Les premiers éclats du Diamant de Robert Lepage [VIDÉO]

Évoqué pour la première fois par Robert Lepage avec le maire Jean-Paul L’Allier, il y a 15 ans, le projet du Diamant est à six mois de son inauguration, prévue si tout va bien pour la fin de semaine de la fête du Travail. D’ici là, une centaine d’ouvriers s’activent pour respecter l’échéancier de construction d’un immeuble appelé à jouer un rôle prépondérant dans le quartier des spectacles de la capitale.

«Le chantier a peut-être l’air tranquille vu de l’extérieur, mais détrompez-vous, ce n’est pas le cas», a indiqué en conférence de presse, mercredi, le directeur général et de la programmation du Diamant, Bernard Gilbert, flanqué pour l’occasion de Robert Lepage, tout juste rentré d’un séjour à Hong Kong.

Le projet de 57 millions $ en est à l’étape des travaux de finition intérieure et d’électromécanique répartis sur les quelque 8100 mètres carrés du bâtiment. Environ 70 % de la construction est terminée. Lentement mais sûrement, l’endroit prend forme, comme ont pu le constater les représentants de la presse lors d’une visite du chantier, en compagnie de M. Gilbert et d’Alain Tousignant, du consortium Coarchitercture/In Situ/Jacques Plante architectes.

Depuis le foyer jusqu’au studio de création, au dernier étage, en passant par l’immense salle de diffusion et le restaurant, les journalistes ont été à même d’imaginer le coup d’œil qu’offrira Le Diamant une fois terminé. 

L’atrium du hall d’entrée, avec son puits de lumière naturelle d’une hauteur de 20 mètres, donne un aperçu de ce qui attend les visiteurs. Près de là, on s’affaire à terminer l’aménagement d’un restaurant qui sera sous la responsabilité du Capitole.

Le «cœur du Diamant», l’immense salle de diffusion, pourra accueillir jusqu’à 650 spectateurs.

Impressionnant «cœur»

La salle de diffusion, «le cœur du Diamant», est d’une grandeur impressionnante (40 mètres par 18). Des gradins rétractables permettront d’accueillir jusqu’à 650 spectateurs, en théâtre à l’italienne. La scène sera d’une grandeur comparable à celle de la salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre. Un élévateur de scène dissimulera ou mettra en lumière une fosse d’orchestre pouvant accueillir une quarantaine de musiciens.

Au deuxième étage, le foyer des Glacis, largement vitré, accueillera le bar principal. À proximité, un escalier monumental mènera à la salle de diffusion. C’est dans ce secteur que le Diamant rendra hommage au passé, avec la mise en valeur de deux colonnes de fonte de 1879, date de construction du bâtiment, ainsi que les murs originaux de l’ancien YMCA. Un tracé rappellera également l’ancien tracé de la rue menant jadis de Place d’Youville à la côte d’Abraham.

L’intérieur du Diamant, où s’active une centaine d’ouvriers, est terminé à 70 %. Si tout va comme prévu, l’ouverture aura lieu à la fête du Travail.

Une terrasse triangulaire d’une centaine de mètres carrés, qui communique avec l’atrium, ne manquera pas d’attirer les curieux par beau temps, en raison de sa vue imprenable sur Place d’Youville, le Vieux-Québec et l’Assemblée nationale. «On espère en faire profiter au maximum les gens de Québec», mentionne Bernard Gilbert.

Au cinquième étage, Ex Machina pourra compter sur un vaste studio afin de fignoler ses spectacles. L’équipe de création devrait en principe en prendre possession en juillet. Une vingtaine de productions seront à l’affiche chaque année.

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UNE OEUVRE D'ART SIGNÉE CLAUDIE GAGNON

L’œuvre de Claudie Gagnon, «Atome ou le fruit des étoiles», sera installée en août au-dessus de l’entrée principale de la façade du Diamant.

C’est une œuvre translucide de forme circulaire, composée presque entièrement de verre, qui ornera l’entrée principale du Diamant. Atome ou le fruit des étoiles, née de l’imagination de l’artiste multidisciplinaire Claudie Gagnon, rappellera la mythique enseigne du Cinéma de Paris.

Fabriquée au coût de 207 000 $, l’œuvre s’inscrit dans la politique d’intégration des arts à l’architecture et à l’environnement, mieux connue sous le vocable «politique du 1 %», en référence au pourcentage du budget octroyé à la fabrication d’une œuvre d’art d’un édifice financé par des fonds publics.

Dans une courte allocution, Robert Lepage a indiqué avoir été incapable de travailler à partir de l’enseigne originale du Cinéma de Paris. «Il ne restait absolument rien de récupérable.» D’où l’exigence imposée à l’artiste d’«évoquer de façon fantomatique l’ancienne enseigne» afin de «marquer de façon significative et emblématique l’entrée du nouveau lieu».

Choisie parmi quatre finalistes, Claudie Gagnon, née à Montréal, mais établie à Québec, a expliqué que son œuvre se voulait «simple, mais avec beaucoup de sens». Elle empruntera des apparences diverses selon qu’elle soit vue de nuit ou de jour. L’objet évoquera «à la fois la lentille d’un instrument scientifique, un prisme qui altère la perception de la réalité, un fragment de glace comme symbole de l’identité nordique ou un corps céleste».

L’œuvre est de dimension considérable : 4,5 mètres de diamètre et 2,5 tonnes. Son titre fait référence à l’atome et, sur un mode plus poétique, à une légende indienne où les diamants, exploités depuis 6000 ans, sont représentés comme les fruits des étoiles récoltés par les humains.

La fabrication de l’œuvre, qui impose «de très hautes exigences techniques», sera réalisée au cours du printemps par l’artiste en arts visuels Ludovic Boney, sous la supervision de Mme Gagnon. Son installation sur la façade du Diamant aura lieu dans le courant du mois d’août.