surréaliste.

M. Sauvageau s’est dit outré de la décision du comité exécutif de l’avoir suspendu sur les simples révélations du Journal de Québec sur des dépenses lors de ses neuf voyages au Bénin ces 12 dernières années. Le Journal avait révélé que le coût de ces voyages s’élevait à plus de 30 000 $.

«J’ai été profondément choqué par les mesures disciplinaires prises à mon encontre par le comité exécutif du SILQ», a-t-il souligné.

Livres

Droit d’auteur: le gagne-pain des artistes

Un Québec sans musique originale, sans théâtre ni livres d’ici? Impensable, disent quelque 200 000 créateurs qui s’unissent pour rappeler l’importance des droits d’auteur qui assurent la survie de toutes ces formes d’art.

La loi canadienne sur le droit d’auteur est truffée d’exceptions qui permettent aux utilisateurs d’éviter de payer les redevances, estiment-ils.

Et parce qu’ils souhaitent un modèle qui soit plus juste et équitable, ils lancent ainsi une campagne de sensibilisation auprès de la population et des élus fédéraux en train de procéder à l’examen de cette loi.

Cette campagne, baptisée «Une vie sans art, vraiment?» est lancée à l’occasion de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur par un collectif de 16 organisations représentant plus de 200 000 artistes et créateurs. Des capsules vidéo seront diffusées pour illustrer la situation : on y verra des œuvres littéralement disparaître. Comme ce père en train de lire une histoire à son enfant avant l’heure du dodo, et dont le livre va se dissoudre sous ses yeux.

Encore plus d’exceptions

Les redevances provenant des droits d’auteur ne sont pas une taxe : elles font partie du gagne-pain des artistes, souligne Laurent Dubois, directeur de l’Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ) et l’un des porte-parole de la mobilisation.

Selon lui, la dernière révision de la Loi sur le droit d’auteur n’a fait que priver encore plus les créateurs en ajoutant une série de situations permettant d’éviter le paiement des redevances.

Alors qu’il n’y avait qu’une dizaine d’exceptions à la loi avant 1988, on en compte actuellement près de 85, ce qui représente 40 % du contenu de sa dernière version, soutient M. Dubois.

En entrevue, il a mentionné les exceptions à des fins éducatives et pédagogiques, et celle de l’utilisation des œuvres à des fins non commerciales. Il précise que les artistes ne veulent pas que ces exceptions soient éliminées, mais qu’elles soient plutôt «mieux encadrées». Certaines sont trop floues, dit-il, et ouvrent la porte aux abus.

«La loi n’est pas dissuasive. Il n’y a pas beaucoup de risques à ne pas payer les droits», explique M. Dubois. Les sociétés de collecte des droits sont obligées d’aller devant les tribunaux pour obtenir les droits. Depuis 2012, les redevances payées par les universités québécoises aux sociétés de gestion collective des redevances ont baissé de 50 %, avance-t-il.

Et ce n’est pas qu’une question d’argent : il y a aussi une question de droit moral pour l’artiste sur son œuvre, ajoute-t-il.

Musique

M. Dubois souhaite aussi que le modèle de perception des redevances soit mieux amarré aux nouvelles technologies : les amateurs de musique, par exemple, délaissent les disques pour des plateformes d’écoute en continu.

Et la loi n’est pas adaptée à ces nouvelles façons d’écouter la musique, ajoute de son côté David Bussières, auteur-­compositeur-interprète et l’un des deux membres du duo Alfa Rococo.

«Les revenus liés à la vente des disques ont littéralement disparu. Ils ne sont plus là. Ils ont été remplacés par le nombre d’écoutes qu’on génère sur les plateformes et ce sont vraiment des fractions de sous», explique-t-il.

Alors au lieu d’acheter un disque, les gens paient pour avoir accès à l’œuvre, en achetant un appareil comme un Ipod ou un téléphone intelligent et en payant pour un abonnement Internet.

«Mais ceux-ci ne contribuent pas financièrement à l’industrie culturelle.» De sorte que les gens n’ont jamais autant payé pour du contenu culturel, mais les créateurs n’ont jamais reçu aussi peu d’argent.

Livres

Le commissaire Maigret reprend du service

PARIS — Le commissaire Maigret reprend du service... 90 ans après sa première apparition dans un roman de l’écrivain belge Georges Simenon, disparu il y a bientôt 30 ans.

À l’occasion de ce double anniversaire, les éditions Omnibus (groupe Editis) ont pris l’initiative de rééditer (à 30 000 exemplaires) Tout Maigret, c’est-à-dire 103 romans et nouvelles réunis en 10 volumes avec des couvertures illustrés par Loustal.

Au cinéma, le réalisateur Patrice Leconte dirigera cet automne Daniel Auteuil qui jouera le rôle du commissaire dans un film inspiré du roman Maigret et la jeune morte. De nouveaux livres audio de Maigret sont annoncés.

«Chez Simenon, tout est bon», soutient l’académicien Goncourt Pierre Assouline. «On devrait ceindre son œuvre d’un bandeau intitulé “La condition humaine” et tant pis si c’est déjà pris».

Son collègue de l’académie Goncourt Philippe Claudel renchérit : «Il n’y a pas de petits romans de Simenon, de même qu’il n’y a pas de petites pensées de Pascal».

Pierre Assouline, auteur d’une biographie de référence de Georges Simenon (Simenon, Folio) et Philippe Claudel signent chacun une préface d’un des volumes de l’anthologie d’Omnibus aux côtés d’autres écrivains, dont l’Académicien français Dominique Fernandez, le réalisateur Bertrand Tavernier et l’acteur Bruno Solo.

Le nom de Maigret a surgi pour la première fois en 1929 sous la plume de Simenon (qui signe alors sous le pseudonyme de Georges-Martin Georges) dans le roman sentimental Une ombre dans la nuit, mais c’était sous les traits... d’un médecin.

Médecin ou commissaire? Dans sa biographie de Simenon, Pierre Assouline note que le commissaire Maigret reconnaîtra plus tard être un médecin raté.

En fait, Jules Maigret, le policier que des millions de lecteurs connaissent, est apparu pour la première fois ès qualités en 1930 dans Train de nuit (signé Christian Brulls, autre pseudo de Simenon). Mais il ne tient encore qu’une place secondaire dans le roman.

«Aucun succès»

Le premier «vrai» Maigret aurait pu être celui qui enquête dans La maison de l’inquiétude, mais Simenon estima que ce roman était raté et refusa de l’intégrer dans sa série.

Le premier Maigret «officiel» est Pietr-le-Letton, le premier livre que Simenon signe de son nom. Il est publié en 1931, mais Simenon racontera plus tard l’avoir rédigé d’un jet en septembre 1929 au cours d’un séjour à Delfzijl aux Pays-Bas.

Ce premier Maigret est déjà familier. Simenon le décrit comme «énorme et osseux» d’une «charpente plébéienne», «la pipe rivée dans la mâchoire»...

Le premier éditeur de Simenon, Arthème Fayard, n’est guère convaincu par ce commissaire bourru et cérébral. C’est «impubliable», dit-il à Simenon avant d’affirmer, rappelle Assouline, que les Maigret n’auront «aucun succès».

Face à son jeune auteur (Simenon a 27 ans) l’éditeur soupire : «Nous allons perdre beaucoup d’argent, mais je veux tenter l’expérience».

On connaît la suite. Depuis 1931, 600 millions de livres de Simenon se sont écoulés dans le monde, car Maigret dépasse largement l’espace du monde francophone. L’auteur belge est le troisième auteur de langue française le plus traduit dans le monde.

Le rythme de parution est frénétique. Entre 1931 et 1934, 19 Maigret sont publiés (le dernier le sera en 1972). Le commissaire Maigret devient une figure familière d’autant que le cinéma se met de la partie.

Dès 1932, Julien Duvivier réalise La tête d’un homme, avec Harry Baur dans le rôle du commissaire. Jean Renoir dirige son frère Pierre dans La nuit du carrefour. Jean Tarride, son père Abel dans Le chien jaune.

Au total, quelque 70 films et plus de 400 téléfilms ont été tirés des 75 romans et 28 nouvelles avec Maigret sans compter les films (comme Monsieur Hire ou La veuve Couderc) ou téléfilms adaptés des romans de Simenon sans le commissaire, ce que l’écrivain nommait ses «romans durs».

Parmi les interprètes de Maigret, on peut citer Michel Simon, Jean Gabin, l’Américain Charles Laughton, l’Italien Gino Cervi, l’Allemand Heinz Rühmann. A la télé, il y a eu Jean Richard, Bruno Cremer, le Japonais Kinya Aikawa ou le Britannique Rowan Atkinson.

Livres

L’écrivain Michel Houellebecq décoré par Emmanuel Macron

PARIS — Michel Houellebecq, l’auteur français contemporain le plus lu à l’étranger, a été décoré de la Légion d’honneur par Emmanuel Macron lors d’une cérémonie à l’Elysée, a indiqué jeudi la présidence de la République.

Michel Houellebecq figurait dans la liste des promus du 1er janvier, au grade de chevalier.

Parmi ses invités figurait notamment l’ex-président de la République Nicolas Sarkozy, selon des participants.

Le romancier de 63 ans, l’un des auteurs français les plus traduits, triomphe dans les librairies avec son dernier roman, «Sérotonine» (Flammarion).

Sombre et poignant, ce septième opus plonge ses lecteurs au coeur de la France rurale et souffrante. Écrit des mois avant l’apparition des «gilets jaunes», le roman semble avoir anticipé ce mouvement.

Enfant terrible des lettres françaises, écrivain visionnaire et polémique, Michel Houellebecq n’avait rien publié depuis «Soumission», paru début 2015, le jour même de l’attaque contre l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo. Toutes éditions confondues, cet ouvrage s’est écoulé à près de 800 000 exemplaires dans le monde francophone.

Livres

Le roman «Notre-Dame de Paris» au sommet des ventes sur le Web

PARIS — Le roman de Victor Hugo «Notre-Dame de Paris» est devenu le numéro un des ventes sur Internet et de nombreuses librairies sont en rupture de stock depuis le terrible incendie qui a partiellement détruit lundi soir la cathédrale parisienne mondialement connue.

Après les attentats ayant frappé Paris le 13 novembre 2015, le même phénomène avait été observé. Le livre Paris est une fête de l’Américain Ernest Hemingway était subitement devenu très populaire dans les librairies.

Face à cette demande, les éditeurs du roman en format de poche ont décidé de lancer de nouveaux tirages et de reverser les bénéfices au fonds de souscription lancé pour financer la reconstruction de l’édifice.

Rédigé en 1831, Notre-Dame de Paris, du poète et romancier français Victor Hugo, se situe en 1482 au moment du règne de Louis XI. Le roman a été maintes fois adapté au cinéma.

Un passage du roman attire particulièrement l’attention aujourd’hui. «Tous les yeux s’étaient levés vers le haut de l’église. Ce qu’ils voyaient était extraordinaire. Sur le sommet de la galerie la plus élevée, plus haut que la rosace centrale, il y avait une grande flamme qui montait entre les deux clochers avec des tourbillons d’étincelles, une grande flamme désordonnée et furieuse dont le vent emportait par moments un lambeau dans la fumée», écrit Victor Hugo.

Autour des personnages comme la bohémienne Esmeralda, le «monstre» Quasimodo, Frollo ou Phoebus, Hugo fait de la cathédrale la véritable héroïne de son roman. L’objectif du romancier est de réhabiliter un monument tombé en décrépitude.

«Sans doute, c’est encore aujourd’hui un majestueux et sublime édifice que l’église de Notre-Dame de Paris», écrit-il dans le chapitre intitulé Notre-Dame.

«Mais, ajoute-t-il, si belle qu’elle se soit conservée en vieillissant, il est difficile de ne pas soupirer, de ne pas s’indigner devant des dégradations, des mutilations sans nombre que simultanément le temps et les hommes ont fait subir au vénérable monument, sans respect pour Charlemagne qui avait posé la première pierre, pour Philippe-Auguste qui en avait posé la dernière.»

La publication du livre, qui connut un grand succès public, attira l’attention générale sur l’état «inadmissible» du monument.

Le mouvement d’opinion aboutira à la décision d’établir des concours auxquels participèrent de nombreux architectes, dont Jean-Baptiste-Antoine Lassus et Eugène Viollet-le-Duc, dont le projet de réhabilitation du monument fut retenu en 1844.

Le roman Notre-Dame de Paris est également accessible gratuitement et légalement sur Gallica, bibliothèque numérique de la Bibliothèque nationale de France.