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Marion Brunetto, alias Requin Chagrin, présente <em>Bye Bye Baby</em>, son troisième album.
Marion Brunetto, alias Requin Chagrin, présente <em>Bye Bye Baby</em>, son troisième album.

L'évasion musicale de Requin Chagrin

Geneviève Bouchard
Geneviève Bouchard
Le Soleil
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Au sein de son projet musical Requin Chagrin, Marion Brunetto se retrouve à peu près toute fin seule. Avec des pièces créées majoritairement pendant le premier confinement, son récent album, Bye Bye Baby, s’est déployé comme une source de réconfort plus que bienvenue pour l’autrice-compositrice-interprète française.

«Je voulais m’évader de ce contexte, résume-t-elle. Je pense que tout le monde a été vraiment stressé, anxieux, inquiet de ce qui se passait et de ce qui pouvait arriver, en fait. Mais bizarrement, quand je faisais de la musique, je n’y pensais pas une seule seconde.

«Je n’étais pas du tout là-dedans. Au contraire, je m’amusais. Et je me disais que c’est assez rare d’avoir quasiment 100 % de mon temps à consacrer à un disque. J’ai donc passé beaucoup, beaucoup de temps à travailler.»

Immortalisé entre quatre murs, l’univers dream-pop de Bye Bye Baby évoque une certaine mélancolie, à l’image du nom d’artiste emprunté par la musicienne à un véritable requin. Il invite aussi au voyage, dans le contexte d’une pandémie qui nous a forcés à nous encabaner.

«Ce n’est pas nécessairement lié à ce qui se passait dans la dernière année, mais j’avais aussi envie de parler d’émancipation, d’espace, de liberté, précise Marion Brunetto. Je voulais peut-être aussi créer un peu plus d’espace dans ma bulle. Du fait d’être confinée en plus d’être en train d’enregistrer seule toute la journée, j’avais besoin d’élargir un peu les horizons.»

Cultivant les contrastes, elle évoque des chagrins d’amour ou des «histoires qui se terminent». Elle cite aussi des souvenirs plus «magiques» de nuits des Perséides lors desquelles, enfant, elle multipliait les vœux avec sa famille en comptant les étoiles filantes.

«On regardait le ciel et chacun notre tour, on disait : “ah! j’ai fait un vœu”, raconte la multi-instrumentiste. Il y a quelque chose de très beau dans ce souvenir. On fait tous un vœu, chacun pour soi… Et on verra bien! Il y a quelques chansons qui se rapprochent du thème de la nuit, du ciel étoilé...»

Des outils qui inspirent

Petite, Marion Brunetto a apprivoisé la musique en écoutant Indochine. La vie a fait que plus tard, quand elle a développé son projet solo, c’est le chanteur de la formation française, Nicola Sirkis, qui l’a recrutée sous son étiquette, KMS.

«J’avais déjà intégré des groupes dans lesquels je jouais de la batterie et j’adorais ça, relate la musicienne. Mais j’avais envie aussi de m’enregistrer, de me remettre à la guitare et d’essayer de faire des chansons. Je n’avais jamais vraiment fait de chansons dans ce genre-là.

«Le déclic s’est produit quand je me suis acheté un enregistreur cassettes un peu cheap, tout petit. Quand j’ai vu que je pouvais m’enregistrer et jouer toutes les pistes, j’avais trouvé ma recette!»

À la barre de Requin Chagrin, Marion Brunetto se dit d’ailleurs très inspirée par ses outils de travail. «Je crois qu’avant tout, que j’ai une passion pour le matériel d’enregistrement, ajoute-t-elle. C’est quelque chose qui me nourrit vraiment. Ça me donne l’impression que je ne suis pas toute seule à faire de la musique. Ça me pousse à en faire, ça me force à passer du temps à m’enregistrer. L’inspiration, après, elle vient plutôt naturellement.»

Pour Bye Bye Baby, son troisième album en solo, l’élément déclencheur est venu du passé.

«J’ai investi dans un enregistreur à bandes, indique l’autrice-compositrice-interprète. J’ai vraiment un coup de cœur pour certains appareils et instruments vintage. Ils ont déjà une histoire, en fait. J’ai aussi voulu sur cet album intégrer plus de claviers et de synthétiseurs.

«C’était quelque chose que j’aimais faire, mais que je n’avais pas poussé beaucoup sur mes précédents disques. Là, ça m’a permis de plus m’amuser et de voir ce que ça pouvait raconter, aussi. Chaque synthé a sa palette sonore. Ça m’a permis d’aller les visiter et de composer avec ça...»