Nathalie Normandeau a reçu, mercredi en entrevue sur les ondes de BLVD 102,9, le libéral Pierre Arcand.

Les libéraux ne boycottent plus Normandeau

L’émission de radio animée par Nathalie Normandeau n’est plus boudée par le Parti libéral du Québec. Le chef intérimaire Pierre Arcand s’est présenté mercredi au micro de l’ex-politicienne, une décision qu’il qualifie toutefois de «personnelle».

En entrevue sur les ondes de BLVD 102,1, Pierre Arcand a nié que son parti ait procédé à un boycottage officiel de l’émission de Mme Normandeau depuis deux ans. Il s’agissait plutôt de «stratégie» de communication de la part du PLQ, de choisir à quel endroit des entrevues avec des députés allaient être données.  

Mme Normandeau a qualifié «d’excellente nouvelle» la décision de M. Arcand, et espère que d’autres députés libéraux accepteront dorénavant ses invitations. Le chef intérimaire a expliqué à l’animatrice qu’il prenait la liberté de venir «parce que je vous connais depuis longtemps», tout en se gardant de garantir l’avenir. «Votre présence ici me rassure», a répondu Mme Normandeau, qui croit que c’est Philippe Couillard qui avait donné la directive à ses députés de ne pas se présenter à son micro. 

Depuis août 2016, tous les élus de l’Assemblée nationale ont boycotté son émission en raison des accusations criminelles qui pèsent contre elle. Une décision qu’elle n’a jamais comprise et digérée. 

«Mes accusations leur faisaient très peur, sans doute, mais je crois que les députés sont dans l’obligation de suivre le principe de présomption d’innocence. Je suis reconnue innocente jusqu’à preuve du contraire», raconte-t-elle en entrevue au Soleil. 

Déjà, l’ex-chef du PLQ Jean Charest lui avait donné une entrevue quelques jours avant le déclenchement de la campagne électorale, en août. Puis, Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de Québec solidaire, avait brisé le boycottage en se présentant à son micro en début de campagne. 

Mme Normandeau espère que les élus des autres partis représentés à l’Assemblée nationale accepteront aussi de venir parler de politique avec elle en ondes, car elle dit ne pas se servir de son micro pour plaider sa cause. 

Pour la CAQ, il n’est pas question de changer d’idée. «Notre position demeure la même», indique Ewan Sauves, attaché de presse du cabinet du premier ministre élu. En 2016, François Legault avait soutenu qu’à partir du moment où Mme Normandeau est accusée de corruption, il ne voyait pas «comment elle peut avoir une crédibilité à questionner entre autres des politiciens». M. Legault disait croire que l’Unité permanente anticorruption (UPAC) avaient «des bonnes preuves» contre Mme Normandeau. 

Arrêtée par en 2016, Mme Normandeau fait face à des accusations de complot, de corruption, de fraude et d’abus de confiance. Son procès est pour le moment suspendu, jusqu’à la fin des procédures en Cour suprême sur les sources de la journaliste d’Enquête Marie-Maude Denis. 

Mme Normandeau, qui a été vice-première ministre du Québec sous Jean Charest, a quitté la politique en 2011. Elle a commencé sa carrière d’animatrice radio en 2015 au FM93. Renvoyée de cette station à la suite de son arrestation par l’UPAC, Mme Normandeau a par la suite retrouvé un micro à BLVD.