Arnaud Cordier, programmateur au FEQ et à l'Impérial, estime que l'Impérial est pour le moment «plus dans le positif que le négatif».

L'Impérial a trouvé son erre d'aller

Quand le Festival d'été de Québec a mis la main sur l'Impérial, en janvier 2015, les programmateurs se donnaient une année et demie pour «placer les choses et se faire connaître». Aujourd'hui, la salle de la rue Saint-Joseph semble avoir trouvé son erre d'aller en s'arrimant en partie avec le FEQ, que ce soit en faisant faire des découvertes ou en les confirmant.
«La direction qu'on a décidé de prendre, c'est d'y aller à pas de loup, ne pas forcer les choses et d'essayer d'en faire à chaque fois une opération qui va plaire aux bands et aux gens dans la salle, explique Arnaud Cordier, programmateur au FEQ et à l'Impérial. Je ne cherche pas le sold out tout le temps. Je monte un budget équilibré où on prend des risques et l'artiste prend des risques. Si ça ne marche pas, ce n'est pas plus grave que ça, au moins on a essayé. Pour l'instant, on est plus dans le positif que le négatif, c'est clair.»
Faire fonctionner une salle à l'année n'est pas une mince tâche. Ce n'est donc pas étonnant que l'Impérial ait souvent changé de propriétaire ou de vocation au fil des ans. En devenant un vase communicant avec le FEQ, la salle s'est animée à l'année d'une nouvelle manière. Ces liens apparaissent d'ailleurs clairement cet été : lorsque les Canadiens d'Arkells se sont produits en première partie de DNCE, au parc de la Francophonie, le 10 juillet, le leader était heureux d'annoncer son retour en ville, le 22 novembre... Ils ne sont pas les seuls à revenir à Québec cet automne, à l'Impérial : Matt Holubowski y sera le 19 octobre, Geoffroy le 3 novembre Keith Kouna, des Goules, le 9, Jonathan Roy le 18, les Barr Brothers le 23...
«Le Festival nous permet aussi de temps à autre de faire des tests», indique Arnaud Cordier, donnant en exemple le coup de foudre que la foule a eu pour Ben Caplan, en première partie de Fred Fortin, le 10 juillet.
Par ailleurs, depuis l'an dernier, on a ramené une programmation de nuit qui fonctionne bien durant le Festival et qui a créé une habitude de fréquentation. Parmi les succès : la soirée où trois publics différents ont rempli lieux à pleine capacité : Avec Pas d'casque, les Soeurs Boulay et Orloge Simard.
«On fait aussi de la location de salle, pour des productions extérieures ou du corporatif, poursuit M. Cordier. Et on vient apporter une touche beaucoup plus présente en termes de productions maison, en plus des apéros qu'on fait au District. À moyen terme, on voudrait avoir encore plus d'événements par semaine, il faut simplement trouver le bon équilibre pour ne pas se faire mal non plus.»
Si l'Impérial semble avoir le vent dans les voiles, Arnaud Cordier est loin de crier victoire. Il rappelle que c'est un défi constant de remplir une salle et que même lorsqu'il voyage à l'étranger avec le directeur de la programmation du FEQ, Louis Bellavance, il est difficile de faire comprendre aux agents d'artistes qu'en dehors des dates du festival, l'organisation a un lieu qui fonctionne à l'année.
«On a trouvé notre erre d'aller, mais c'est constamment à refaire sur chaque saison. Je sais par exemple que la saison hiver-printemps 2018 va être forte et que l'automne sera bien, mais aurait pu être mieux encore...»