Abonnez-vous à nos infolettres. Obtenez en plus et assurez-vous de ne rien manquer directement dans votre boîte courriel.
Le nouveau roman de J.K. Rowling disponible en français

Arts et spectacles

Le nouveau roman de J.K. Rowling disponible en français

PARIS — Le nouveau roman de J.K. Rowling, autrice à succès de la saga Harry Potter, mis gratuitement en ligne chapitre par chapitre depuis la semaine dernière en anglais, est désormais disponible en français, a-t-on appris jeudi auprès de son porte-parole.

Intitulé The Ickabog, le livre de J.K. Rowling «atteint un public international»: «des traductions sont disponibles en français, italien, allemand, espagnol et portugais brésilien sur www.theickabog.com, des traductions en russe et en chinois simplifié suivront bientôt», a indiqué Mark Hutchinson dans un communiqué adressé à l’AFP.

Des classiques à lire et à relire

Livres

Des classiques à lire et à relire

Il y a la lecture de ces livres qu’on repousse sans cesse, mais aussi les «j’aurais donc dû». C’est peut-être un bon moment pour se (re)plonger dans ces classiques. Voici des suggestions préparées par les journalistes des arts de vos quotidiens coopératifs. Cette semaine: l’amitié.

Les cerfs-volants de Kaboul (2003)
Khaled Hosseini

Le décor : Kaboul, dans les années 70. Kaboul et ses parfums épicés, enivrants. Son ciel bariolé de couleurs — celles des cerfs-volants du titre, qui colonisent les hauteurs de la ville l’été, durant les vacances scolaires. Le Kaboul fantasmatique des souvenirs d’enfance.

Mais aussi Kaboul et ses tirs nocturnes. Ses explosions. L’ombre du régime taliban.

Kaboul, sa poussière et ses inégalités sociales... que le roman de Hosseini transcende à travers ses deux protagonistes, Amir et Hassan. Sensiblement du même âge, les deux gamins ont grandi dans la même maisonnée, partagé les mêmes jeux, les mêmes fous rires et les mêmes secrets. 

Ils ne sont pourtant pas frères de sang, mais «frères de lait» : Amir est le fils du chef de famille, un riche homme d’affaires; Hassan est son «serviteur». Malgré leur différence de rang social, leur complicité est à toute épreuve, rappelle Amir, qui, une fois adulte, partage ses souvenirs.

Portrait bouleversant d’une amitié profonde que le destin compliquera, Les cerfs-volants de Kaboul porte aussi les marques des grandes tragédies classiques. Tirant sur les fils de la faiblesse humaine — la bassesse et la bêtise des uns, l’orgueil, la jalousie et la lâcheté des autres — l’implacable premier roman de Khaled Hosseini, Américain francophone d’origine afghane, invite à réfléchir sur le sentiment de honte et de culpabilité. Et, comme chez Wajdi Mouawad, sur la notion de pardon et de rédemption. Yves Bergeras, Le Droit

La romancière Joyce Carol Oates lauréate d’un prestigieux prix

Livres

La romancière Joyce Carol Oates lauréate d’un prestigieux prix

PARIS — L’écrivaine américaine Joyce Carol Oates, dont le nom est régulièrement cité pour le prix Nobel de littérature, a reçu le prestigieux Prix mondial Cino del Duca pour l’ensemble de son œuvre, a-t-on appris lundi auprès de l’Institut de France.

Le prix mondial Cino del Duca, l’un des grands prix des fondations de l’Institut de France, est doté de 200 000 euros (305 000 $).

Des classiques à lire et à relire

Livres

Des classiques à lire et à relire

Il y a la lecture de ces livres qu’on repousse sans cesse, mais aussi les «j’aurais donc dû». C’est peut-être un bon moment pour se (re)plonger dans ces classiques. Voici des suggestions préparées par les journalistes des arts de vos quotidiens coopératifs. Cette semaine: l’humour noir.

Les aventures d’Augie March (1953)
Saul Bellow

«Je suis un Américain». C’est par ces mots que Saul Bellow amorce Les aventures d’Augie March, l’œuvre la plus foisonnante de sa carrière. Né à Lachine, l’écrivain a grandi à Chicago, où se déroule ce roman publié en 1953. Le personnage central, son alter ego, est d’autant plus fascinant qu’il ne cesse de se réinventer.

Né au sein d’une famille juive de condition modeste, Augie est le faire-valoir de Simon, son aîné. Plus costaud, plus ambitieux, celui-ci a le chic pour améliorer l’ordinaire du groupe complété par une mère éteinte et une grand-mère querelleuse. Le père étant absent, c’est lui, l’homme de la maison, celui qui déniche du travail, trempe dans différentes combines, en quête de sa version du rêve américain.

À première vue, Augie aussi est facile à cerner. On le sent influençable, prompt à embarquer dans des plans mort-nés. Il participe à un vol qui échoue, fait un peu de prison, se met au service d’un type qui a l’air d’en mener large (juste l’air, évidemment), avant de rebondir dans le rôle d’homme de compagnie au service d’une bourgeoise qui, soulignons-le, ne sollicite pas ses faveurs.

Les années de prospérité défilent, suivies par la Dépression, et Augie demeure constant dans son inconstance. Le voici au Mexique, amoureux d’une fille de bonne famille qui domestique un aigle dans le but de le vendre au prix fort, ce qui donne lieu à des scènes très drôles. Puis, c’est la séparation et pendant que notre héros broie du noir, on lui offre de jouer au touriste avec Trotsky en se faisant passer pour son neveu. Une idée folle pour déjouer les assassins envoyés par Staline. Bien sûr, il accepte.

C’est à petites touches que les qualités d’Augie finissent par ressortir. Sa bonté, sa curiosité, son intelligence. Semée de petites et grandes tragédies, sa quête du bonheur est relatée avec tant d’allant qu’on sourit autant qu’on réfléchit. Les réflexions de Bellow sur la marche de l’humanité jettent un éclairage pertinent sur une période trouble, annonciatrice de troubles plus grands encore. Daniel Côté, Le Quotidien

Naomi Fontaine remporte le Prix littéraire des collégiens

Arts et spectacles

Naomi Fontaine remporte le Prix littéraire des collégiens

Le confinement dû à la pandémie de COVID-19 n’a pas empêché quelque 800 étudiants de poursuivre leurs débats et de décerner le Prix littéraire des collégiens à Naomi Fontaine pour Shuni: ce que tu dois savoir, Julie.

On a annoncé la récompense jeudi en toute discrétion sur les réseaux sociaux par l’entremise d’une courte vidéo. La résidente d’Uashat, près de Sept-Îles, s’est y dite touchée.

Guillaume Musso, auteur le plus lu pendant le confinement

Livres

Guillaume Musso, auteur le plus lu pendant le confinement

PARIS — Le romancier Guillaume Musso dont le prochain livre, La vie est un roman, est attendu en librairie le 26 mai, a été l’auteur le plus lu durant le confinement, selon une étude réalisée par l’institut GfK pour Livres Hebdo.

«Huit semaines de confinement, les librairies fermées, le marché du livre qui s’effondre. Pourtant les livres se sont vendus, avec en tête la fiction et le format poche», relève mardi le magazine professionnel sur son site Internet.

En tête des ventes, on trouve Guillaume Musso, auteur préféré des Français depuis neuf ans, qui a cartonné avec l’édition de poche de La vie secrète des écrivains (Livre de Poche).

Musso partage le podium avec Michel Bussi qui prend la deuxième place du classement avec J’ai dû rêver trop fort et Aurélie Valognes qui se classe au troisième rang des meilleures ventes avec La cerise sur le gâteau (Livre de Poche).

Michel Bussi réussit l’exploit d’être cité trois fois dans le Top 20. Son dernier roman en grand format, Au soleil redouté (Presses de la cité), publié en février, a été le cinquième livre le plus vendu durant le confinement. L’édition de poche de Tout ce qui est sur terre doit périr (Pocket) est à la 19e place.

Aurélie Valognes est aussi présente plus d’une fois dans le classement. Son dernier roman grand format, Né sous une bonne étoile (Mazarine) se classe à la 7e place des livres les plus vendus durant le confinement.

Côté grands formats, on trouve également Leïla Slimani dont le dernier roman, Le pays des autres (Gallimard) se classe 10e.

Le livre de la lauréate du prix Goncourt est sorti quelques jours avant le confinement et Gallimard a décidé de le remettre en vente à la fin du mois.

Toujours du côté des grands formats, Pierre Lemaitre (Miroir de nos peines, Albin Michel), et Agnès Ledig (Se le dire enfin, Flammarion) ont trouvé leurs lecteurs. Leur roman se classe respectivement à la 13e et 14e place du classement.

Livre le plus vendu en France en 2019, le dernier album d’Astérix, La fille de Vercingétorix a également été beaucoup acheté durant le confinement. L’album des aventures du Gaulois créé par René Goscinny et Albert Uderzo (disparu durant le confinement) est la seule BD du classement des meilleures ventes et occupe la 20e place.

Une nouvelle plate-forme québécoise pour faciliter la lecture en ligne

Arts

Une nouvelle plate-forme québécoise pour faciliter la lecture en ligne

La plateforme numérique Quoilire.ca, a vu le jour, ce mardi 19 mai.

Ce nouvel outil en ligne vise à mieux faire bénéficier le grand public, à distance, de l’expertise des spécialistes en bibliothèques publiques durant la période de confinement. 

Le lecteur curieux pourra y trouver des suggestions de lecture personnalisées.

Afin d’ aider à trouver des livres au goût de chacun, Quoilire.ca propose trois options : des listes de lecture thématiques, des capsules vidéo, ainsi qu’un formulaire en ligne permettant au lecteur de décliner la liste de ses intérêts. 

Ce questionnaire à remplir constitue «l’élément clé de la plateforme», souligne le réseau de bibliothécaires, par voie de communiqué.

Les spécialistes des bibliothèques publiques du Québec s’engagent à envoyer, «dans un délai de trois jours ouvrables, une sélection de 3 livres» correspondant au profil de lecteur qui se dégage de ce questionnaire.

Pour les lecteurs souhaitant avoir «une présentation rapide» de suggestions, Quoilire.ca suggère de recourir aux listes thématiques, dans lesquelles des livres sont préselectionnés non seulement en fonction de leur thème, mais aussi d’autres critères, comme l’âge et le genre de lecture.

La page consacrée aux Capsules vidéo permet de découvrir «des passionnés de lecture» ravis de partager leurs propres suggestions et coups de coeur.

Des classiques à lire et à relire

Livres

Des classiques à lire et à relire

Il y a la lecture de ces livres qu’on repousse sans cesse, mais aussi les «j’aurais donc dû». C’est peut-être un bon moment pour se (re)plonger dans ces classiques. Voici des suggestions préparées par les journalistes des arts de vos quotidiens coopératifs. Cette semaine: l'enfance.

L’avalée des avalés (1966)
Réjean Ducharme

«S’il n’y avait pas d’enfants sur la Terre, il n’y aurait rien de beau», a écrit Réjean Ducharme, une année après la parution de L’avalée des avalés. Ceci explique cela : le mystérieux auteur aura, toute son œuvre, creusé le thème de l’enfance et, plus particulièrement, celui du rejet du monde des adultes.

Les exemples abondent outre ce premier livre, publié chez Gallimard et Prix du gouverneur général en 1966, où Ducharme confie la narration à Bérénice, qui vit son adoration pour son frère Christian. Dans Le nez qui voque (1967), Mille Milles, un ado de 16 ans, raconte son destin et celui de Chateaugué, 14 ans. Ici, ils ne sont pas frère et sœur de sang, mais par osmose. Dans la pièce de théâtre Inès Pérée et Inat Tendu, chef-d’œuvre dramaturgique, liberté et désobéissance guident ces deux adolescents attardés qui parcourent un monde absurde.

Dans L’avalée des avalés, Ducharme exprime cette idée d’innocence de l’enfance, qu’il oppose à la laideur de l’adulte et ses pulsions sexuelles. Une pureté non idéalisée : Bérénice est «vénéneuse».

Dans ce roman d’apprentissage où la narratrice va évoluer au fil du temps jusqu’au début de la vingtaine, notre héroïne sème la zizanie chez ses parents, finit par lasser son oncle qui l’a accueillie et aboutira en Israël, en pleine guerre.

Dès ce premier essai lyrique, Ducharme nous happe par la puissance évocatrice de son écriture, parsemée d’éclairs de génie et de néologismes, partie intégrante et distinctive de son style. Roman remuant, L’avalée des avalés occupe une place mythique au firmament de notre littérature, mais c’est aussi une œuvre vivante et captivante. Éric Moreault, Le Soleil

Le nouveau roman d’Elena Ferrante disponible en français le 9 juin

Arts et spectacles

Le nouveau roman d’Elena Ferrante disponible en français le 9 juin

PARIS — Le nouveau roman de la mystérieuse écrivaine italienne Elena Ferrante, La vie mensongère des adultes, sera disponible en français le 9 juin, a-t-on appris mercredi auprès de son éditeur.

Publié chez Gallimard, La vie mensongère des adultes (La vita bugiarda degli adulti, paru en Italie en novembre) raconte le passage douloureux de l’enfance à l’adolescence d’une jeune narratrice prénommée Giovanna, à Naples, dans les années 1990.

Le Goncourt du premier roman décerné à Maylis Besserie

Livres

Le Goncourt du premier roman décerné à Maylis Besserie

PARIS — Le prix Goncourt du premier roman a été décerné lundi à Maylis Besserie, productrice de radio, pour Le tiers temps, roman imaginant les derniers jours du dramaturge et écrivain irlandais Samuel Beckett.

Le Goncourt de la nouvelle a été attribué à l’écrivaine Anne Serre pour Au cœur d’un été tout en or (Mercure de France), le Goncourt de la biographie au réalisateur et scénariste Thierry Thomas pour Hugo Pratt, trait pour trait (Grasset), et le Goncourt de la poésie au poète et essayiste Michel Deguy pour l’ensemble de son œuvre.

Des classiques à lire et à relire

Livres

Des classiques à lire et à relire

Il y a la lecture de ces livres qu’on repousse sans cesse, mais aussi les «j’aurais donc dû». C’est peut-être un bon moment pour se (re)plonger dans ces classiques. Voici des suggestions préparées par les journalistes des arts de vos quotidiens coopératifs. Cette semaine : les journalistes qui écrivent des histoires...

Le lion (1958) 
Joseph Kessel

Aviateur durant la Première Guerre mondiale, journaliste correspondant de guerre à l’aube de la Seconde puis capitaine dans l’aviation, Joseph Kessel s’est aussi engagé dans la Résistance — expérience dont il tirera L’Armée des ombres

De ses nombreux voyages aux quatre coins du globe — Afrique, Afghanistan, Palestine, Birmanie, etc. — il tirera plus tard de nombreux articles... et la matière première de plusieurs romans, dont Les Cavaliers (souvent considéré comme son chef d’œuvre) et Le Lion, récit d’une amitié — de l’amour fusionnel, plutôt — entre une fillette et un lionceau. Ce bouquin, sans doute parce qu’il est accessible aux lecteurs adolescents, connaîtra un immense succès en librairie (il sera adapté en film en 1962) qui ne s’est toujours pas démenti.

Le décor est campé en pleine savane kényane, dans une réserve faunique gérée par le père de la fillette. En grandissant, le lionceau (prénommé King... rien à voir avec le félin des studios Disney) sera fatalement appelé à retrouver sa nature sauvage, et à retourner à son habitat. 

À la fois inquiet et fasciné par cette relation aussi puissante que dangereuse, un homme de passage décrit les jeux de la fillette et de l’animal. Il témoigne sans interrompre, à la façon d’un journaliste.

Toujours nez à mufle, le couple donne l’impression de partager le même langage. Au point que les guerriers de la tribu Massaï établie à proximité considèrent la sauvageonne comme une petite sorcière blanche. Guerriers qui, bien sûr, pratiquent la chasse au lion. Un drame couve, inéluctable, suggère le narrateur...

Roman déjà captivant sur le plan ethnologique (Kessel se serait inspiré d’un fait vécu), Le lion est aussi un récit bouleversant sur l’innocence et l’éveil à la cruauté. Celle du monde animal. Et celle de la nature humaine, parfois. Yves Bergeras, Le Droit

Prix des libraires : Marie-Ève Thuot et Anne-Marie Desmeules récompensées

Livres

Prix des libraires : Marie-Ève Thuot et Anne-Marie Desmeules récompensées

Ce n’est pas la COVID-19 qui allait empêcher l’Association des libraires du Québec de célébrer la littérature. Récompensant entre autres la romancière Marie-Ève Thuot et la poète Anne-Marie Desmeules, les Prix des libraires ont été remis jeudi lors d’un gala virtuel animé par Philippe-Audrey Larrue-St-Jacques.

Pour son premier roman, La trajectoire des confettis (Les Herbes rouges), Marie-Ève Thuot a retenu l’attention parmi les romans, nouvelles ou récits québécois. Anne-Marie Desmeules s’est de son côté démarquée pour le recueil Le tendon et l’os (l’Hexagone), qui lui avait plus tôt cette année valu un prix littéraire du Gouverneur général.

Elsie Reford, l’audacieuse en avance sur son temps

Livres

Elsie Reford, l’audacieuse en avance sur son temps

Dans son plus récent roman intitulé Une bourgeoise d’exception : la femme derrière les Jardins de Métis, Pauline Gill nous fait découvrir des pans méconnus de la vie d’Elsie Reford et des drames qu’elle a traversés. Il s’agit de l’un des rares ouvrages à s’intéresser au parcours de cette femme avant qu’elle ne fonde, à l’âge de 54 ans, les Jardins de Métis, situés aux portes de la Gaspésie.

Pauline Gill a rédigé ce roman historique lorsque le directeur des Jardins de Métis, Alexander Reford, lui a accordé son autorisation écrite et lui a donné accès aux archives de son arrière-grand-mère, un consentement que l’écrivaine attendait depuis des années. Entrevue avec Pauline Gill.

Q Comment vous est venue l’idée d’écrire sur la vie d’Elsie Reford et pourquoi?

R J’avais visité les Jardins de Métis et je les avais trouvés magnifiques. Je voyais ici et là la photo d’Elsie, mais il n’y avait pas grand-chose à son sujet. Toutes les publications font beaucoup de place aux fleurs, mais pas assez à Elsie. On ne connaissait pas les 54 premières années de sa vie. J’en ai parlé à Alexander et il m’a dit qu’il autoriserait seulement une biographie. Mais il n’y avait pas assez d’information pour faire une biographie. Il n’était pas d’accord qu’il y ait un roman historique à son sujet. Dix ans plus tard, j’ai reçu sa permission.

Q Pourquoi Alexander Reford ne voulait-il pas qu’on écrive un roman historique sur son arrière-grand-mère?

R Il craignait que ce qui serait écrit fasse ombrage à la réputation d’Elsie. Mais, quand j’écris sur la vie d’une pionnière, ce n’est jamais pour la rabaisser; c’est pour la sortir de l’anonymat. J’ai fait les recherches et j’ai trouvé suffisamment d’information pour publier le livre. J’avais très peu de fiction à mettre dans le livre parce que la correspondance entre Elsie et Lord Grey était amplement savoureuse pour que je puisse découvrir qui était cette femme et ce qui la motivait. Elle livrait ses émotions, ses appréhensions et ses ambitions. Elle a trouvé en Lord Grey la personne qu’il lui fallait pour aller plus loin. Il lui disait qu’elle avait beaucoup de talents et l’a même emmenée à s’intéresser à la politique. Je suis tombée amoureuse de ce personnage-là, une femme brillante et visionnaire, en plus d’avoir toutes les qualités sportives et d’être engagée. C’est elle qui a formé le premier club de femmes au Canada. Elle est aussi allée aider à l’organisation des fêtes du 300e anniversaire de Québec, à l’époque où les femmes n’avaient aucun droit de parole! Elle s’est aussi dévouée dans les hôpitaux. Il y a plein de choses qu’elle a faites et qui étaient restées dans l’anonymat. C’est pour ça que je tenais à écrire à son sujet.

Q Pourtant, Elsie Reford ne voulait pas que l’on parle d’elle. N’est-ce pas la raison pour laquelle elle avait détruit tous ses carnets?

R Effectivement, ce n’était pas un souhait. Je pense que si je l’avais approchée de son vivant en lui faisant part de mes intentions, elle n’aurait pas été d’accord. Mais maintenant qu’elle n’est plus là, on a la liberté de parler de cette anglophone qui s’est dévouée auprès de la population, des pauvres, des malades; elle était philanthrope. C’était une femme complète. Elle était une femme très ambitieuse, audacieuse et exigeante.

Q Quand vous parlez des premières années de la vie d’Elsie Reford, est-ce les faits exacts ou est-ce de la fiction?

R J’avais toutes les bases historiques. Je savais dans quelle ville elle était née, où sa famille avait déménagé, quelles étaient ses passions, son amour pour la musique. Tout ça était archivé. Pour écrire sur son enfance et sa jeunesse, j’ai essayé de voir comment cela pouvait se vivre dans ce temps-là. C’est ce qui m’a demandé le plus de recherche parce qu’il a fallu que je lise beaucoup sur la bourgeoisie et sur l’ambiance sociale du secteur qu’on appelait le Mille Carré doré. C’est une histoire qui m’a passionnée parce que cette femme-là n’avait pas de restrictions, pas de préjugés. C’était une femme libre, audacieuse et soucieuse du bien-être des gens. Elle excellait dans tous les domaines. Il y a le côté de la maternité qui la passionnait moins.

Une version gratuite d’<em>Harry Potter</em> lue par Daniel Radcliffe

Arts

Une version gratuite d’Harry Potter lue par Daniel Radcliffe

NEW YORK – Spotify va mettre en ligne gratuitement une version audio du premier tome de la série littéraire Harry Potter, lue par des célébrités, notamment l’acteur Daniel Radcliffe, qui a incarné le sorcier à lunettes au cinéma.

La plateforme de musique et de contenu audio a mis en ligne mardi le premier chapitre, lu par le comédien britannique qui a joué dans les huit volets cinématographiques d’Harry Potter, de 2001 à 2011.

Suivra, chaque semaine, un autre chapitre, lu par des célébrités comme l’ancien footballeur professionnel David Beckham, l’acteur Eddie Redmayne ou la comédienne Dakota Fanning.

La version audio sera accessible aux abonnés à la formule gratuite de Spotify ainsi qu’à la formule payante.

Des vidéos des enregistrements seront mises en ligne sur le site wizardingworld.com, portail officiel de la saga Harry Potter et de l'univers des Animaux fantastiques.

Plus de 500 millions de livres de la saga Harry Potter ont été vendus dans le monde.

Selon Wizarding World, le premier tome, publié en 1997, demeure le plus vendu de tous.

Les 400 coups remportent un prix prestigieux

Arts et spectacles

Les 400 coups remportent un prix prestigieux

La maison d’édition Les 400 coups a remporté le prestigieux prix BOP de la Foire du livre jeunesse de Bologne (FLJB) pour l’Amérique du Nord.

Créé en 2013, à l’occasion du 50e anniversaire de la Foire, ce prix récompense les éditeurs pour la jeunesse qui se sont distingués par leurs compétences professionnelles — une gratification qui arrive à point pour souligner le quart de siècle des 400 coups.

Virus: la science-fiction en lanceur d’alerte

Arts

Virus: la science-fiction en lanceur d’alerte

PARIS — Un virus invisible et stressant, des morts en cascade, la moitié de l’humanité vivant à huis clos : la pandémie actuelle fait écho à un ensemble d’œuvres de science-fiction qui nous mettent en garde depuis très longtemps, nous rappelant que nous sommes aussi des Homo vulnerabilis.

«Si la science-fiction a une utilité, en plus du plaisir de la lecture, c’est d’essayer de voir, en se basant sur le présent, ce qui peut se passer dans l’avenir et dire: attention !» explique Jean-Pierre Andrevon, auteur de Le monde enfin, une œuvre devenue un classique qui raconte le monde après une pandémie.

Houellebecq ne croit pas à un «nouveau monde» après la COVID-19

Livres

Houellebecq ne croit pas à un «nouveau monde» après la COVID-19

PARIS — L’avènement d’un «nouveau monde» après la crise engendrée par l’épidémie de coronavirus ne convainc pas le célèbre écrivain français Michel Houellebecq qui fait le pari au contraire d’un monde «un peu pire».

«Je ne crois pas une demi-seconde aux déclarations du genre “rien ne sera plus jamais comme avant”. Au contraire, tout restera exactement pareil», affirme l’écrivain, auteur notamment de La carte et le territoire» dans une lettre lue lundi à la radio France Inter.

Des classiques à lire et à relire

Livres

Des classiques à lire et à relire

Il y a la lecture de ces livres qu’on repousse sans cesse, mais aussi les «j’aurais donc dû». C’est peut-être un bon moment pour se (re)plonger dans ces classiques. Voici des suggestions préparées par les journalistes des arts de vos quotidiens coopératifs.

› La nouvelle rêvée (1926)
Arthur Schnitzler

Comment ne pas confondre le rêve et la réalité lorsqu’on habite à Vienne au début du 20e siècle? Dans la ville dont Freud est un citoyen éminent, bien que nimbé d’une aura sulfureuse? L’écrivain Arthur Schnitzler, médecin de son état, ne pouvait échapper à cette douce obsession.

Dans La nouvelle rêvée, un ouvrage publié à partir de 1925, le maître vieillissant montre que son esprit demeure en prise avec l’époque. Le ton est résolument moderne, en ce sens que l’histoire racontée se prête à tous les décodages. Réalité, rêve ou fantasme?

Pas étonnant qu’à la fin de sa vie, Stanley Kubrick n’ait pu résister à l’envie de livrer son interprétation dans le film Eyes Wide Shut (Les yeux grand fermés). Il y a de la matière à l’infini dans cette nouvelle qui se déroule à l’intérieur d’une poignée de jours. Tant de confessions, de rencontres improbables, de pulsions mortifères, ne pouvaient laisser le cinéaste indifférent.

Schnitzler met en scène un couple encore jeune, au bonheur apparemment inaltérable. Il donne l’impression de s’aimer et vit confortablement. Fridolin et Albertine ont ceci de particulier qu’ils se racontent tout, y compris des souvenirs susceptibles de troubler l’autre. C’est ce qu’ils font à la suite d’un bal costumé, en explorant un peu trop hardiment le registre des désirs dissimulés.

Tout ce qu’il convient d’ajouter, c’est que dans la Vienne du tournant du siècle, où la pulsion de mort a provoqué maints duels, suicides, crimes en tous genres, ces péripéties coulent de source.

Malgré sa trame narrative d’une rare densité, La nouvelle rêvée se lit toute seule, de préférence à la tombée de la nuit. Et soyez prévenus, elle a le pouvoir de rouler longtemps dans votre tête. Daniel Côté (Le Quotidien)

Décès du romancier Georges-Jean Arnaud

Arts et spectacles

Décès du romancier Georges-Jean Arnaud

PARIS — Le romancier français Georges-Jean Arnaud, auteur de plus de 400 titres dont la gigantesque saga de science-fiction La compagnie des glaces est mort dimanche à l’âge de 91 ans, a-t-on appris mercredi auprès de son éditrice.

«Il s’est éteint dimanche. C’est une grande perte pour la littérature populaire française, non seulement pour la SF mais aussi pour ses policiers, ses romans d’espionnage et grands romans», a confié à l’AFP Nathalie Carpentier, fondatrice et directrice des éditions French Pulp.

Per Olov Enquist, biographe des ombres, est mort à 85 ans

Livres

Per Olov Enquist, biographe des ombres, est mort à 85 ans

STOCKHOLM — Figure dominante de la littérature scandinave du XXe siècle, le Suédois Per Olov Enquist, décédé à l’âge de 85 ans, a produit une oeuvre puissante en plongeant dans les ombres de l’Histoire et de sa propre biographie, mélancolique et tonitruante.

Romancier, dramaturge, journaliste, essayiste, Per Olov Enquist s’est éteint samedi soir, ont annoncé sa famille et son éditeur.

Ses écrits ont été traduits dans des dizaines de langues, depuis L’oeil de cristal publié en 1961 jusqu’au Livre des paraboles en 2013. En français, ont notamment paru Le Cinquième Hiver du magnétiseur, Hess, Le Départ des musiciens, L’Ange déchu, La Bibliothèque du capitaine Nemo, Blanche et Marie.

Son roman sur la folie du roi Christian VII de Danemark, Le médecin personnel du roi, lui vaut en 1999 le prix August, la plus haute récompense littéraire suédoise, et en 2001 en France le prix du Meilleur livre étranger.

Il accède à la reconnaissance internationale en 1968 avec L’extradition des Baltes, une enquête à charge contre la Suède qui, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, a renvoyé en Union soviétique des soldats des pays Baltes réfugiés.

Souvent cité parmi les favoris du prix Nobel de littérature décerné par l’Académie suédoise, il est mort sans avoir décroché la prestigieuse récompense.

«Rares sont ceux qui ont inspiré tant d’autres écrivains, renouvelé comme lui le roman documentaire et vitalisé l’art dramatique suédois», ont réagi dimanche ses éditeurs suédois de la maison Norstedts.

Son autobiographie Une autre vie, parue en Suède en 2008, est couronnée par un second prix August, créé en 1994 en hommage à August Strindberg, l’enfant terrible de la littérature suédoise à qui «POE» disait tant devoir.

L’auteur y narre sa jeunesse solitaire dans l’extrême nord de la Suède auprès de sa mère institutrice, veuve, luthérienne rigoriste qui rêvait pour lui du séminaire.

Né en 1934 à Hjoggböle, austère paroisse du Nord, il grandit dans un décor bergmanien avec le souvenir d’avoir hérité du lit destiné à son frère mort à la naissance, de l’absence d’un père décédé alors qu’il n’avait pas un an, de sa mère qui le pousse à inventer des péchés à confesser.

Puis, ce géant au regard froncé d’un Gregory Peck s’émancipe, entre au lycée, pratique le saut en hauteur à haut niveau, s’éveille au journalisme, à l’écriture, aux femmes.

Il manque de peu la qualification pour les Jeux olympiques de Rome en 1960 et se retrouve, comme journaliste, au cœur des JO 1972 de Munich où 11 athlètes israéliens sont tués par le commando palestinien Septembre noir.

Survivre

À l’âge d’homme surgissent les terreurs, la dépression, le doute de soi, de la valeur de l’existence.

«Je crois que toute ma vie j’ai voulu être écrivain et je n’ai jamais laissé tomber. Il n’a pas été facile de survivre...» racontait Enquist à l’AFP en 2011.

Dans son appartement de Stockholm où il recevait alors, un pan entier de mur était masqué par des livres de poésie, de théâtre, par des romans ou des contes: son œuvre, rien que son oeuvre, en suédois, anglais, français, russe, etc...

«C’est ma bibliothèque égocentrique, expliquait-il. À chaque fois que je perds le moral parce que je ne parviens pas à écrire, je la regarde et je me dis “allez, ce mur fait sept mètres de long, j’ai donc fait un petit quelque chose dans ma vie, alors je peux mourir”.»

Per Olov Enquist, c’est enfin une lutte à mort contre l’alcoolisme. Il passe trois ans à Paris, sans quasiment dessoûler.

«Je vivais dans un somptueux appartement sur les Champs-Élysées, mais je ne pouvais rien écrire […]. Je me souviens de la magnifique vue que j’avais depuis le balcon, Paris était très beau à regarder, mais je n’arrivais pas à l’utiliser.»

La troisième cure est la bonne, parce qu’on lui laisse son ordinateur et qu’un beau jour, il se rend compte qu’il est «toujours un écrivain».

«Le plus terrible pour un écrivain, ce n’est pas d’écrire, mais de ne pas écrire. C’est une période de ma vie qui est maintenant derrière moi et que j’ai été content de raconter.»

Des classiques à lire et à relire

Livres

Des classiques à lire et à relire

Il y a la lecture de ces livres qu’on repousse sans cesse, mais aussi les «j’aurais donc dû». C’est peut-être un bon moment pour se (re)plonger dans ces classiques. Voici des suggestions préparées par les journalistes des arts de vos quotidiens coopératifs.

› Le Seigneur des anneaux (1954-1955)
J.R.R. Tolkien

Le Seigneur des anneaux est l’œuvre d’une vie. Et un roman-culte, offert à toutes les interprétations en raison de sa richesse thématique et symbolique. Mais il décrit surtout un magnifique voyage dans un monde fantastique peuplé d’étranges créatures et de lieux magiques.

L’œuvre épique de Tolkien a pris racine dans une série de contraintes. Son éditeur le presse de lui offrir une suite au Hobbit. Il finit par s’y résoudre, mais ce sera un travail de longue haleine, interrompu par la Seconde Guerre mondiale (une source d’inspiration).

C’est que Tolkien y campe l’action dans la Terre du milieu, passé imaginaire de notre planète, avec moult détails afin de proposer un univers cohérent à ses personnages. Les principaux sont des hobbits : Frodo, Sam, Pippin et Merry. Le quatuor doit se débarrasser d’un anneau recherché par Sauron, le Mal incarné.

Pour y arriver, les compères doivent parcourir par monts et par vaux un immense territoire, aussi dangereux que magnifique, avec sa propre faune et sa propre flore, tout en échappant aux Cavaliers noirs lancés à leurs trousses.

Ce périlleux périple est parsemé d’épreuves qui forment un récit initiatique. Dans ce riche décor, le lecteur peut s’évader de son quotidien et laisser son imagination errer. Peu importe qu’il décide de transposer ou non une grille sociopolitique. Ici, il devient lui aussi un compagnon de route des valeureux hobbits, un voyageur parti à l’aventure.

Car la vaste fresque que compose Le Seigneur des anneaux ne se distingue pas nécessairement par ses qualités littéraires, mais bien par l’importance que son auteur accorde au romanesque. Et donc, à l’imaginaire. Éric Moreault (Le Soleil)

Bédéis Causa : Le Grand prix à Mélanie Leclerc

Livres

Bédéis Causa : Le Grand prix à Mélanie Leclerc

L’autrice Mélanie Leclerc a reçu jeudi le Grand prix de la Ville de Québec lors de la cérémonie des Bédéis Causa, tenue virtuellement pour cause de la pandémie de COVID-19. Décrite comme «un superbe album, entre intime et collectif», sa première bande dessinée, Contacts, publiée chez Mécanique générale, a retenu l’attention du jury.

Consacrée à la relation qu’elle entretient avec son père Martin, fils aîné d’un certain Félix Leclerc qui a fait carrière comme caméraman, notamment pour l’Office national du film, Contacts offre «un beau regard sur la transmission d’une passion autant que sur l’histoire de notre cinéma documentaire», ont fait savoir les organisateurs des Bédéis Causa, chapeautés par Québec BD. L’organisme récompense chaque année les meilleures œuvres du genre en marge de son festival, qui a dû être annulé ce printemps à cause du coronavirus.

Geneviève Boudreau remporte le prix littéraire Adrienne-Choquette

Arts et spectacles

Geneviève Boudreau remporte le prix littéraire Adrienne-Choquette

Avec son ouvrage La Vie au-dehors, l’autrice de Québec et professeur de littérature au cégep de Sainte-Foy, Geneviève Boudreau, a remporté cette semaine le prix littéraire Adrienne-Choquette, remis annuellement au meilleur recueil de nouvelles paru au Canada français.

Publié aux Éditions du Boréal, le livre rassemble 28 nouvelles qui constituent autant de regards sur le monde rural. «L’écrivaine y montre de façon admirable un espace et d’être en retour habité par lui, La Vie au-dehors révélant aussi, par diffraction, la vie intérieure de ceux et celles – femmes et hommes, enfants et bêtes – qui vivent dans une intemporelle campagne taiseuse, pudique et sauvage», a noté le jury, séduit par «cette plume minimaliste, d’une exigence et d’une précision remarquables».

Luis Sepulveda, écrivain engagé mort du Covid-19

Arts et spectacles

Luis Sepulveda, écrivain engagé mort du Covid-19

PARIS — L’écrivain chilien Luis Sepulveda, mort du Covid-19 en Espagne à 70 ans, était un auteur engagé, condamné à quitter son Chili natal sous la dictature de Pinochet.

Connu pour son best-seller Le vieux qui lisait des romans d’amour, l’auteur était hospitalisé depuis un mois et demi à Oviedo dans la région des Asturies où il résidait depuis plus de 20 ans.

Harry Potter à la rescousse

Livres

Harry Potter à la rescousse

Pendant que les enfants sont privés de classe, pourquoi ne pas renouer — ou découvrir — l’école des sorciers? L’équipe du site Wizarding World, qu’on appelait jusqu’à récemment Pottermore, a décidé de faire sa part pour offrir un peu de réconfort aux fans de Harry Potter en confinement.

Baptisé Harry Potter at Home, le rendez-vous Web offre diverses activités en lien avec le monde du célèbre magicien à lunettes : quiz, jeux, tutoriels de dessin, etc. Le site est en anglais, mais les francophones n’ont pas été oubliés pour autant.

Affaire Matzneff: une autre victime sort du silence

Livres

Affaire Matzneff: une autre victime sort du silence

PARIS — Près de trois mois après la publication du Consentement de Vanessa Springora, une autre femme ayant eu, adolescente, une relation sous emprise avec l’écrivain pédophile Gabriel Matzneff est sortie du silence mardi, accordant un entretien au New York Times.

Francesca Gee, 62 ans, revient sur les trois années passées auprès de l’écrivain, alors qu’elle avait 15 ans et lui 37, puis comment il a utilisé, contre son gré, son image et ses lettres dans ses écrits, y compris son essai défendant la pédophilie Les moins de seize ans.

«Il n’a cessé de se servir de moi pour justifier l’exploitation sexuelle des enfants et des adolescents», a-t-elle écrit dans un manuscrit refusé notamment par Grasset, éditeur du Consentement.

Comme Vanessa Springora avant elle, Francesca Gee a rencontré Gabriel Matzneff pour la première fois en 1973, alors qu’elle était avec sa mère, et a vécu avec lui trois ans avec l’aval de ses parents.

De cette expérience qu’elle qualifie de «cataclysme», elle en a tiré en 2004 un manuscrit, refusé par tous les éditeurs sollicités.

C’est le choc provoqué par la parution et le succès du Consentement qui l’a conduite à sortir du silence. «Elle a fait le travail, je n’ai plus à m’en préoccuper», a-t-elle d’abord pensé, avant de changer d’avis. «Une ou deux semaines plus tard, je me suis rendu compte que je faisais totalement partie de cette histoire.»

Ancienne journaliste, elle travaille actuellement sur un nouveau manuscrit après avoir passé des années à demander que des photos d’elle et ses anciennes lettres soient retirées des ouvrages de Matzneff.

Le prix France-Québec dévoile ses trois finalistes

Arts

Le prix France-Québec dévoile ses trois finalistes

Le prix littéraire France-Québec a dévoilé mardi ses trois romans finalistes : Sauvagines, de Gabrielle Filteau-Chiba, Ta mort à moi, de David Goudreault et Kukum, de Michel Jean.

Le jury devait effectuer son choix à partir d’une liste de huit titres qui avaient été annoncés en décembre dernier, parmi lesquels se trouvaient le roman Rang de la croix, de Katia Gagnon; La mort de Roi, de Gabrielle Lisa Collard; Tempêtes, d’Andrée A. Michaud; Le Mammouth, de Pierre Samson et L’apparition du chevreuil, d’Élise Turcotte.

Mort d’Uderzo, père d’Astérix 

Livres

Mort d’Uderzo, père d’Astérix 

PARIS - Dessinateur au trait de génie, Albert Uderzo, est mort mardi avec la certitude qu’Astérix et ses turbulents amis gaulois, qu’il inventa en 1959 avec René Goscinny, emblème de la culture française internationalement connu, lui survivront longtemps.

«On ne me reconnaît pas dans la rue. Je pourrais passer derrière une affiche sans la décoller. Les personnages peuvent devenir des mythes, mais pas nous, leurs pères», disait le co-inventeur du rival mondial de Tintin et de Mickey.

Portant le poids des ans avec prestance et un détachement amusé, Albert Uderzo sera finalement resté un homme peu connu, de caractère réservé et d’allure tranquille, préférant parler de son travail que de lui.

Grand amateur de Ferrari (une vingtaine ont transité par son garage), ce fils d’un couple d’immigrés italiens résidait dans un hôtel particulier de Neuilly-sur-Seine. Il était riche, grâce aux quelque 370 millions d’albums vendus dans le monde (traduits en 111 langues ou dialectes), une quinzaine de films (animation et cinéma), un parc de loisirs, des jeux vidéos, des produits dérivés par centaines.

La mort en 1977, à 51 ans, du grand scénariste René Goscinny, lors d’un test d’effort effectué pour un bilan de santé, l’affecta beaucoup. Ils ont publié ensemble 24 albums. Grâce à eux, la bande dessinée a conquis le grand public.

Uderzo a ensuite quitté Dargaud, son éditeur historique, pour fonder sa propre maison, les éditions Albert-René, et reprendre le flambeau pour huit Astérix en solo (sans compter les albums anniversaires et de récits courts).

«On ne m’a pas fait de cadeaux. Oui, bien sûr, je souffre d’un complexe "Goscinny", mais on me le crée aussi», disait-il en référence à la presse jugeant ses albums moins bons que ceux du tandem. Pourtant, ils ont fait un tabac auprès du public.

À l’instar d’Hergé pour Tintin, Uderzo ne voulait pas de nouveaux Astérix après sa mort. Il a finalement changé d’avis. En 2011, souffrant d’un rhumatisme articulaire à la main droite, il passa le relais (en accord avec Anne Goscinny, unique ayant-droits de son père) à des auteurs plus jeunes, tout en suivant de près leur travail, là encore couronné de succès.

«Ma main n’était pas faite pour ce métier, racontait-il. Regardez les "patasses" que j’ai ! Ce sont des mains de charcutier, j’ai de gros os, comme mon père. J’ai encré tous mes dessins au pinceau, ce qui requiert beaucoup d’adresse. J’ai dû miner ma main en travaillant comme ça».

Conflit avec sa fille

Né le 25 avril 1927 à Fismes (Nord-Est), Albert naît avec douze doigts. L’anomalie sera corrigée par une opération. Son père était luthier. L’enfance, à Paris, est modeste, mais heureuse.

Le jeune homme, qui est daltonien, découvre le dessin à la Société parisienne d’édition qui publie «Les pieds nickelés». Après la guerre, il lance des héros comme «Belloy l’invulnérable», «Flamberge», «Clopinard» ou «Arys Buck», un hercule accompagné (déjà) d’un petit compagnon casqué. Il travaille, entre autres, pour France-Dimanche et France-Soir.

C’est une période de vache enragée : «vivre de la BD était très dur à l’époque, disait-il, et j’ai dessiné une quantité astronomique de planches pour régler les fins de mois».

En 1951, il rencontre Goscinny, début d’une collaboration fraternelle de 26 ans. Ils créent «Jehan pistolet» le corsaire, puis «Oumpah Pah» le peau-rouge.

En 1959, dans un HLM de Bobigny en banlieue parisienne, où habite Uderzo, entre cigarettes et pastis, ils inventent un nouvel univers tout en «ix», avec une bande d’irréductibles Armoricains. L’idée proviendrait des séjours en Bretagne pendant la guerre du frère aîné d’Albert, Bruno, désireux d’échapper au STO (Service du travail obligatoire).

Anti-archétype du Gaulois viril, Astérix fait son apparition dans le premier numéro du magazine «Pilote» en octobre 1959, à la page 20. Le numéro s’arrache. Cette même année, Uderzo crée, avec le scénariste Jean-Michel Charlier, «Les aventures de Tanguy et Laverdure», un succès (c’est le frère cadet d’Albert, Marcel, qui s’occupa en partie des couleurs).

En 1961, paraît «Astérix le Gaulois», premier album d’une longue série. Rapidement, le dessinateur aux traits si expressifs ne se consacrera plus qu’aux aventures du Gaulois à gros nez et de ses amis, archétypes des Français.

En 2008, c’est «La zizanie», titre du 15e album, qui résume tristement le dur conflit entre Albert Uderzo et sa fille unique, Sylvie. Ils se déchirent autour de la prise de contrôle par Hachette Livre de 60% des éditions Albert-René, dont Sylvie détient les 40% restants. Après sept ans de guerre ouverte et de procédures judiciaires, ils se sont réconciliés en 2014, mais, disait-il, cette affaire «m’a miné».

Les mémoires de Woody Allen finalement publiés

Livres

Les mémoires de Woody Allen finalement publiés

NEW YORK — Les mémoires de Woody Allen seront finalement publiés, deux semaines après le retrait d’Hachette. Sous la pression, l’éditeur Arcade Publishing a annoncé la sortie du livre lundi, selon plusieurs médias américains.

Contacté par l’AFP, Arcade Publishing, filiale du groupe Skyhorse, n’a pas donné suite immédiatement, pas plus que l’agent littéraire de Woody Allen.

Les droits du livre, intitulé Apropos of Nothing (À propos de rien) avaient initialement été acquis par Grand Central Publishing, filiale du groupe Hachette, qui avait annoncé le 2 mars sa publication prochaine, à la surprise générale.

Tollé

Mais l’annonce surprise avait suscité un tollé, alimenté par le journaliste et auteur Ronan Farrow, le propre fils de Woody Allen.

Ronan Farrow reprochait à Grand Central Publishing et à Hachette de ne pas avoir pris davantage de précautions avec cette autobiographie, notamment en ce qui concerne les accusations d’agression sexuelle qui visent Woody Allen.

Fille adoptive du metteur en scène, Dylan Farrow affirme avoir été abusée sexuellement par Woody Allen en 1992, alors qu’elle était âgée de 7 ans, ce que son père adoptif a toujours réfuté.

Affirmant qu’Hachette n’avait pas effectué les «vérifications» nécessaires, Ronan Farrow avait indiqué qu’il ne souhaitait plus travailler avec l’éditeur, dont une autre filiale, Little, Brown and Company, avait publié son dernier ouvrage, Les faire taire.

Plusieurs employés d’Hachette avaient manifesté devant le siège de Grand Central Publishing, à New York, pour faire part de leur désapprobation.

Quatre jours après l’annonce de la sortie prochaine du livre, Hachette avait fini par renoncer à le publier.

«En cette époque étrange, où la vérité est trop souvent balayée comme fake news, nous éditeurs préférons laisser un artiste respecté s’exprimer, plutôt que de céder à ceux qui veulent le faire taire», a écrit la cofondatrice d’Arcade Publishing, Jeannette Seaver, dans un communiqué transmis au site Variety.

Le livre évoque la vie personnelle et professionnelle de Woody Allen, aujourd’hui âgé de 84 ans.

L’ouvrage n’était pas disponible lundi sur les grands sites de vente en ligne.

Selon le site The Hollywood Reporter, qui cite des extraits de ces mémoires, Woody Allen y assure qu’il n’a «jamais levé le petit doigt sur Dylan».

«Ça a été une invention du début à la fin», affirme le réalisateur.

Impasse sur le Festival Québec BD

Livres

Impasse sur le Festival Québec BD

La liste des annulations d’événements culturels se poursuit sous l’effet de la crise sanitaire. Au tour de l’organisation du Festival Québec BD de faire l’impasse sur sa prochaine édition, qui devait avoir lieu du 11 au 19 avril.

«C’est une décision difficile à prendre que d’annuler un événement sur lequel on travaille depuis près d’un an, mais dans le contexte actuel, nous croyons que c’est la bonne, a fait savoir mardi, dans un communiqué, le directeur de l’événement, Thomas-Louis Côté.

Afin de ne pas pénaliser les artistes inscrits à la programmation, Québec BD s’engage à verser des cachets à ceux «pour qui des activités avaient été confirmées et qui ne seront malheureusement pas reportées».

«Cette annulation est une décision que nous prenons pour la sécurité des créateurs et créatrices qui sont le coeur de notre événement, précise M. Côté. Nous ne souhaitons pas qu’ils soient pénalisés, surtout dans une période où ils devront vivre avec d’autres annulations d’activités culturelles.»

Si l’ensemble des activités et expositions prévues est annulé, le festival proposera des «alternatives numériques» pour certaines d’entre elles et en reportera d’autres plus tard cette année. Les spectacles Meurtre à l’impro et le conte dessiné Les festins imaginaires seront accessibles en ligne durant la période prévue pour l’événement. La remise des Prix Bédéis Causa aura également lieu comme prévu, mais dans une forme «réinventée et numérique».

La pièce Ailleurs que maintenant et Planches de femmes, en hommage à Claire Bretécher, décédée le 10 février, sont reportées, tout comme le Grand Quiz BD et l’Après-midi Crazy Theory. Des informations supplémentaires seront disponibles sous peu sur le site et la page Facebook de l’organisme.

La 33e édition du Festival Québec BD devait se décliner dans une trentaine de lieux à Québec, fort d’une programmation comportant quelque 130 animations et ateliers, 24 expositions, 8 spectacles et plusieurs autres activités. Plus de 125 auteurs et autrices d’ici et d’ailleurs étaient attendus à l’événement.