Lhasa: un présent venu du passé

BLOGUE / Peu après la parution de son troisième album, qui portait son prénom, Lhasa de Sela mettait le cap sur Reyjavik, le temps de deux concerts, les 23 et 24 mai 2009. Ces spectacles allaient être parmi ses derniers: la Montréalaise d’adoption s’est éteinte le 1er janvier 2010, des suites d’un cancer du sein.

On a aujourd’hui la chance de pouvoir voyager dans le temps et d’entendre ce que les Islandais ont apprécié, à l’époque. Si Lhasa pouvait être affaiblie par la maladie, il n’en paraît rien: on retrouve toute l’intensité qui la caractérise. Ses rires communicatifs, aussi, entre deux chansons. La leader et ses quatre musiciens n’étaient qu’au début de leur tournée, or il régnait une belle complicité et une indéniable cohésion entre eux, qui n’a visiblement pas échappé à la foule, chaleureuse.

On peut sentir une certaine prudence en début de parcours ou repérer de légères imperfections chez les instrumentistes, qui rendent les interprétations profondément humaines, mais surtout, on apprécie le mélange d’abandon et de vulnérabilité de Lhasa. Sa présence lumineuse guide le groupe et donne lieu à de magnifiques livraisons, comme la vibrante Con Toda Palabra, Love Came Here, La Confession, qui met les spectateurs à contribution ou la reprise de A Change Is Gonna Come, de Sam Cooke, qui résonne de manière particulière.

Ce très beau cadeau, à la fois inattendu et souhaité, rappelle l’envergure de cette grande artiste qui nous a quittés beaucoup trop tôt.

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*Ci-dessous, une performance qui a eu lieu à Paris, quelques jours avant que Lhasa et sa formation ne mettent le cap sur Reyjavik.