La troupe MARVL du Studio Party Time de Québec.

Les vrais dieux de la danse

Le plateau tournant de «Danser pour gagner», installé dans Pointe-Saint-Charles à Montréal, est impressionnant. C’est pas parce qu’on est à V qu’on ne peut pas faire les choses en grand. Julie Snyder, qui a connu des tournages complexes comme «Star Académie» et «Le banquier», dit que celui de «Danser pour gagner» se passe presque trop bien.

La démone en a pourtant plein les bras. Victime d’une chute de pression, comme Claire Lamarche, Julie s’est fracturé le coude droit en tombant dans sa salle de bain. La productrice a eu toute une frousse, mais jamais comme lorsqu’elle s’était abîmé des vertèbres cervicales à Paris, et qu’elle avait dû retarder la première de Vendredi c’est Julie. À la rencontre de presse lundi, ça ne l’a pas empêchée de grimper dans des structures métalliques pour prendre une photo. Vous la verrez faire des apparitions, le bras plâtré, dans la première émission de Danser pour gagner.

Mais c’est bien Olivier Dion qui anime l’adaptation québécoise de America’s Best Dance Crew, qui commence mercredi à 19h30 sur V, avec l’hebdomadaire de 90 minutes. Julie Snyder se plaît à dire qu’il s’agit de la seule émission de variétés en direct à la télé en ce moment. Pour sa part, Julie Ringuette arpentera les coulisses.

Si le reste est à l’image du numéro d’ouverture qu’on nous a montré, sur l’air de Montréal XO de Laurence Nerbonne, on en aura plein la vue. Douze équipes s’affrontent dans cette compétition de danse urbaine, dont trois de Québec. Deux proviennent du Studio Party Time, les gars de MARVL et les filles de Gossip, en plus de QMDA, aussi une équipe féminine. Mercredi, les six premières troupes s’affrontent, avant les six autres le mercredi suivant. On élimine une équipe chaque semaine avant une lutte à trois dans la grande finale. Le public pourra voter toute la semaine pour son équipe favorite. Les deux troupes qui obtiendront le moins de votes seront mises au ballottage.

Julie Snyder a demandé aux trois juges de ne pas être complaisants dans leurs commentaires. Kim Gingras, seule danseuse professionnelle du trio, risque d’être la plus sévère, mais Denis Bouchard et Laurence Nerbonne diront aussi ce qu’ils pensent réellement. Dans leurs numéros, les équipes n’auront que 120 secondes pour s’illustrer. On risque d’entendre plus d’anglais que de français dans les titres choisis, quoique Les Cowboys Fringants apparaissent dans la liste. Chaque chanson est remixée par une équipe de la version originale américaine.

Québec sera bien représentée parmi les 75 danseurs de 13 à 38 ans, qui s’étaient croisés pour la plupart dans différents concours. Composée de sept gars dans la vingtaine, spécialisés en breakdance et en hip-hop, MARVL n’en est pas à sa première compétition. L’un de ses membres, Louis Durand, de Limoilou, souhaite que l’émission serve de tremplin et montre aux gens à quel point le calibre est fort au Québec. «Si on peut servir de modèles à de jeunes garçons qui veulent danser, qui se reconnaissent dans MARVL, on serait vraiment très heureux», m’a confié celui qui met en veilleuse des études de droit le temps de la compétition. Leurs acrobaties au sol, spectaculaires mais exigeantes, représentent à la fois leur pire et leur meilleur défi. Dans les émissions de coulisses, les fans de Mixmania2 reconnaîtront le coach de MARVL, Tommy Tremblay, qui avait participé à l’émission de VRAK en 2011, et qui a toujours dansé depuis.

La direction artistique est confiée à une figure de Québec, Nicolas Bégin, créateur de Hit The Floor, une des plus importantes compétitions de danse au monde. Moins coûteuse qu’Occupation double, Danser pour gagner reste l’une des plus grosses productions à l’antenne de V. L’enjeu est énorme, puisque l’équipe gagnante remportera un grand prix d’une valeur de 100 000 $, incluant une bourse de 60 000 $. Julie Ringuette anime quatre demi-heures de coulisses, le lundi, mardi et jeudi à 18h30 et le mercredi à 19h.