Livres

Un nouveau roman de la série «Hunger Games» en chantier

NEW YORK — Une décennie après avoir apparemment terminé sa série «The Hunger Games», Suzanne Collins s’apprête à ramener les lecteurs à Panem. Un roman se déroulant 64 ans avant le début des événements de sa trilogie, vendue à plusieurs millions d’exemplaires, sera en librairies l’an prochain.

Le roman, actuellement sans titre, devrait sortir le 19 mai 2020. Suzanne Collins a déclaré dans un communiqué lundi qu’elle remonterait aux années qui ont suivi les soi-disant Jours sombres, l’échec de la rébellion de Panem. L’écrivaine a mis en scène sa série dans une dystopie post-apocalyptique où les jeunes doivent se battre et se tuer, en direct à la télévision.

«Avec ce livre, je voulais explorer l’état de la nature, qui nous sommes et ce que nous voyons comme nécessaire à notre survie», a-t-elle déclaré. «La période de reconstruction, dix ans après la guerre, communément appelée les Jours sombres [...] permettra aux personnages de s’attaquer à ces questions et de définir ainsi leur vision de l’humanité.»

Le livre se situe bien avant la naissance de l’héroïne de Hunger Games, Katniss Everdeen, interprétée par Jennifer Lawrence dans la franchise cinématographique ayant généré des milliards de dollars. La porte-parole des éditions Scholastic, Tracy van Straaten, a refusé de commenter le contenu du nouveau livre au-delà de ce qui a été décrit dans l’annonce de lundi.

Livres

Jean-Marc Rochette promis aux cimes, rattrapé par la BD

BRUXELLES — Aspirant guide dans sa jeunesse, stoppé net par un terrible accident de montagne, Jean-Marc Rochette, dessinateur culte du «Transperceneige», qui publie deux nouveaux albums, est devenu sur le tard une vedette de la bande dessinée.

Avec son regard bleu glacier, ses profondes pattes d’oie et sa barbe argentée, Jean-Marc Rochette, 63 ans, a de faux airs de guide de haute montagne. Mais ce destin, auquel il a voué sa jeunesse dans la région de Grenoble, s’est un jour heurté à un rocher, qui a atterri sur son visage en pleine ascension d’un sommet alpin.

Grièvement blessé, choqué, il abandonne ses rêves de montagne. Il deviendra artiste, dessinateur, auteur, comme il le raconte dans le poignant Ailefroide, album autobiographique sorti il y a un an chez Casterman.

Son franc-parler montagnard, lui, est toujours là. Une parole assurée, brute comme ses dessins. Par exemple, quand il raconte à l’AFP, lors d’une tournée de promotion à Bruxelles, la genèse de Loup, sa nouvelle BD qui décrit la lutte pour un territoire entre l’animal et un berger qui lui ressemble étrangement.

À l’origine, une rencontre dans sa vallée avec un berger victime d’une attaque de loup, qui lui décrit «les brebis agonisantes», «la charogne en putréfaction».

«Le type a dû tuer lui-même ses bêtes. C’était apocalyptique. Je me suis dit “C’est incroyable, c’est du Jack London!”» poursuit-il.

Classique immédiat

L’homme contre le loup : Rochette s’efforce d’éviter tout jugement sur ce sujet explosif. À peine concède-t-il être «plus pour la gestion du conflit que pour l’éradication» de l’animal.

Il met en avant sa «fibre écologique», dont son œuvre est empreinte.

Dans le Transperceneige, la saga qui le fait connaître au début des années 80, c’est un cataclysme climatique qui conduit pendant des décennies les passagers d’un train — toute l’humanité survivante — à un voyage sans but à travers les étendues gelées d’une terre ravagée. La lutte pour la survie y est impitoyable.

Scénarisée par Jacques Lob, l’œuvre éditée par Casterman, tout comme Loup, devient un classique immédiat de la BD d’anticipation.

La suite est plus rude. Ses albums se vendent peu. Au tournant des années 90, c’est L’Équipe, où il dessine le plus beau but et le plus bel essai de la semaine, qui le fait vivre.

Faute de succès dans la BD, il se décide, la cinquantaine approchant, «sans attaches familiales», à quitter la France dans les années 2000, pour tenter «l’aventure» à Berlin et se consacrer à la peinture.

Mais le destin le rattrape : à des milliers de kilomètres de là, dans une minuscule librairie de Séoul, le réalisateur coréen Bong Joon-ho, passionné de BD, tombe par hasard sur le Transperceneige.

Série Netflix

«J’ai tout lu d’une traite, debout dans la boutique. J’étais très jeune, mais je me suis dit: “Un jour, je l’adapterai au cinéma”», racontait le Coréen lors de la sortie du film en 2013.

La critique encense le long-métrage, tourné en anglais avec Chris Evans. Le film cartonne en Corée — 9 millions d’entrées — et relance dans le monde entier l’intérêt pour l’œuvre d’origine.

«Ça m’a sauvé», affirme Jean-Marc Rochette, ravi de le Palme d’or tout juste remportée par Bong Joon-ho pour son nouveau film Parasite.

«Sans lui, Le Transperceneige aurait été enterré. Ça a mis de la lumière sur moi et m’a permis de faire Ailefroide», déjà vendu à près de 60 000 exemplaires, un excellent chiffre pour une BD d’auteur.

Rochette partage désormais sa vie entre Paris l’hiver, où il dessine, et la région alpine de l’Oisans l’été, celle de son enfance, où il écrit. «On voit les Écrins de mon potager», sourit-il.

Et après 30 ans d’arrêt, il grimpe à nouveau, d’abord «des voies faciles», puis l’été dernier la Meije, une montagne du massif des Écrins.

Il profite aussi de cette renaissance pour sortir de nouveaux albums du Transperceneige, dont Extinctions, premier tome d’un antépisode en trois volumes, qui paraît parallèlement au Loup.

Un nouveau coup de projecteur se profile : une série adaptée de ses BD d’anticipation, avec Jennifer Connelly, est annoncée sur Netflix pour 2020.

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Martin Michaud: sous la surface

Les affaires vont rondement pour l’auteur Martin Michaud. Le créateur de la populaire télésérie policière «Victor Lessard» vient de voir un autre de ses romans renaître, cette fois sous forme de bande dessinée, une première pour lui. Son éditeur européen, le Belge Dimitri Kennes, issu de l’univers de la bédé, a eu «un coup de coeur» pour «Sous la surface», paru en 2013.

«Je suis très excité par ce projet, mais je ne veux pas m’attribuer le mérite qui ne me revient pas», lance l’auteur originaire de Québec, en référence à la précieuse collaboration du dessinateur Marco Dominici et du scénariste Gihef. «J’ai eu un travail plus effacé. J’étais là comme une espèce de chien de garde.»

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Serge Bouchard: à la mémoire de Bernard Arcand

Bernard Arcand a été comme un frère pour Serge Bouchard. À peu près du même âge, excellents communicateurs, les deux anthropologues ont formé une paire remarquable dans les années 90 à l’animation de l’émission «Le lieu commun et le déjà vu», à la radio de la Première chaîne de Radio-Canada.

Le destin a voulu que la mort fauche Arcand en janvier 2009. Cancer du pancréas. L’anthropologue de 63 ans laissait derrière lui plusieurs travaux inédits, dont une thèse de doctorat sur les Cuivas, une tribu de chasseurs-cueilleurs nomades qui vit dans les Llanos, en Colombie.

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Légère baisse globale des ventes de livres en 2018 au Québec

MONTRÉAL — Les librairies du Québec ont maintenu leurs ventes de livres l’an dernier, mais globalement, les recettes de bouquins ont encore un peu reculé, révèle l’Institut de la Statistique du Québec (ISQ).

Ce résultat s’inscrit d’ailleurs dans une tendance à la baisse observée depuis plusieurs années, note l’ISQ.

Les librairies québécoises se sont toutefois démarquées en 2018: leurs ventes de livres neufs ont totalisé 397 millions $, ce qui représente même une légère hausse (près de 1 % ou 3,1 millions $ de plus) par rapport à l’année précédente, a calculé l’organisme.

Ce n’est par contre pas le cas des autres vendeurs de livres, qui ont connu une baisse en 2018.

Bref, en tenant compte de tous les points de vente, les recettes pour ventes de romans, de biographies, d’essais et de livres de recettes et de référence ont baissé de 1 % durant cette période, passant de 620 millions $ en 2017 à 614 millions $ en 2018.

Car outre les librairies, il existe une diversité de points de vente pour les livres.

Les détaillants de grande diffusion - notamment les grandes surfaces à rabais, les grands magasins, les kiosques à journaux et les pharmacies - ont vendu pour 76 millions $ de livres neufs en 2018, soit une baisse de 9,8 millions $ par rapport à l’année précédente.

Les éditeurs qui ont vendu directement aux consommateurs ont encaissé 2 millions de moins en 2018 qu’en 2017.

L’ISQ cite différentes hypothèses pour expliquer cette baisse des ventes: les Québécois dépenseraient moins qu’il y a cinq ans pour acheter des livres, ils s’en procurent une partie auprès de détaillants web situés hors Québec, comme Amazon.ca, et aussi, le prix des livres au Québec aurait baissé en moyenne.

Ces statistiques proviennent d’une enquête réalisée par l’Observatoire de la culture et des communications. L’enquête mesure la vente de tous les livres, peu importe leur langue, y compris les livres numériques.

Livres

70 ans plus tard, «1984» fascine toujours

LONDRES — Soixante-dix ans après sa parution, «1984», le roman glaçant du Britannique George Orwell fascine toujours les lecteurs, en particulier les plus jeunes, férus de dystopies et immergés dans les réseaux sociaux.

«Certains étudiants sont toujours choqués par le livre [...], d’autres le trouvent fascinant», souligne Michael Callanan, professeur d’anglais au collège Parmiter à Watford, au nord-ouest de Londres. «C’est le paradoxe de ce livre, bien qu’il ait 70 ans, il a gardé sa fraîcheur», ajoute cet enseignant qui participe à l’organisation du prix Orwell de la jeunesse, destiné à inciter les jeunes à exprimer leurs opinions politiques.

Écrit en 1948 — d’où son titre inversant les deux chiffres de la décennie — et publié le 8 juin 1949, «1984» décrit un futur où le Parti règne dans un pays totalitaire sous l’œil inquisiteur de «Big Brother». Le passé a été réécrit et une nouvelle langue empêche toute pensée critique.

Pour Jean Seaton, directrice de la fondation George Orwell, qui perpétue la mémoire et les réalisations de l’écrivain, mort en 1950 à 46 ans, son chef d’œuvre était «incroyablement prescient».

Comment ne pas voir dans les «Deux minutes de la haine», rituel lors duquel la population d’Océania est incitée à détester l’Ennemi du Peuple, les «gens déversant leur haine sur les réseaux sociaux», déclare à l’AFP cette professeure d’histoire des médias à l’Université de Westminster.

Boom grâce à Trump

En sept décennies, le livre n’a jamais vraiment disparu du paysage et a même connu des hausses des ventes.

En 2017, l’utilisation par une conseillère de Donald Trump, de l’expression «faits alternatifs», terme employé dans 1984, lui avait ainsi fait une énorme publicité, provoquant de nouvelles réimpressions de l’ouvrage, qui s’était déjà écoulé à 30 millions d’exemplaires aux États-Unis depuis sa parution.

Au Royaume-Uni, le livre a connu deux récents pics de vente : en 2013, après les révélations d’Edward Snowden sur la surveillance étatique et en 2017 après l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis. Cette année-là, les ventes ont grimpé de 165 % par rapport à l’année précédente, affirme la maison d’édition Penguin Books à l’AFP.

Pour Michael Callanan, qui enseigne depuis 30 ans, «ces deux dernières années, avec la montée de Trump, il y a une partie non négligeable d’étudiants qui s’inquiète beaucoup de la direction que prend le monde».

Culture populaire

Jean Seaton souligne de son côté que le livre a marqué les esprits «même de ceux qui ne l’ont pas lu» tant il a influencé la culture populaire, des films à la musique en passant par les jeux vidéos.

Les termes de «Big Brother», de «novlangue» sont entrés dans le langage courant au point qu’une nouvelle traduction de l’œuvre parue l’an dernier chez Gallimard et remplaçant certains termes et slogans — «novlangue» devenant ainsi «néoparler» — a fait sourciller certains.

Quand ils ouvrent le livre pour la première fois, les élèves de M. Callanan «reconnaissent immédiatement certaines choses comme la “doublepensée” ou la “police de la pensée”, des formules d’Orwell qui sont dans l’air du temps et que les gamins ont entendues», explique l’enseignant.

Le livre séduit d’autant plus qu’il s’inscrit dans un intérêt plus vaste du public pour les dystopies, ces fictions qui imaginent un avenir cauchemardesque, à l’image des séries à succès La servante écarlate ou Black Mirror, des films Hunger Games, et des romans Divergente ou U4.

M. Callanan a l’habitude de dire à ses élèves que George Orwell est le «grand-père» de ces œuvres plus récentes.

1984 reste un classique que «les gens lisent quand ils sont jeunes puis relisent quand ils sont plus âgés, accédant à une compréhension différente des choses», observe Jean Seaton. «Les gens le lisent à la recherche d’indices sur ce qu’ils devraient redouter aujourd’hui.»

Livres

Libre penseur de la nature et de l'éducation, Michel Serres s'éteint

PARIS — Le philosophe français Michel Serres, décédé samedi à 88 ans, s'est intéressé à toutes les formes du savoir, «un pied dans les sciences, un pied dans les humanités», anticipant les bouleversements liés aux nouvelles technologies de la communication.

Mathématiques, sociologie, histoire... Cet analyste brillant à l'accent rocailleux a repoussé les limites de la philosophie pour en explorer les contours, dans une langue compréhensible par le plus grand nombre.

Né le 1er septembre 1930 à Agen (sud-ouest de la France), fils d'un marinier, il entre à l'École navale en 1949, puis à la prestigieuse École normale supérieure en 1952, creuset des intellectuels français. Agrégé de philosophie trois ans plus tard, ce spécialiste de Leibniz, bouleversé par le bombardement d'Hiroshima en 1945, entreprend pourtant une carrière d'officier de marine, sillonne l'Atlantique et la Méditerranée, et participe comme enseigne de vaisseau à la réouverture du canal de Suez.

Il quitte la marine en 1958 et se tourne vers l'enseignement. À Clermont-Ferrand (centre de la France), où il côtoie Michel Foucault, puis à la Sorbonne, où lui, le philosophe, enseigne l'histoire des sciences.

Car Michel Serres a toujours opéré au-delà des frontières des disciplines universitaires. «Un philosophe ne peut se faire entendre sans les sciences et les lettres : à moins d'avoir acquis cette formation, il est désormais inaudible», expliquait-il.

Ses cours d'histoire débutent «avec zéro étudiant», mais peu à peu son auditoire s'étoffe. Et si ses premiers livres passent inaperçus, la notoriété vient dans les années 1980, avec la série intitulée Hermès, Les cinq sens, prix Médicis de l'essai en 1985, ou Éléments d'histoire des sciences (1989).

Dans Les cinq sens, il écrit qu'«il n'y a rien dans l'intellect si le corps n'a roulé sa bosse, si le nez n'a jamais frémi sur la route des épices».

À partir de 1984, il enseigne la philosophie à l'université californienne de Stanford, où il passe une partie de l'année.

Michel Serres place l'environnement au centre de sa réflexion, s'interroge sur «le passage du local au global» et porte un jugement résolument optimiste sur le développement des nouvelles technologies.

Révolution douce

En 1990, il est élu à l'Académie française, où il est reçu sans la traditionnelle épée, «en signe de paix». Il devient dès lors une figure intellectuelle familière et touche un plus large public.

Dans Le contrat naturel (1990), il propose de bâtir un nouveau droit pour réguler les rapports entre l'homme et la nature. Et Le tiers-instruit (1991), réflexion brillante sur l'éducation, l'impose comme un spécialiste de la question. Edith Cresson, première ministre, le charge de préparer «l'Université de France», qui doit délivrer un enseignement à distance des savoirs fondamentaux.

Mais son rapport jugé «utopique» est accueilli fraîchement. «On appelle utopique ce que l'on ne comprend pas», rétorque-t-il. «Nous sommes à l'an zéro d'une nouvelle manière de partager le savoir», analyse-t-il en 1996, en relevant que les moyens modernes de communication bouleversent la nature même de l'enseignement.

Son parcours le conduit à s'intéresser aussi bien aux Origines de la géométrie (1993) qu'à La légende des anges (1993) ou au créateur de Tintin, dont il fut l'ami pendant plus de 20 ans (Hergé, mon ami,2000).

Michel Serres a écrit au total quelque 80 ouvrages.

À un âge avancé, ce philosophe de la révolution douce continuait à publier un ou plusieurs livres par an — son dernier ouvrage, Morales espiègles, est paru en février.

En 2012, Petite Poucette (clin d'oeil à la maestria avec laquelle certains utilisent leurs pouces pour taper sur leurs portables) se vendit à plus de 270 000 exemplaires. Partant du postulat qu'un nouvel humain est né, le philosophe y analyse les mutations politiques, sociales et cognitives qui accompagnent cette «nouvelle révolution».

«En regard de ce que j'ai vécu durant le premier tiers de ma vie, nous vivons des temps de paix. J'oserai même dire que l'Europe occidentale vit une époque paradisiaque», malgré le terrorisme, a-t-il assuré à l'occasion de la sortie de Darwin, Bonaparte et le Samaritain, une philosophie de l'histoire (2016), essai très libre entre réflexion et poésie, à rebours du catastrophisme ambiant. Du pur Michel Serres.

Musique

La belle obsession de Geddy Lee

Timbres, disques, objets associés au baseball, bouteilles de vin... Geddy Lee l’admet d’emblée, il porte le «gène du collectionneur». Mais celui qui a marqué des générations de mélomanes au micro et à la basse de Rush n’avait jusqu’à récemment jamais été tenté de collectionner des instruments de musique. C’était avant qu’une offre ne vienne, selon ses propres dires, déclencher son obsession.

Quelque 250 basses plus tard, le musicien a décidé de documenter sa collection dans le bien nommé Geddy Lee’s Big Beautiful Book of Bass, un ouvrage de 400 pages illustré par le photographe Richard Sibbald. Il y détaille l’histoire de l’instrument et de son évolution technique, en plus d’interviewer d’autres collectionneurs et des bassistes de renom (John Paul Jones, Adam Clayton, Les Claypool et Robert Trujillo, notamment).

LIVRES

Deux prix Bédélys pour des auteurs québécois au 8e Festival BD de Montréal

MONTRÉAL - Deux bédéistes québécois ont remporté des prix Bédélys décernés vendredi soir dans le cadre du 8e Festival de la BD de Montréal (FBDM) qui bat son plein en fin de semaine au parc La Fontaine.

Il s’agit de Catherine Ocelot, qui s’est vu décerner le Bédélys Québec pour son livre La Vie d’artiste qui aborde les thèmes de la réussite, l’échec, l’angoisse et le doute à travers un récit d’entretiens menés avec différents acteurs du milieu culturel québécois. 

Daniel Pelchat a, pour sa part, reçu le Bédélys indépendant pour son premier album intitulé «La Fois où je suis tombé au carrefour», un court récit aux accents psychédéliques. 

Le Festival BD a aussi récompensé des auteurs étrangers. Le Bédélys étranger a été remis à l’auteur anglais Joff Winterhart pour Courtes Distances et l’Américaine Molly Knox Ostertag a reçu le Bédélys jeunesse pour Le Garçon sorcière.

Quelque 12 000 visiteurs sont attendus au Festival BD de Montréal d’ici dimanche et plusieurs en profiteront sans doute pour faire dédicacer leur livre parmi les 175 artistes sur place, dont le bédéiste français Yoann qui s’est vu confier en 2009 avec son collègue Fabien Vehlmann la réalisation de la série classique Spirou et Fantasio.

«Les amateurs de bandes dessinées francophones et anglophones auront l’occasion de rencontrer des vedettes», a indiqué la directrice générale du festival Johanne Desrochers, ce qui est souvent le cas lors de ce genre d’événement. Mais ce qui est particulier au Festival BD de Montréal, c’est que celui-ci se démarque aussi par l’importance qu’il accorde aux plus petits acteurs de ce marché en plein essor au Québec.

«Cette année, les autoéditeurs et les petites maisons d’édition occupent 58 tables parmi nos exposants, ce qui démontre toute l’effervescence de la communauté actuelle», affirme Mme Desrochers.

«Le festival est bilingue depuis quatre ans et on a près de 25 auteurs anglophones sur le site, du Canada et des États-Unis, mais le rayonnement du festival s’agrandit puisqu’on a aussi trois maisons d’édition françaises qui se sont inscrites au festival, ajoute-t-elle.

Pour tous les goûts

Le FBDM propose ainsi des ateliers pour tous les âges, de l’initiation au dessin manga, à la caricature de l’actualité, au brunch manga réservé aux enfants, entre autres. En plus des kiosques de 80 exposants, il y a de l’animation, des tables rondes et des rencontres avec des artistes sous forme de conversations avec le public, dont celles avec le Montréalais Michel Rabagliati et le Français Yoann.

«Ces rencontres sont très agréables parce que c’est dans un petit salon avec un animateur qui pose des questions et les gens peuvent participer à la conversation», souligne Mme Desrochers.

«Delaf et Dubuc, ce sont les auteurs de la série Les Nombrils. On connaît bien la série, mais on a moins souvent l’occasion de discuter avec ses auteurs québécois et apprendre à les connaître. Même chose pour Michel Rabagliati qui est l’auteur de la série Paul, qui aime bien parler avec son public et il est toujours très généreux de son temps», souligne Johanne Desrochers.

«Il y a aussi Yoann, un artiste français qui a repris la série Spirou. Il va nous parler du défi de reprendre cette série culte», poursuit-elle.

Le Festival BD de Montréal a donc pris de l’ampleur au fil des ans, mais ses organisateurs poursuivent le travail pour «redonner à la bande dessinée la place qu’elle mérite dans la culture à Montréal et ailleurs».

De plus en plus, la bande dessinée prend sa place, reconnaît Mme Desrochers qui souhaite «que la bande dessinée prenne toute la place qu’elle mérite et que Montréal devienne une plateforme d’échanges internationale en bande dessinée».

Livres

Décès de l’écrivaine britannique Judith Kerr à 95 ans

LONDRES — L’auteure et illustratrice britannique Judith Kerr, décédée à 95 ans, avait fui, enfant, l’Allemagne nazie pour Londres, où elle était devenue une «conteuse brillante», accédant à la reconnaissance dès son premier livre, Le Tigre qui s’invita pour le thé.

Elle est décédée mercredi chez elle à la suite d’une courte maladie, a annoncé jeudi son éditeur, HarperCollins.

«C’était une artiste et une conteuse extrêmement talentueuse qui nous a laissé une œuvre extraordinaire», a déclaré Charlie Redmayne, le pdg de HarperCollins, sa maison d’édition depuis 1968, année de publication du Tigre. Ce livre pour enfants a depuis été traduit et vendu à plus de 5 millions d’exemplaires dans le monde.

Sophie et sa maman prennent le thé dans la cuisine quand on sonne à la porte. Un énorme tigre s’invite à leur table, dévore le goûter, boit tout ce qu’il trouve, puis repart et ne revient jamais. Depuis sa publication, en 1968, cette histoire a été racontée à des générations d’enfants.

Née en Allemagne le 14 juin 1923 dans une famille juive, Judith Kerr était arrivée il y a plus de huit décennies à Londres, à l’âge de neuf ans, après avoir quitté Berlin précipitamment.

En février 1933, un policier anonyme appelle le père de Judith Kerr, Alfred Kerr, éminent critique de théâtre et dramaturge opposé au nazisme. «Mon père était cloué au lit avec la grippe et cet homme l’appelle et lui dit: “Ils veulent confisquer votre passeport, vous devez quitter le pays immédiatement”».

Alfred Kerr mesure immédiatement la gravité de la situation et prend le premier train pour la Suisse, où le rejoignent quelques jours plus tard sa femme et leurs deux enfants, un jour seulement avant la prise de pouvoir des nazis.

Judith Kerr a raconté cette fuite dans un roman intitulé Quand Hitler s’empara du lapin rose, un livre qui figure depuis des années au programme des écoliers allemands.

Deux écoles primaires portent aujourd’hui le nom de l’auteure, l’une à Berlin, non loin du quartier de Grunewald, où vivait la famille Kerr, et l’autre dans le sud de Londres.