Quelques mois avant sa mort, d'une overdose de médicaments, en avril 2016, Prince avait demandé à Dan Piepenbring de l'aider à rédiger ses mémoires.

Les mémoires de Prince éclairent sur sa personnalité

Maître du funk, génie musical et visionnaire sont les descriptifs qui viennent en tête quand il est question de Prince. Toutefois, selon Dan Piepenbring, le coauteur de sa biographie «Mémoires inachevés» (The Beautiful Ones), aucun mot ne permet de cerner vraiment cet artiste hors-norme.

«Prince pourrait en inventer un. Je regrette vraiment qu'il ne soit pas là pour m'aider à raconter quel effet ça faisait de le rencontrer», dit en riant Dan Piepenbring.

Quelques mois avant sa mort, d'une overdose de médicaments, en avril 2016, Prince avait demandé à Dan Piepenbring de l'aider à rédiger ses mémoires.

«Si je voulais que ce livre soit vraiment dominé par un thème, c'est celui de la liberté. Et la liberté de créer de façon autonome», a écrit Prince dans cet ouvrage, sorti cette semaine aux États-Unis et à paraître en novembre au Québec.

Rétablir les faits

La mort subite de Prince, à 57 ans, a retardé la sortie de son autobiographie. Elle visait à éclairer une personnalité forgée par près de 40 ans de carrière, durant laquelle le chanteur a imaginé plusieurs fois l'avenir de la pop.

«Il avait l'impression que beaucoup de choses [dites sur lui] étaient fausses ou malencontreuses, a indiqué Dan Piepenbring à l'AFP, et la publication du livre devait rectifier les choses.»

«Toutefois, il s'est vite rendu compte que le livre pouvait être beaucoup plus que ça, comme un prolongement de ses chansons», ajoute-t-il.

Un livre drôle et sincère

Le livre inclut des réflexions de Dan Piepenbring sur sa collaboration avec Prince, des photos et les pages des premiers cahiers du chanteur, ainsi qu'un synopsis du film Purple Rain.

Mais ce sont des pages manuscrites rédigées par l'artiste qui forment le cœur de l'ouvrage.

Utilisant un vocabulaire unique, où l’écriture abrégée remplace les mots, Prince évoque de façon poétique son enfance à Minneapolis, dans le Midwest, et revient sur l'influence de ses parents sur sa personnalité.

Sa prose, drôle et sincère à la fois, décrit son épilepsie, sa puberté, ses premiers films interdits aux moins de 18 ans, ou encore son premier baiser.

Dan Piepenbring et d'autres dans l'entourage de Prince ont pensé que ces pages avaient leur place dans le souvenir collectif de Prince.Il racontait les histoires de façon si drôle, si vivante. Il était si enthousiaste d'écrire ce livre, souligne-t-il.

Travailler avec un artiste aussi vénéré, mais aussi connu pour ses excentricités n'était pas toujours simple.

Il se souvient de leur dernière conversation, tard au téléphone, quatre jours avant la mort de Prince. Il semblait avoir tant de vie encore à vivre, dit Dan Piepenbring. Il faisait très attention à ce que les autres ne voient pas qu'il souffrait. Il était extraordinairement gracieux, avec une musicalité perceptible même dans la conversation, dans ses mouvements.